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Les Ghanéens heureux | AFP - JAVIER SORIANO

Ghana, Paraguay et Uruguay, surprises des quarts

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Si les grands favoris (Brésil, Espagne) et les valeurs sûres (Argentine, Allemagne, Pays-Bas) tiennent leur rang dans cette Coupe du Monde, les bonnes surprises ne manquent pas. Ghanéens, Uruguayens et Paraguayens ont prouvé qu'ils méritaient leur place dans le Top 8 mondial.

Ce n'est pas compliqué. Le tableau des quarts de finale est conforme aux prévisions à trois exceptions près. L'Uruguay et le Ghana vont se disputer un billet pour les demi-finales alors que les observateurs attendaient plutôt un France-Angleterre en haut du tableau. Et le Paraguay, qui a pris la place promise à l'Italie, tentera d'accéder au dernier carré en réalisant l'exploit contre l'Espagne. Avec quatre formations présentes pour la dernière ligne droite, les Sud-Américains ont fait très fort. Aux traditionnels Brésil et Argentine se sont agrégés deux pays difficiles à contrer, l'Uruguay et le Paraguay.

Les deux se ressemblent un peu (population peu élevée mais grande passion pour le football, premières places dans leur groupe respectif) mais ils différent par leurs palmarès (deux sacres pour la Céleste, pas mieux qu'un huitième de finale pour l'Albiroja avant cette année) et la façon dont ils ont franchi les éliminatoires. Le Paraguay, longtemps deuxième de la zone Amsud, n'a pas tremblé pour obtenir son ticket pour l'Afrique du Sud tandis que l'Uruguay y est allé in extremis (dernier pays qualifié grâce à un succès contre le Costa Rica en novembre 2009). Avec des joueurs comme Forlan et Suarez, l'Uruguay possède une attaque de feu capable de marquer à tout moment même si le jeu pratiqué n'est pas toujours folichon. Tant au premier tour (contre la France puis face au Mexique) qu'au tour précédent (devant la Corée du Sud), les hommes d'Oscar Tabarez ont fait preuve de pragmatisme, sans faire rêver les foules.

Une défense de fer (un seul but encaissé), un ensemble travailleur et un brin de talent ont pour l'instant suffi à l'Uruguay qui espère renouer avec son glorieux passé. Côté guarani, la recette s'avère quasi identique: un but encaissé, un peu plus de jeu mais moins de talent devant même si Roque Santa Cruz reste un danger permanent. Troisième larron de ce tiercé assez improbable, le Ghana. Bien que déjà meilleure équipe africaine en 2006 en Allemagne et finaliste de la CAN en janvier dernier (dominée par l'Egypte en finale), l'équipe ghanéenne n'était pas donnée comme celle du continent pouvant aller le plus loin. Le Nigeria, la Côte d'Ivoire et surtout le Cameroun faisaient davantage office de prétendants aux quarts. Et pourtant, les Blacks Stars ont épaté les spectateurs avec un jeu assez technique et mobile à défaut d'être toujours efficace.

Vainqueurs des Serbes (1-0) au premier tour puis des Etats-Unis (2-1) en huitièmes, les Ghanéens n'ont peur de rien d'autant qu'ils ont déjà connu la défaite (0-1 contre l'Allemagne). Avec un buteur au sang froid (Gyan), des techniciens très habiles, excellents manieurs de ballon (dont le magnifique Kevin-Prince Boateng) et un cadre tactique rigoureux bien préparé par le coach serbe Milovan Rajevac, les derniers ambassadeurs du continent noir craignent degun. Même l'absence de Michael Essien ne semble pas (trop) préjudiciable. Contre l'Uruguay, le Ghana partira à armes égales ou presque: les suspensions de Ayew et Jonathan Mensah risquent d'être préjudiciables tout comme le temps supplémentaire disputé en huitièmes (trente minutes de prolongation). Pour atteindre le dernier carré et donc dépasser dans la légende les Lions Indomptables (1990) et les Lions de la Teranga (2002), les partenaires de John Mensah vont devoir s'employer. Qu'importe, ils ont déjà réussi, eux, leur Coupe du Monde.