Mamadou Sakho, France
Le défenseur central Mamadou Sakho | FRANCK FIFE / AFP

France-Ukraine: les entrants décisifs

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Absents au match aller mais titulaires au retour, Mathieu Valbuena, Karim Benzema et Mamadou Sakho ont été décisifs dans le succès des Bleus au Stade de France (3-0). En compagnie de Raphaël Varane et Yoann Cabaye, les trois compères ont justifié le pari de Didier Deschamps et constitué une solide colonne vertébrale.

"Il faut montrer a tout le monde qu'on en a." En conférence de presse à Clairefontaine, Mamadou Sakho avait été tranchant. Au Stade de France ce soir, le défenseur central aux 15 sélections a joint les actes à la parole. Titularisé par Didier Deschamps en lieu et place d'Abidal, le néo-joueur de Liverpool a cannibalisé Zozulya, bourreau des Bleus au match aller. Dominateur dans les airs, l'ancien Parisien était infranchissable. Comme sur ces deux ballons chauds dans la surface de réparation à la 82e minute. D'un coup de tête salvateur puis d'une relance du pied droit, Mamad' sauvait les siens. Si l'Ukraine avait marqué, la tâche aurait été bien plus ardue pour les Français. Mais à Saint-Denis, l'équipe de France pouvait compter sur un prophète. Monumental défensivement, Sakho s'est permis un doublé. Le premier pour un membre de l'arrière-garde tricolore depuis un certain Lilian Thuram en demi-finale de la... Coupe du monde 1998. 

Sakho était partout

Sur un coup-franc obtenu et frappé par Mathieu Valbuena, lui aussi réintégré au 11 de départ par DD, la reprise de Ribéry était détournée par Pyatov. A l'affût, Sakho poussait le ballon au fond des filets et enflammait le match (22e). A la 72e minute, les deux hommes se montraient encore décisifs. Le Munichois centrait, Gusev se manquait et le Liverpuldian en profitait pour envoyer les Bleus au paradis, d'un but du genou (3-0, 72e). Impliqué sur l'ouverture du score, Valbuena était encore à l'oeuvre sur la seconde réalisation des siens. D'un contrôle de la poitrine suite à une frappe déviée de Cabaye, le Marseillais donnait une offrande à Benzema (2-0, 34e). Et justifiait par la même la confiance accordée par son ancien coach à l'OM. A Kiev, Nasri et Ribéry avaient peiné sur coups de pieds arrêtés. A Paris, le milieu de terrain a constamment mis en danger les Ukrainiens sur ses coups de patte (9e, 10e, 66e). A la 86e, Pyatov enlevait même d'une magnifique manchette une tête de Giroud sur un ballon téléguidé par "Petit Vélo". Le portier des Jovto-Blakytni avait déjà empêché Valbuena de faire gonfler ses statistiques. D'abord en sortant une frappe bien placée (2e), puis en s'envolant sur sa demi-volée (31e).

Le club des cinq a marqué des points

Buteur sur un service du Phocéen, Karim Benzema a également été à son avantage. Deschamps lui avait envoyé un signe fort en le relançant à la place d'un Giroud pourtant performant. Le Madrilène l'a entendu. A la 10e minute, sa tête frôlait la transversale. Vingt minutes plus tard, il pensait marquer son 18e but sous le maillot frappé du coq mais était signalé hors-jeu à tort. A la 34e, l'arbitre-assistant se trompait encore en ne levant pas son drapeau. L'ancien Lyonnais ne se posait pas de questions et fusillait de près. Juste avant l'heure de jeu, "Benzebut" manquait le but du KO. Mais ses mouvements ont mis au supplice la lourde défense centrale des visiteurs. Benzema, Valbuena, Sakho, Didier Deschamps avait choisi d'offrir une nouvelle épine dorsale à ses Bleus pour réaliser l'exploit. Bien lui en a pris. D'autant qu'à leurs côtés, l'ancien technicien monégasque avait aligné Varane et Cabaye, deux autres nouveaux entrants. Solide dans les duels, le premier a prouvé qu'il avait l'étoffe des grands. Hyper-actif à la récupération et toujours aussi dangereux sur ses frappes lointaines, le second a démontré qu'il était plus qu'un second choix. En intégrant ces cinq nouveaux éléments, DD a pris ses responsabilités. Sur le pré, ils l'ont imité. Un gage pour l'avenir?

Vidéo: les réactions de Deschamps, Benzema, Sakho et Le Graët

Jerome Carrere