Italie-Espagne : Morata, Isco, les Madrilènes qui espèrent revivre avec la sélection

Italie-Espagne : Morata, Isco, les Madrilènes qui espèrent revivre avec la sélection

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Alvaro Morata et Isco ont été appelés en équipe d’Espagne pour les matches éliminatoires du Mondial 2018 contre l’Italie (6 octobre) et l’Albanie (9 octobre). Les deux hommes ont pour points communs d’être jeunes, jouant à des postes offensifs mais aussi d'être dans une période délicate au Real Madrid. Pour eux, la Roja est une bouffée d’air bienvenue.

Quatre matches nuls consécutifs peuvent vite faire oublier six premiers mois magnifiques terminés par une victoire en Ligue des champions. Zinédine Zidane en sait quelque chose. Idolâtré de l’autre côté des Pyrénées après avoir ramené la "Undecima", l’entraîneur français vit sa première mauvaise passe. Des résultats en berne donc, mais aussi une gestion d’effectif qui pose question, notamment dans la presse madrilène. Les cas les plus épineux ? Ceux de deux joueurs formés au club, Alvaro Morata et Isco. Agés respectivement de 23 et 24 ans, les deux joueurs offensifs végètent, la plupart du temps, sur le banc du Real depuis le début de la saison. Et encore la situation n’est pas loin d’être catastrophique pour le milieu offensif qui n’a joué que 193 minutes (5 bouts de match, aucune titularisation) depuis le début de la saison. Le buteur, lui, est un peu mieux loti. Au gré des blessures, Morata a pu grappiller : 10 matches, 2 buts. Mais pour l’un comme pour l’autre, la situation actuelle ne peut convenir sur le long terme.

Zidane sous pression

Quand un joueur ne joue pas, il n’a pas vraiment le choix. Il doit convaincre son entraîneur et prendre son mal en patience. "J’ai parlé avec Zidane et je savais que cela allait être compliqué pour moi d’être titulaire, mais j’ai accepté le défi. Je veux m’entraîner dur, je veux lui montrer que je peux être titulaire et que c’est ce que je vais essayer de faire d’ici la fin de l’année. Il m’a dit que la concurrence serait plus forte et que tout dépendrait de mon rendement", a ainsi lâché Isco.

"Je m’entraîne bien et je suis toujours au service de l’équipe, sans être de mauvaise humeur et en restant professionnel. Je ne peux pas dire si je mérite de jouer plus de minutes, a expliqué de son côté Morata.. Le coach sait ce qu’il fait. C’est difficile d’avoir du temps de jeu au Real. Je continue à me battre, à faire mon autocritique, parce que j’aurai pu marquer 4 ou 5 buts. Je ne peux pas penser au reste". Rappelés en équipe nationale par Julen Lopetegui malgré leur situation, ils ne débarquent tout de même pas en terrain conquis et ne sont assurés de rien avec la sélection. Dans cette équipe, leur statut reste à établir, même si le départ de Vicente Del Bosque a améné un nouveau souffle dans une équipe arrivée en fin de cycle, depuis deux ans et le Mondial 2014. La preuve du changement? La confiance de Lopetegui envers les "jeunes". Sélectionneur des champions d'Europe U19 en 2013, Lopetegui a appelé huit des joueurs qu'il avait sous ses ordres il y a quatre ans : De Gea, Thiago Alcantara, Inigo Martinez, Koke, Nacho, Carvajal... Isco et Morata.

Embouteillage

Dans un secteur offensif espagnol où les places sont très chères, Isco et Morata pourraient vivre du banc le choc de cette deuxième journée d’éliminatoires du Mondial, contre l’Italie. Ce remake du huitième de finale de l’Euro 2016 devrait être primordial dans la course à la première place du groupe G. Mais le Juventus Stadium, qui accueille la rencontre n’est pas assuré de voir évoluer Morata, son ancien pensionnaire. Malgré son bilan, plus que convenable, sous le maillot espagnol (15 sélections, 8 buts dont 3 à l’Euro), le Madrilène ne se fait pas d’illusion sur ces chances de titularisation. "Je serai ravi de jouer contre l’Italie, mais soyons réalistes, Diego (Costa, ndlr) est plus susceptible de jouer contre l’Italie, car il joue plus et marque plus que moi". Mais, il devrait faire son entrée en jeu en cours de match pour bénéficier de la fatigue des défenseurs générée par le travail de Diego Costa et pour donner raison à Gianluigi Buffon, qui l’avait désigné comme le "danger numéro 1" à la veille du huitième de finale de l'Euro.

Pour Isco, c’est encore plus dur puisque avec le retour d’Andres Iniesta, la présence de Sergio Busquets et le replacement par Pep Guardiola de David Silva au cœur du jeu, les trois postes du milieu de terrain semblent déjà attribués. En sachant, qu’avec Thiago Alcantara qui fait un bon début de saison avec le Bayern et Koke, pilier indéboulonnable de l’Atletico - "deux joueurs qui commencent à prendre du poids", dixit Morata - il a de sacré client devant lui. Autre soucis, son poste. Plus neuf et demi que milieu relayeur ou véritable ailier, Isco doit s’adapter pour jouer. Lors de sa bonne période au Real Madrid, sous Ancelotti, il était plutôt utilisé comme ailier ou milieu relayeur, jamais à son poste naturel comme à Malaga. Bonne nouvelle, toutefois pour l'Andalou, il peut compter sur le soutien du nouveau sélectionneur. "“Isco n'a pas beaucoup joué. C'est inquiétant, mais je crois en lui et je sais qu'il peut apporter beaucoup". Et pourquoi pas instaurer un 4-2-3-1 où Isco pourrait s'asseoir dans le rôle du meneur de jeu?

Pas encore l’heure de l’exil

En club, l'horizon à court terme semble bouché, mais les deux joueurs ne s’avouent pas vaincus. Ils veulent convaincre Zidane qu’ils ont le niveau pour le Real. "Je m’entraîne bien et je suis toujours au service de l’équipe, sans être de mauvaise humeur et en restant professionnel. Je ne peux pas dire si je mérite de jouer plus de minutes. Le coach sait ce qu’il fait. C’est difficile d’avoir du temps de jeu au Real. Je continue à me battre, à faire mon autocritique, parce que j’aurai pu marquer 4 ou 5 buts. Je ne peux pas penser au reste", assure Alvaro Morata. Il sait que Zidane "décide" en dernier ressort. "Tenir dans cette situation ? Je n’ai pas le choix, on ne peut pas recruter en plus... J’espère que les choses changeront et que je pourrai jouer davantage", a-t-il indiqué.

Isco, lui, est plus direct. A 24 ans, il a besoin de jouer. Il compte bien quelques 150 matches sous les couleurs du Real Madrid, mais il n’a jamais eu un statut d’indiscutable. "Je ne suis pas fou, si je ne suis pas titulaire avec Ancelotti, Benitez et Zidane, c’est de ma faute", a-t-il reconnu. Mais la raison pourrait le pousser à changer d’air si sa situation n’évoluait pas. "Je ne vais pas m’avouer vaincu aussi facilement, mais si, en fin de saison, je vois que j’ai peu de temps de jeu, je me chercherai un nouveau club. J’ai 24 ans et si je ne trouve pas ma place dans le onze titulaire, j’aimerais changer d’air", a-t-il conclu. En attendant, les deux hommes s’aèrent l’esprit avec leurs compatriotes. Et Morata trouve même le temps de faire admirer ses talents de gardien. Pas sûr toutefois que ça convainque Zidane ou Lopetegui de l’aligner plus souvent.

Benoit Jourdain @BenJourd1