Gilmar
Gilmar sort au devant de l'attaquant des Bleus, Just Fontaine, lors du Mondial 1958 en Suède. | AFP

Gilmar, gardien du temple

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A l’occasion d’un Mondial brésilien qui fait la part belle aux prouesses des gardiens de but du monde entier, difficile de ne pas s’arrêter sur le légendaire portier auriverde Gilmar, force de la nature au palmarès hors-norme.

Ailier gauche de formation, Gylmar Dos Santos Neves n’est que remplaçant aux Corinthians lorsque le sélectionneur brésilien fait appel à lui en 1953. Absent du voyage en Suisse l’année suivante, il finit par s’imposer comme le gardien incontournable d’une nouvelle génération brésilienne prête à tout rafler sur son passage. Lors de la Coupe du Monde 1958, son talent éclate au grand jour, derrière une Seleçao souvent trop attirée par l’offensive. Il n’encaisse son premier but qu’à l’occasion de la demi-finale face aux Bleus (5-2), contraint de s’incliner face à l’inévitable Just Fontaine, auteur de treize réalisations sur les terres suédoises. A l’issue de la finale, le jeune Pelé saute dans ses bras, pour une image emblématique qui fera le tour du monde.

Une icône planétaire

A l’aube de l’édition 1962, il débarque à Santos, où il rejoint le roi Pelé. Dans le sillage du phénomène, il remporte notamment quatre championnats du Brésil, deux Copa Libertadores et deux coupes intercontinentales. Au Chili, Gilmar se montre impérial, notamment au devant de Puskas et de l’Espagne en phase de groupes. Emmené par les Pelé, Vava et autres Garrincha, le Brésil s’adjuge une deuxième couronne mondiale consécutive. Gilmar demeure d’ailleurs à ce jour dans l’histoire comme le seul gardien de but titulaire double champion du monde. Quatre ans plus tard, il retarde pendant longtemps l’échéance, sans toutefois être en mesure d’éviter le naufrage des siens outre-Atlantique.

Le sang-froid des plus grands

Fort d’une grande expérience internationale, Gilmar se distingue comme le meilleur gardien auriverde de tous les temps, de par sa classe naturelle, tout en souplesse et en sobriété. Même dans les rencontres à émotions fortes, il impressionne de par son calme olympien, à l’inverse de bon nombre de ses coéquipiers. « Le portier est une étoile isolée au sein de la constellation que forme l’équipe : c’est un artiste à part qui déploie une chorégraphie différente », confiait-il en son temps. Désenchanté face aux dérives du football moderne comme le système de primes, Gilmar demeure comme une icône nationale de son sport, symbole d’un football spectaculaire mettant en avant la force collective, au détriment des individualités. Une autre époque.