La Colombie a tout d'une "grande"

La Colombie a tout d'une "grande"

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Place aux quarts de finales ce vendredi avec notamment au programme de la deuxième partie de soirée un très alléchant Brésil-Colombie (22h). La Seleçao, rongée par la pression et le doute, affronte une équipe colombienne en pleine emphorie, dans le sillage de son jeune prodige, James Rodriguez. Focus sur une sélection qui a déjà fait forte impression, de par un subtil mélange de fougue et de maturité. Explication.

Dans un Mondial où les grandes nations peinent à répondre aux attentes placées en elle, la Colombie s’est progressivement imposée comme l’outsider numéro un du tournoi. Malgré une cascade de forfaits (Falcao mais aussi Luis Perea, Luis Muriel, Aldo Leao Ramirez et Edwin Valencia), los Cafeteros sont parvenus à remporter brillamment leurs quatre premières rencontres. En dominant l’Uruguay samedi dernier (2-0), ils ont ainsi amélioré leur meilleure performance en Coupe du Monde, vingt-quatre ans après leur première entrée dans le tableau final. Emmenés par un James Rodriguez étincelant, les voilà prêts à barrer la route du Brésil en quarts.

James Rodriguez, fer de lance d'un collectif solide

Meilleur buteur de la compétition avec cinq réalisations, James le monégasque se mesure à la jeune pépite brésilienne Neymar, dans un match dans le match qui promet beaucoup. A seulement 22 ans, ces deux là cristallisent tous les espoirs de leur pays respectif. « C'est un excellent joueur, un crack malgré son jeune âge », a même déclaré le feu-follet auriverde au sujet de son homologue colombien. Véritable maitre à jouer au sein du dispositif de Pekerman, le talentueux meneur de jeu fait briller toute une solide organisation collective.

Très faciles jusqu’ici, les Colombiens peuvent aussi compter sur un Juan Cuadrado en feu, capable de créer des brèches dans les défenses adverses. Si Carlos Bacca est toujours en délicatesse avec sa cuisse droite, l’attaquant du FC Porto Jackson Martinez a pris la relève avec brio. Au milieu, la paire formée par Abel Aguilar (TFC) et Carlos Sanchez (ex-VA) s’est parfaitement mis dans le ton de la compétition. Ces infatigables travailleurs de l’ombre permettent ainsi de préserver l’équilibre de l’équipe la plus efficace du Mondial (11 buts pour 46 tirs, soit 31% d’efficacité).

Quant à la ligne de défense, au fort accent italien, elle fait partie des bons élèves de la compétition. Devant un solide David Ospina, la charnière centrale n’a pas encore été mise à rude épreuve. A 38 ans, Mario Yepes tient toujours la baraque, grâce notamment à sa parfaite entente avec Zapata, son ancien compagnon de l’AC Milan. Sur les ailes, les napolitains Zuniga et Armero font merveille de par leur rigueur défensive et leur qualité de centres.

José Pekerman, le cerveau des Cafeteros

Face à l’engouement et l’agitation médiatique suscités par de telles promesses, le sélectionneur José Pekerman a appelé tout le monde au calme à l’aube de défier le pays hôte. « L’important est que chacun fasse son travail, cela apporte de la tranquillité », a-t-il notamment précisé. Bâtisseur d’une équipe joueuse et appliquée, le maitre tacticien argentin a également axé la préparation sur bon nombre d’aspects psychologiques, qui font la différence outre-Atlantique.

Humilité et sens du devoir demeurent les deux maitre-mots d’une équipe qui n’a cessé de progresser depuis la dernière Copa America en 2011. En cas de succès contre le Brésil, le "Prof" deviendra, à force de travail et de rigueur, le premier sélectionneur à aligner dix matches consécutifs sans défaite en Coupe du Monde. Sur le rythme de la cumbia, danse folklorique populaire à Bogota, nul doute que los Cafeteros n’ont pas fini de faire chavirer les cœurs, dans cette grande fête au pays du football.

Thomas Moulin @Thomas_Moulin