Le défenseur international Laurent Koscielny, prêt à retrouver l'équipe de France
Le défenseur international Laurent Koscielny, prêt à retrouver l'équipe de France | FRANCK FIFE / AFP

Jouer le Japon en pensant à l'Espagne

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Les Bleus auront forcément plus la tête au choc, mardi, en Espagne, championne du monde et double championne d'Europe en titre, qu'au match amical, vendredi, face au Japon au Stade France. Aux yeux du sélectionneur Didier Deschamps, cette rencontre est importante, voire cruciale, afin de peaufiner des repères collectifs et faire des essais dans son onze de départ remanié suite aux blessures de plusieurs cadres. Les Français doivent avoir la "Roja" en tête.

"On a tous cette rencontre contre l'Espagne en tête, c'est évident", renchérit Mathieu Debuchy, en évoquant le rendez-vous avec la Roja au Stade Vicente-Calderon pour le compte des qualifications pour la Coupe du monde 2014. "Je ne peux pas leur dire que le match de vendredi est plus important que celui de mardi. Ils me prendraient tous pour un fou", reconnait le sélectionneur Didier Deschamps. "En revanche, c'est pourtant comme ça qu'on doit le préparer, comme si c'était un match important (...) C'est une répétition qui va nous permettre d'avoir des réponses.Tout ce qui peut être bien fait vendredi nous permettra de mieux préparer l'Espagne."

Une équipe new-look

Le onze contre le Japon:
Lloris (cap.) - Debuchy, Sakho, Koscielny, Clichy - Capoue, Matuidi, Sissoko - Ménez, Giroud, Benzema

Il est rare de se focaliser sur le match d'après. Pour une fois, c'est l'inverse. L'enjeu de la rencontre face au Japon est de se tester à balles réelles dans des conditions particulières avant de se frotter à la meilleure équipe du monde. "Je n'ai que des problèmes", résume le sélectionneur des Bleus au début du rassemblement. Déjà confronté aux forfaits de Rio Mavuba, d'Abou Diaby et de Lassana Diarra, Deschamps devrait se passer de Yohan Cabaye et de Franck Ribéry, préservés pour le déplacement en Espagne.

Seules certitudes, Hugo Lloris, qui a disputé ce week-end son premier match en Championnat d'Angleterre avec Tottenham, sera bel et bien titulaire dans les buts avec le brassard de capitaine et Karim Benzema sera à la pointe de l'attaque. Entre les deux, ce sera du bricolage. Deschamps est contraint de tester un entre-jeu expérimental avec une charnière novice composée du puissant Sakho et du relanceur Koscielny qui n'a jamais joué ensemble. Pas de quoi travailler le désormais fameux "cœur du jeu" français.

Rencontre pas sans enjeu

On le voit bien. Cette rencontre a plus d'enjeu qu'il n'y parait. Face au champion d'Asie en 2011 qui compte dans ses rangs des joueurs tels que Shinji Kagawa (Manchester United), Keisuke Honda (CSKA Moscou), Yuto Nagatomo (Inter Milan) ou encore Astuto Uchida (Schalke 04), les Bleus ont l'occasion de tester des associations et de se mettre en ordre de bataille avant d'aller ferrailler en Espagne. "Ce n'est pas un Bac blanc, c'est une répétition. Cela va nous permettre d'avoir quelques réponses et le temps de jeu sera réparti", analyse Deschamps.

Alors que les Espagnols auront un voyage plus sérieux au Bélarus comptant pour les qualifications, les Bleus doivent profiter de l'opportunité de jouer un galop d'essai. "Tout ce qui pourra être bien fait vendredi contre le Japon nous permettra de mieux préparer l'Espagne. Les deux objectifs en arrivant en Espagne sont d'arriver avec de la fraîcheur et avec une bonne gestion des temps de jeu de chacun." Amical ou pas, ce match doit donner le ton avant d'affronter ce qui se fait de mieux dans la planète football. "La meilleure des façons de jouer ce match", prévient Didier Deschamps, "c'est de ne pas le prendre par dessus la jambe." On vous le dit: ce ne sera peut-être pas si amical.

Mathieu Baratas