Cabella, Rémy entraînement 062014
Cabella et Rémy (icic à l'entraînement aux côtés de Benzema) seront titulaires en Serbie | AFP

Jamais une Coupe sans coiffeur

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En 1998, les joueurs de l'équipe de France avaient tous joué, à l'exception des deux gardiens remplaçants. Sauf blessure, il est fort probable qu'il y ait plus de "coiffeurs"* -le surnom des remplaçants- lors de ce Mondial 2014.

L'expérience de Valbuena

Valbuena en a fait l'amère expérience lors de l'Euro 2012. Ne pas jouer une minute d'une compétition pour laquelle vous êtes pourtant sélectionné, à de quoi perturber un joueur. "En 2012, je n'ai pas joué une minute. C'était dur à accepter. Maintenant ca se passe bien pour moi j'espère que ca va continuer", a indiqué le joueur de l'OM. "Tout le monde peut jouer, peut être concerné. On voit que dans cette équipe on est 23. Certains vont beaucoup jouer, d'autres moins ou pas du tout."

Jusqu'à présent, ils sont huit Bleus (Landreau, Ruffier, Cabella, Schneiderlin, Mangala, Rémy, Digne et Sagna), à ne pas avoir goûté au plaisir de disputer, ne serait-ce qu'un instant, un match en Coupe du monde. Alors qu'un Mondial représente le Graal de tout footballeur, arriver si près du but et ne pas parvenir à concrétiser ce rêve d'enfant doit être extrêmement frustrant. Lionel Charbonnier et Bernard Lama ont vécu une situation encore plus difficile à vivre, eux qui sont devenus Champions du monde sans jouer la moindre seconde lors du Mondial 1998. Un brin boudeur, Lama avait d'ailleurs refusé de participer au troisième match de poule contre le Danemark.

Coupet, deux Coupes du monde sur le banc  

Petit, Sagnol, Coupet, Sylvestre, et Henry sur le banc, lors du Mondial 2002
Petit, Sagnol, Coupet, Sylvestre, et Henry sur le banc, lors du Mondial 2002

Lors des Coupes du monde suivantes, d'autres joueurs ont vécu ce calvaire comme en 2002, où les résultats n'ont pas forcément été bénéfiques aux "coiffeurs". Christanval, Sagnol, Sylvestre, Boghossian, Ramé et Coupet auront ainsi gardé leur chasuble. Coupet l'aura même vécu quatre ans plus tard, aux côtés de Landreau, Boumsong, Givet et Chimbonda. Le gardien de l'OL aura du mal à contenir sa colère vis-à-vis du statut de certains joueurs, dont Fabien Barthez fait partie. Les seuls qui pourraient presque se satisfaire de leur absence sur le terrain d'une Coupe du monde, sont Mandanda, Carrasso, Réveillère et Planus, lors du tristement célèbre Mondial de 2010…

Didier Deschamps, qui en 1998 avait dû laisser sa place pour ce fameux match contre les Danois, sait à quel point il est important d'impliquer les 23 joueurs du groupe. L'ancien capitaine des Bleus n'aime donc pas trop parler du statut de "coiffeurs" pour ses remplaçants. "Je sais que vous leur mettez cette étiquette, mais moi, je n’ai pas de 'coiffeurs'", a-t-il affirmé, avant de préciser qu'il n'allait pas "galvauder" la rencontre face à l'Equateur. "C'est sûr que je ne vais pas mettre onze mecs qui n'ont jamais joué ensemble", a ajouté le sélectionneur.

Giroud a eu peur  

Giroud ronge son frein, aux côtés de Koscielny et Sagna
Giroud ronge son frein, aux côtés de Koscielny et Sagna

Ronger son frein sur le banc des remplaçants, pendant que les coéquipiers brillent sous le feu des projecteurs, Olivier Giroud l'a vécu pendant 79 minutes face au Honduras. Contrairement aux autres Tricolores, l'attaquant d'Arsenal n'avait pas caché sa déception de ne pas débuter la rencontre. "C'est normal d'être déçu quand on fait une préparation correcte. J'estimais pouvoir jouer, et j'ai été déçu à ce moment", a résumé Giroud qui sera finalement titularisé face à la Suisse. Il reste donc encore quelques espoirs aux huit Tricolores désireux de goûter au parfum d'un match du Mondial.

Pourquoi les appelle-t-on "coiffeurs" ?
Il existe plusieurs explications à l'origine du surnom de "coiffeurs", celui-ci désignant le rôle des remplaçants. Ce terme aurait déjà été évoqué lors du Mondial 1958, car les joueurs remplaçants coupaient les cheveux des titulaires. Il aurait été remis au goût du jour par Luis Fernandez lors de la Coupe du monde 1986. Celui qui a porté le N.9 de l'équipe de France aurait alors estimé que les remplaçants ne risquaient pas d'être décoiffés. Lorsque l'on voit certaines coupes de cheveux, ce ne serait peut-être pas forcément une faute de goût...

Romain Bonte