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La presse se régale | AFP

La presse impitoyable envers les Bleus

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L'élimination des bleus fait mercredi la une de la presse française et européenne. Les quotidiens de l'Hexagone sonnent l'hallali: "Vae Victis. Malheur au vaincu", écrit Libération. De leur côté, leurs confrères européens fustigent une équipe de "morts-vivants" qui inflige à la France "la honte" et "une grave crise d'image". Cette crise "a même éclaboussé la société française", pense le quotidien espagnol AS

Revue de la presse française
L'Equipe, dont les révélations sur les insultes de Nicolas Anelka au sélectionneur Raymond Domenech ont fait éclater la crise, annonce "la fin d'un monde". "Prendre les gens pour des imbéciles peut être un jeu amusant, mais qu'il faut savoir cesser. La provocation est un art subtil et sans doute une forme d'intelligence, sauf lorsqu'elle tachetée de morgue et d'arrogance", écrit le quotidien sportif.

Libération joue l'ironie. "Et encore bravo !", lance le quotidien sur une photo prise à la fin de l'ultime match des Bleus dans le Mondial sud-africain. "Battus 2-1 par les Sud-Africains, les Bleus sont éliminés du Mondial. La tragi-comédie est enfin finie", titre le quotidien.

"Tchao pantins !", lance Le Progrès qui, au-delà du "flop de fin" de la défaite face à l'Afrique du Sud, juge que les Bleus sont allés jusqu'"au bout de la honte et du ridicule" à l'image de Raymond Domenech refusant de serrer la main du sélectionneur des Bafana Bafanas à la fin du match.

"Après le désastre, tout est à reconstruire chez les Bleus", constate Le Figaro. "Pour l'équipe de France de Raymond Domenech, le Mondial sud-africain s'est achevé hier sur un bilan lamentable. Un seul point récolté, un seul but inscrit en trois rencontres et une crise sans précédent. Le chantier est immense", poursuit le quotidien.

Pour Le Midi libre, la défaite de Bloemfontein a asséné la "claque de fin". "C'est fini et c'est tant mieux", titre La Provence. "Calamiteux sur le terrain comme en dehors, les Bleus doivent passer à la reconstruction", ajoute le journal.

Dans une interview au quotidien provençal, le sociologue Laurent Mucchielli s'insurge contre "l'obsession raciale" de certains observateurs, citant l'essayiste Alain Finkielkraut qui évoquait dimanche les "clans" et les "divisions ethniques". "Dans leurs clubs européens, les Bleus sont de grands joueurs au professionnalisme reconnu. Tout d'un coup dans la déconfiture hexagonale, ils sont réduits à leur couleur de peau et à leur milieu social d'appartenance réel ou fantasmé", estime le sociologue.

France-Soir attend pour sa part "le grand déballage" et reprend en première page les propos de Patrice Evra, capitaine déchu des Bleus: "Mon coach m'a interdit de parler... Mais la France saura bientôt la vérité".

"Les révolutionnaires du dimanche n'ont pas réussi de coup d'Etat le mardi", écrit de son côté La Croix sur son site internet. "Sur ce champ de ruines, le futur sélectionneur, Laurent Blanc, va devoir reconstruire un groupe avec, comme premier objectif, les qualifications pour le championnat d'Europe des nations de 2012. Cela dès le 3 septembre, par la réception de la Biélorussie au Stade de France", poursuit le quotidien catholique. 
 
Revue de la presse européenneGrande-Bretagne"Une vague d'écoeurement a inondé la France" après sa défaite face à l'Afrique du Sud qui a "scellé sa disgrâce comme pire équipe nationale de tous les temps", affirme le vénérable quotidien britannique The Times.

"Sacrebleu (en français) la France vidée de la Coupe du monde", écrit le journal populaire The Sun. "La fin" titre, en français également, The Guardian qui fait allusion au "déshonneur" de l'équipe de France, à la "pagaille" qui a régné en son sein et à sa prestation "infiniment effroyable".

IrlandeCes "Français ridicules (...) s'écrasent et se consument", précise The Irish Times, avec "un Domenech triste qui se lamente sur un rêve brisé" (The Examiner).

 "Je suis très heureux que cela se termine ainsi", s'est réjoui le sélectionneur adjoint de l'équipe de la verte Irlande, Liam Brady sur la radio RTE. "Je trouvais qu'ils étaient parvenus (au Mondial) pour de mauvaises raisons", a-t-il ajouté, évoquant l'épisode de la main de Henry. "Ils ont non seulement mal joué, mais ils se sont mal comportés et ils
rentrent chez eux avec un profond déshonneur".

Italie
"La France repart plus qu'humiliée", titre Il Messaggero, soulignant que la
sélection française "rentre à la maison après un Mondial désastreux tant pour le
jeu que pour son image". 

Les autres grands titres italiens s'en prennent également au massacre en règle de l'image de la France, au-delà de sa défaite 2-1 face à l'Afrique du Sud. "Arrivée en Afrique du Sud grâce à une main", relève la Gazetta dello Sport,  la France "s'en retourne à la maison après avoir fait bien piètre figure", ironise le principal quotidien sportif italien.

Le Corriere della Sera stigmatise une équipe "complètement à la dérive, et "un fiasco complet qui va peut-être au-delà des prévisions les plus pessimistes". Et le quotidien d'énumérer "l'éloignement d'Anelka, les larmes de Ribery à la télé, la mutinerie des joueurs, l'exclusion du rebelle Evra dans le dernier match, et surtout l'élimination prématurée".

Allemagne
Dans un article intitulé "Adieu, les Blöd!", jouant sur les mots Bleus et "blöd" ("imbéciles", en allemand) le quotidien populaire Bild stigmatise le sélectionneur français. Ce dernier a "fortement chamboulé son équipe" avec six nouveaux joueurs: "et qu'est ce que ça a apporté ? Rien".

"La fédération (française) a réservé le vol de retour - en classe économique" pour les Bleus, s'amuse le quotidien. A ses yeux, "les professionnels de la grève n'ont pas mérité la classe Affaire. Cela sent déjà le prochain scandale...", conclut-il.

Pour sa part, le site Kicker.de conclut que "le rideau tombe sur l'ère Domenech. La performance (des Bleus) à la Coupe du monde 2010 appartient certainement aux chapitres les plus sombres de l'histoire du football français".

Espagne"Ils sont arrivés comme vice-champions du monde et repartent d'Afrique du Sud sous forme de cadavre en putréfaction à l'intérieur duquel les légistes de CSI et Bones (séries télévisées, ndlr) ne pourraient rien trouver en raison de son état trop avancé de décomposition", résume le quotidien El Mundo dans une chronique intitulée "Les morts-vivants s'en vont".

De son côté, le quotidien sportif Marca, dans un article titré "Ridicule mondial", voit dans l'ultime match disputé par l'équipe française la confirmation de "son état de décomposition évident". Evoquant "la mutinerie de la honte", le quotidien AS voit dans la prestation
des Bleus "une grave crise qui a même éclaboussé la société française."


Laurent Ribadeau et Gilles Gaillard