James Rodriguez, Colombie
Le Colombien James Rodriguez | DANIEL GARCIA / AFP

La Colombie enterre l'Uruguay

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La Colombie n'a laissé aucune chance à l'Uruguay en 8e de finale de la Coupe du monde (2-0) et rejoint les quarts de finale pour la première fois de son histoire. D'une sublime reprise de volée, James Rodriguez a débloqué le match. Puis, il s'est chargé d'aggraver la marque. Privée de son guide Luis Suarez, la Celeste a eu toutes les peines du monde à donner la réplique. Les Cafeteros retrouveront le Brésil pour une place en demi-finale.

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A côté de l'orgie de football proposée par le Brésil et le Chili quelques heures plus tôt, les trente premières minutes de cette rencontre ont paru bien fades. Regroupés dans leur moitié de terrain, les Uruguayens ont attendu leurs adversaires pour mieux les contrer. Face à ce mur bleu, la Fiebre amarilla (la Fièvre jaune) ne parvenait pas à se diffuser. La Colombie conservait le ballon sans se montrer dangereuse. Puis, James Rodriguez a décidé de justifier son titre de meilleur joueur du premier tour. Déjà auteur d'un but lors des trois premiers matches de ce Mondial, le Monégasque contrôle de la poitrine une tête d'Aguilar. A 25 mètres des filets de Muslera, le classieux numéro 10  arme une reprise de volée. Le cuir touche la transversale et franchit la ligne. Un bijou! (1-0, 28e). Sans Luis Suarez, la Celeste ne s'était jamais imposé en Coupe du monde, que ce soit lors de la demi-finale contre les Pays-Bas en 2010 (3-2) ou du match d'ouverture de cette édition face au Costa Rica (3-1).

Ospina est un mur

Pour faire mentir cette statistique, l'attaque charrua sort de sa torpeur. Un centre en première intention de Cavani est enlevé au dernier moment par Carlos Sanchez alors que Rodriguez attendait l'offrande (30e). Connu pour son abnégation, El Matador fait honneur à sa réputation, en déposant un coup franc juste au-dessus du cadre de David Ospina (33e). En compagnie de Rodriguez et Cuadrado, le portier niçois a été le meilleur des Cafeteros. Quand l'Uruguay, en difficulté pour faire le jeu, a enfin trouvé la mire, l'ancien de l'Athlético Nacional s'est chargé de le ramener à la raison. Que ce soit Gonzalez (38e) ou Rodriguez (64e) de loin, Cavani dans la surface (85e) ou Maxi Pereira à bout portant (79e), tous ont vu leurs tentatives s'abîmer sur les larges épaules du gardien colombien. A l'inverse, la Tricolor n'a eu besoin que d'une occasion pour doubler la mise. Au terme d'une superbe action collective, Armero dépose la sphère sur le crâne de Cuadrado. Intelligemment, le bâton de dynamite de la Fiorentina la remet en retrait pour une frappe du droit de... James Rodriguez aux six mètres (2-0, 50e). 

Rodriguez-Cuadrado, ça décoiffe

Depuis l'Italien Christian "Bobo" Vieiri en 1998, aucun joueur n'était parvenu à marquer à l'occasion des quatre premiers matches de son équipe au Mondial. Le jeune meneur de jeu de 22 ans l'a fait et domine le classement des buteurs avec cinq réalisations. Quant à son partenaire Cuadrado, il a délivré sa quatrième passe décisive en autant de sorties. A eux deux, ils ont fait souffrir le martyr à l'arrière-garde de la Celeste. Fébrile contre le Chili, la défense brésilienne peut commencer à établir un plan pour contrer ce duo d'enfer. Portée par l'insolence et le talent de ces deux hommes, la sélection de José Pekerman entre dans les livres d'histoire en même temps qu'en quart de finale. Dans leur histoire, les Sud-Américains n'avaient jamais atteint ce stade de la compétition. En 1990, ils s'étaient arrêtés en 8e de finale. Et cette année, rien ne dit qu'ils se contenteront d'une place dans le Top 8. 

Jerome Carrere