Deschamps didier portrait drapeau brésilien 062013
Didier Deschamps inquiet, devant le drapeau brésilien | AFP-Fife

La Coupe du monde 2014 sans la France ?

Publié le , modifié le

A un an de la Coupe du monde, les récents résultats de l’équipe de France ont de quoi inquiéter. S’il est logique de s’interroger sur la présence des Bleus au Brésil, la situation n’est toutefois pas si catastrophique, pas encore. Depuis 1998 et son titre de championne du monde, la France a toujours participé aux Mondiaux, avec plus ou moins de réussite.

Alors que certains à l’instar d’Alain Roche commencent déjà à écorner l’image de Didier Deschamps, faut-il rappeler que pour le moment, les Bleus ont encore leur destin en main. Comme le rappelle Roche, "DD" affiche il est vrai un triste bilan, avec cinq défaites en onze matches. C'est plus de revers que Laurent Blanc en 27 rencontres. L’essentiel reste néanmoins de se qualifier pour le prochain Mondial, et si l’on regarde les résultats en qualifications, le bilan des hommes de Deschamps correspond sensiblement aux attentes des observateurs. Se retrouver deuxième à un point derrière l’intouchable Espagne n’est pas illogique. Il faut rappeler que les Tricolores ont surpris leur monde en obtenant un nul mérité en Espagne (1-1), et qu’ils ont encore tenu tête aux champions du monde et d’Europe en mars dernier, malgré une courte défaite (1-0). Jusqu’à présent, les Bleus ne sont pas passés totalement à côté d’un match en qualifications, l'essentiel est donc préservé.

Mais évidemment, le bilan des Bleus sous Deschamps laisse perplexe. La France reste sur trois défaites consécutives et s’est inclinée à sept reprises au cours de ses 13 derniers matchs. Une telle série ne permet pas de créer une dynamique, et de bâtir un groupe en toute sérénité. Cela dit, il faut préciser que la grande majorité de ces défaites concerne des matches amicaux, de surcroît face à des équipes de gros calibre, comme l’Allemagne, l’Uruguay ou le Brésil. Organiser de tels matches de préparation est évidemment plus séduisant sur le papier, mais on l’a bien vu, l’intention était à double tranchant. Une seule victoire face au Brésil aurait servi de référence, or, on parle aujourd’hui de trois revers… Cette équipe reste en construction comme l'atteste la volonté de Didier Deschamps d’y insuffler un vent nouveau.

L'état d'esprit en question

L’inquiétant n’est pas tant le nombre de défaites lors de ces matches amicaux, mais plus le niveau et l’état d’esprit des joueurs. Karim Benzema ne doit pas centraliser les critiques. Si la France n’a plus marqué depuis 299 minutes, c’est aussi parce que le système de jeu mis en place ne permet pas d’offrir suffisamment d’occasions. L’attaquant du Real Madrid n’a pas été le seul à se plaindre du manque de ballons dans les phases offensives. Au-delà des discussions purement tactiques, c’est l’état d’esprit des joueurs qui inquiète. La colère de Deschamps à l’issue de la rencontre contre la Seleçao n’était pas innocente. Si la défaite ne fait pas partie du discours du sélectionneur, le manque de combativité non plus. Et c’est bien ce point là qui risque de poser problème. Lorsque le Brésil a ouvert le score –sur un but litigieux- les Bleus ont clairement lâché prise. Et lorsque Deschamps a voulu relancer son équipe avec des éléments plus frais, ces derniers se sont montrés plus passifs encore.

De ce point de vue, il y a urgence à remobiliser les troupes, et ce, dès le match amical face à la Belgique, le 14 août prochain. Les matches de qualification contre la Géorgie (6 septembre), la Biélorussie (10 septembre) et la Finlande (15 octobre) seront déterminants. Comme on peut s’y attendre, la qualification se jouera très certainement lors du match de barrage du 15 et 19 novembre. Les participations des Tricolores lors des derniers Mondiaux avaient déjà été obtenues dans la difficulté. Ils avaient peiné pour disputer la Coupe du monde 2006, et souffert un peu plus encore pour celle de 2010, avec le fameux barrage face à l’Eire. C’est donc en novembre que l’on saura si le travail de Didier Deschamps a porté ses fruits, si la France reste une équipe de premier rang, et surtout si les Bleus seront du voyage pour le Brésil. Echouer comme en 1994 ou 1990, serait une véritable catastrophe pour la Maison Bleue.

Romain Bonte