La Grèce forge son destin

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Le groupe B s’annonce terriblement indécis après la victoire de la Grèce sur le Nigeria (2-1). Réduits à dix après avoir le score, les Super Eagles n’ont pas résisté à la furia hellène. Une journée historique pour les Grecs : premiers buts inscrits en phases finale de Coupe du monde et donc première victoire. A égalité de points avec la Corée du Sud, la Grèce jouera sa tête lors de la dernière journée tout comme le Nigeria, encore en course malgré ses deux défaites.

Dans ce match à enjeu, Grecs et Nigérians abandonnaient le costume frileux et attentiste de la première journée pour offrir un visage autrement plus virevoltant. Les deux équipes battues en ouverture jouaient gros en s’affrontant même si elles pouvaient encore rêver d'une qualification en cas de défaite grâce aux deux victoires de l’Argentine. Après un quart d’heure équilibré, le Nigeria pensait avoir fait le plus dur en marquant. Le coup franc anodin de Kalu Uche n’était pas dévié, ni par un de ses coéquipiers, ni par un défenseur grec, pour finir dans les buts de Tzorvas (0-1, 15e). Une ouverture du score contre le cours du jeu pour les Super Eagles car les champions d’Europe 2004 étaient dominateurs, du moins au nombre d’occasions (8 tirs à 3).

Le Nigeria semblait donc bien parti avant de se saborder comme seul le Nigeria peut le faire. Sani Kaita voyait rouge après un coup de pied d’humeur sur Torosidis aussi inutile qu’inoffensif (32e). Un tournant qui relançait complètement les Grecs dans une Coupe du monde jusque là très mal embarquée. Clairvoyant malgré 71 ans, Otto Rehhagel n’hésitait pas dans son coaching. Il lançait très vite un attaquant supplémentaire, en l'occurrence Samaras (36e), pour mettre la pression. Les Grecs multipliaient alors les situations dangereuses devant les buts nigérians. Salpingidis butait sur Enyeama (39e) et le nouvel entrant Samaras voyait sa tentative repoussée par un défenseur sur sa ligne (42e). Logiquement, les Grecs finissaient par égaliser par l’intermédiaire de Salpingidis dont la frappe était détournée par un défenseur (44e, 1-1). Un exploit historique car il s’agit du premier but grec en phase finale de Coupe du monde.

Le match s’emballait entre des Grecs dominateurs et des Nigérians rapides en contre. A la 59e, les deux équipes rataient coup sur coup le but du KO. Seul devant le but au niveau des six mètres, Tziolis perdait son duel face à Enyeama. Dans la foulée, Tzorvas sortait une belle manchette pour écarter la frappe de Yakubu puis Obasi manquait l’immanquable devant les buts vides. Un autre tournant. Formidable au match précédent, Enyeama devenait stratosphérique lorsqu’il repoussait une tête grecque qui filait dans sa lucarne gauche (68e). Assiégée, la défense nigériane craquait cependant une seconde fois lorsque Torosidis poussait dans les buts un ballon mal bloqué par le gardien suite à une lourde frappe de Katsouranis (71e, 2-1).

Le Nigeria n’abdiquait pas. La frappe du gauche Yakubu passait de peu à côté des buts de Tzorvas (75e). Les Grecs non plus en dépit de leur avantage au score. Les frappes de Karagounis (74e) et de Gekas (77e) aurait mérité un meilleur sort mais Enyeama était dans un bon jour. Héros du match malgré la défaite de son équipe, le portier africain sortait une nouvelle frappe  (90e+3) mais c’était bien la Grèce qui empochait la victoire. Une première en Coupe du monde et le meilleur est encore à venir. 

Mathieu Baratas