Askhan Dejagah, M. Mazic, Iran
L'attaquant iranien Askhan Dejagah se plaint auprès de M. Mazic | BEHROUZ MEHRI / AFP

Iran et Bosnie fustigent l'arbitrage

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Déjà pris en grippe à plusieurs reprises depuis le début de la Coupe du monde, les arbitres ont à nouveau été la cible des critiques. Eliminée par le Nigéria, la Bosnie a fustigé le trio arbitral lui ayant refusé un but valable. Battu sur le fil par l’Argentine, l’Iran en a fait autant pour un pénalty oublié.

Il y avait déjà eu le pénalty généreux accordé à Fred lors du match d’ouverture entre le Brésil et la Croatie, les deux buts valables refusés au Mexique face au Cameroun et le pénalty évident refusé au Costa Rica contre l’Italie. Une liste non exhaustive des erreurs d’arbitrage les plus grossières depuis le début de cette Coupe du monde. Peu épargné depuis le début de la compétition, le corps arbitral en a encore pris pour son grade hier. En cause, deux décisions défavorables à l’Iran et la Bosnie.

Zabaleta fauche Dejagah dans la surface

A la 54e minute de la rencontre entre les Persans et l’Argentine, Zabaleta intervient sur l’attaquant Askhan Dejagah dans la surface. Le latéral de Manchester City est en retard et le fauche mais l'arbitre serbe M. Mazic ne porte pas le sifflet à sa bouche… Vingt-sept minutes plus tard, Lionel Messi crucifie l’Iran d’un coup de patte imparable. Une issue que la presse iranienne a du mal à digérer. "Argentine+arbitre 1 - Iran 0", titrait ainsi le quotidien Jam-e-Jam, sous une  photo de Dejagah le nez dans la pelouse après avoir croisé la route du Citizen. "L'Argentine victorieuse à cause de l'arbitre", affirmait Qods, "les étoiles iraniennes victimes d'une erreur", rageait le quotidien Iran, en  montrant l'arbitre refusant le penalty malgré les protestations de la victime et de son capitaine Javad Nekounam.

Même le président Hassan Rohani s’est joint à ce concert, de manière plus subtile. "Bien joué les guépards persans! Peut-être pas le résultat  mérité mais gros efforts et la tête haute", a écrit le président sur Twitter. Avec un point au compteur et trois unités de retard sur le Nigéria, deuxième, l’Iran n’en a pas pour autant tiré un trait sur la qualification. Une victoire contre la Bosnie sans encaisser de but conjuguée à une défaite des Super Eagles contre l’Argentine qualifierait la république islamique. Un heureux dénouement que ne peuvent plus espérer ses futurs adversaires bosniens, eux aussi floués par le trio d’hommes en noir.

Dzeko, le hors-jeu imaginaire

A la 21e minute, l'arbitre néo-zélandais Peter O'Leary refuse un but à Edin Dzeko pour un hors-jeu imaginaire. Au moment où le ballon quitte le pied de Misimovic, le récent champion d’Angleterre est nettement en retrait du latéral droit nigérian Ambrose. Huit minutes plus tard, Odemwingie score pour les Africains. Le tableau d’affichage restera figé jusqu’au coup de sifflet final. Déjà vaincus par l’Argentine en match d’ouverture, les hommes de Safet Susic quittent donc la compétition. Si l’ancien milieu de terrain n’a pas voulu polémiquer, félicitant les champions d’Afrique en titre pour leur "victoire méritée", la presse s’en est chargée.

"Après un arbitrage honteux, la Bosnie fait ses adieux aux Mondial", titre  le principal quotidien, Dnevni Avaz. "La Bosnie pleure", affirme le site d'information en ligne Klix.ba. "Les  Zmajevi (Dragons) ont été pillés, vaincus et éliminés", ajoute ce site qui  publie des photos de visages tristes et résignés de supporteurs à travers le pays. Indépendante depuis 1991, la Bosnie participait à son premier tournoi international. Un baptême au goût amer.

Jerome Carrere