Mondial France Hôtel Afrique du Sud
L'hôtel des Bleus en Afrique du Sud | AFP - Stéphane de Sakutin

La polémique prend de l'ampleur

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Lancée dimanche par la Secrétaire d'Etat aux Sports Rama Yade, la polémique, portant sur la qualité luxueuse et le coût de l'hôtel de l'équipe de France en Afrique du Sud, n'a pas fini de faire du bruit. Et ce en dépit des tentatives d'apaisement, ce lundi, de nombres de politiques. A commencer par le secrétaire national de l'UMP Xavier Bertrand ou encore le porte-parole du gouvernement Luc Châtel.

Réactions en cascade

"L'heure n'est pas à la polémique sur l'hébergement de l'équipe de France de football en Afrique du Sud mais à l'union nationale derrière les Bleus", a affirmé le porte-parole du gourvernement Luc Châtel qui voit d'un mauvais oeil la prise de position de Rama Yade. De son côté, le secrétaire national de l'UMP Xavier Bertrand, interrogé sur Canal+, a  indiqué qu'il ne "chausserait pas les crampons de la polémique". Et de poursuivre : "Moi ce qui m'intéresse, c'est, sur le terrain, ce qui va se passer (...) C'est pas parce qu'il s'agit de parler de foot que je vais tacler qui que ce soit".  Au même moment sur LCI, Gérard Longuet, président du groupe UMP au Sénat, y a également été de sa petite phrase : "Le football, c'est des artistes de haut niveau mais c'est du business (...) Il faut accepter l'idée que le football aujourd'hui c'est le plus grand studio de télévision, le plus grand support publicitaire du monde".

Toute cette polémique est partie d'une déclaration, dimanche, de Rama Yade, qui a jugé que les Bleus manquaient de "décence" en période de crise économique en s'installant dans un hôtel luxueux sur les bords de l'océan Indien durant la première phase de la Coupe du monde de football. "Je n'aurais pas choisi cet hôtel personnellement (...) J'avais appeléles instances du football à la décence", avait déclaré la secrétaire d'Etatsur Radio J. "Ce qui compte pour l'instant, c'est le résultat sportif des Bleus, que l'équipe montre son meilleur visage sur le plan sportif et qu'elle nous éblouisse par ses résultats plutôt que par le clinquant de ses hôtels".

A moins d'une semaine du début de la compétition, "il n'est plus temps de faire des polémiques", avait répliqué Roselyne Bachelot lors du Grand jury RTL/Le Figaro/LCI.  Les Bleus "ont besoin de paix, de solidité et de l'opinion publique autour d'eux", avait-elle insisté. "Maintenant, allez, stop ! On est derrière notre équipe, elle en a besoin"."La Fédération française de football a fait un choix, c'est elle qui en est responsable: cela ne coûte pas un sou aux contribuables", avait également souligné Roselyne Bachelot, prenant le contre-pied de Rama Yade.

Une autre Ministre avait ensuite mis son grain de sel dans l'affaire de la situation des Bleus. Nathalie Kosicusko-Morizet, Secrétaire d'Etat chargée de la prospective et de l'économie numérique n'a pas trouvé "génial" qu'une prime d'environ 400.000 euros soit promise aux joueurs en cas de victoire au Mondial. "Participer à l'équipe de France, ça devrait être un tel honneur que l'idée d'une incitation financière ne devrait avoir aucun sens".

Si Rama Yade s'est indignée des conditions de logement "cinq étoiles", du côté des joueurs, l'heure est à l'incompréhension. A l'image d'Alou Diarra: "L'hôtel fait beaucoup de jaloux (...) On est très bien logé, ce n'est un secret pour personne." "La ministre des Sports a son point de vue, on veut faire abstraction de tout ça, on ne veut pas lier sport et politique, on est concentré sur notre objectif", a ajouté le milieu de terrain. Yoann Gourcuff a pour sa part souri: "L'hôtel est très bien. Ce n'est pas moi qui ait décidé d'être là mais je suis très content d'être là."

Dans une tentative pour clore le débat, le directeur général adjoint de la Fédération française de football Jean-Louis Valentin a rappelé: "Pour nous, cette opération ne coûte pas d'argent mais en rapporte et les  bénéfices de cette participation à la Coupe du monde sont redistribués pour  moitié au monde professionnel et au monde amateur, cela ne coûte rien au  contribuable ni à la Fédération. Il n'y a pas d'exception française". "Le choix des hôtels est fait sur une liste prédéfinie par la Fifa et la  plupart de ses hôtels sont de grand standing. L'ensemble des 32 équipes participantes sont logés dans ces hôtels", a conclu M. Valentin.

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