Milan Jovanovic Serbie vs Bastian Schweinsteiger Allemagne 18/06/2010
Milan Jovanovic Serbie vs Bastian Schweinsteiger Allemagne 18/06/2010 | AFP PHOTO / TOSHIFUMI KITAMURA

La Serbie fauche l’Allemagne en plein vol

Publié le , modifié le

Retournement de situation dans le groupe D et suspens relancé ! Alors que la première place semblait promise à l’Allemagne, la Serbie a fait mentir tous les pronostics en s’imposant 1-0 contre la Nationalmannschaft, réduite à 10 dès la 37e minute. Devant les 38 294 spectateurs du Nelson Mandela Bay Stadium, les hommes de Radomir Antic ont montré un tout autre visage que face au Ghana et se placent en sérieux outsiders pour le deuxième tour.

Humiliée lors du Mondial 2006 avec un zéro pointé, la Serbie a fait plus que sauver l’honneur en allant chercher une victoire de prestige (1-0) face à l’Allemagne. Un match au cours duquel la Mannschaft a montré certaines de ses limites et suscité beaucoup d’interrogations. Et si les coéquipiers de Mesut Ozil avaient été surcotés à la suite de leur victoire face à l’Australie ? C’est en tout cas la tendance qui se dégage à l’issue de ce match. L’Allemagne devra jouer sa qualification contre le Ghana lors d’un dernier match capital.

Les deux formations avaient livré deux prestations très différentes lors de leur match d’ouverture. Si l’Allemagne avait régalé par sa facilité à se projeter vers l’avant contre l’Australie (victoire 4-0), la Serbie avait offert un match timoré face au Ghana pour s’incliner 0-1. Fort de son succès, Joachim Löw avait décidé de reconduire la même formation sur le terrain.

L’Allemagne a commencé sa rencontre comme face à l’Australie : le but en ligne de mire. Dans les dix premières minutes, la Nationalmannschaft régalait par sa rapidité d’exécution. Podolski alertait une première fois la cage de Stojkovic d’une volée surpuissante à l’entrée de la surface. Après avoir éteint l’incendie, les Serbes parvenaient à sortir la tête de l’eau au milieu de terrain. Immédiatement le ton allait se durcir sur la pelouse. En l’espace de dix minutes quatre cartons jaunes allaient tomber, Klose (12e), Ivanovic (18e), Koralov (19e), Khedira (22e). Un match musclé au détriment du spectacle qui allait disparaitre quelque peu jusqu’à la 33eme minute et un coup France de Kolarov juste à côté de la cage de Neuer.

Face à une défense mieux en place que la défense australienne, l’attaque allemande peinait à se montrer efficace. Incapables de trouver leur place, les attaquants allemands s’agaçaient à l’image de Miroslav Klose, prenant un deuxième jaune sévère à la 37e pour avoir marché sur Stankovic. Un peu perdue, la sanction n’allait tarder à tomber pour la sélection ! Sur l’action suivante, Krasic débordant sur le côté droit centrait pour Zigic, remisant intelligemment pour Jovanovic, qui n’avait plus qu’à terminer le travail. Incroyable retournement de situation dans un match promis aux Allemands. Une expulsion et un but plus tard, la donne du match avait complètement changé.
Repartant de l’avant juste avant la pause, l’Allemagne passait tout près d’égaliser grâce à une superbe frappe de Khedira sur la transversale. A sa retombée, Müller tentait un retourné acrobatique au point de pénalty sauvé sur sa ligne par la défense Serbe.

A la reprise, l’Allemagne continuait à prendre le jeu à son compte malgré l’infériorité numérique. Mais la déferlante de cartons jaunes n’allait pas s’arrêter pour autant avec une nouvelle faute de Subotic à la 58e.
Un peu avant l’heure de jeu, sur le flanc gauche, Podolski passait tout près de remettre les deux équipes à égalité d’une frappe trop croisée. A l’arrêt, incapables de sortir le ballon de leur milieu de terrain, les Serbes restaient reclus devant leur surface, à l’agonie. En panique, Vidic détournait volontairement un ballon de la main dans la surface. Carton jaune et pénalty. Mais contre toute attente Podolski, omniprésent depuis la reprise, manquait sa réalisation, bien stoppée par Stojkovic. Ce n’était définitivement pas le jour des Allemands.

A la 67e minute, à la conclusion d’une action magnifique de Krasic, Jovanovi, encore lui, plaçait son enroulé du droit sur le poteau de Neuer. Cinq minutes plus tard, c’était au tour de Zigic de planter sa tête sur le dessus de la transversale. Le match pouvait alors basculer d’un côté comme de l’autre, l’Allemagne accusant le coup physiquement à 10 contre 11.

Dans une rencontre de plus en plus en plus tendue Schweinsteiger allait être averti à son tour après une faute sur Kolarov. Les Allemands faisaient pression mais se faisaient surprendre en contre. Dans ce schéma d’attaque contre-attaque, la rencontre s’acheva sur ce résultat plus que surprenant.

La Serbie peut jubiler. En imposant un bras de fer physique à ses adversaires, elle est parvenue à triompher là où personne ne l’attendait. L’Allemagne, quant à elle, pourra avoir des regrets. Une transversale, un pénalty et une kyrielle d’occasions. La décision se fera lors du dernier match de poule face au Ghana.

Les déclarations :

Lukas Podolski  (attaquant de l'Allemagne, tireur du penalty raté): "Je ne l'ai pas tiré si mal  que ça, ce penalty. En général, je ne suis pas un mauvais tireur mais c'est de  ma faute. Il faut que j'assume. Cette défaite est très amère, on aurait pu faire  un grand pas vers les 8e de finale".
      
Philipp Lahm (défenseur de l'Allemagne): "On n'a pas commencé le match aussi  bien que contre l'Australie. L'exclusion (de Klose) est très sévère. Là-dessus,  tous les spectateurs peuvent se faire une idée. A dix, ça devenait difficile et  on prend tout de suite ce but idiot!"

Vladimir Stojkovic  (gardien de la Serbie): "Cela a été un match difficile, un match très important  à gagner pour nous. Tout le monde chez nous pensait que nous pouvions gagner et  on l'a fait. Gagner contre l'Allemange en Coupe du monde, c'est quelque chose.  On a bien travaillé les deux dernières années et c'est le résultat de tout ce  travail aujourd'hui. Avant le penalty, j'étais sûr que quelque chose allait se  passer, qu'il y aurait une occasion où je me devrais d'être concentré. C'est une  grande victoire pour nous tous et on a montré qu'on devait compter avec nous."