Echange de fanions entre Michel Platini et Ruud Krol lors de France-Pays-Bas en 1981
Echange de fanions entre Michel Platini et Ruud Krol lors de France-Pays-Bas en 1981 | GABRIEL DUVAL, JOEL ROBINE / AFP

France-Pays-Bas, un historique chargé de souvenirs

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Si les France-Brésil, France-Allemagne ou France-Italie ont davantage marqué les esprits, certains matches entre l’équipe de France et les Pays-Bas ont laissé un vif souvenir dans la mémoire collective : Michel Platini offrant la qualification pour le Mondial 1982 aux Tricolores, Clarence Seedorf ratant son tir au but à l’Euro 1996 ou les Bleus prenant le bouillon à l’Euro 2008. Retour sur ces confrontations décisives avant le France-Pays-Bas du jeudi 31 août valant cher pour la Coupe du monde 2018.

1981 : France-Pays-Bas 2-0

Le France-Pays-Bas du 18 novembre 1981 est considéré aujourd’hui comme l’un des matches les plus importants de l’histoire du football français. Quatre ans après avoir acquis leur billet pour le Mondial argentin en battant la Bulgarie (3-1) dans un Parc des Princes aux anges et grâce notamment à un but de la star naissante Michel Platini, les Tricolores de Michel Hidalgo jouent de nouveau leur présence à la Coupe du monde (de 1982 en Espagne) lors d’un match décisif dans leur antre fétiche. Ce duel est déterminant et les Bleus doivent impérativement le gagner pour espérer se qualifier même s’il faudra encore dominer Chypre quinze jours plus tard pour valider le ticket (ce qui sera fait sans souci, 4-0). Face à la Hollande (nom donné aux Pays-Bas à l’époque, vainqueurs à l’aller 1-0), Bossis, Giresse, Larios et les autres se démènent pour forcer la décision. Les Oranje, finalistes malheureux des deux derniers mondiaux, rivalise avec la France une mi-temps avant d’encaisser un coup-franc splendide de Platini (52e). La fin de match est crispante mais Didier Six délivre les siens en inscrivant le but libérateur sur une offrande de Rochetau (2-0, 82e).

Bernard Lama repousse le tir au but de Clarence Seedorf lors du quart de finale de l'Euro 1996
Bernard Lama repousse le tir au but de Clarence Seedorf lors du quart de finale de l'Euro 1996

1996 : France-Pays-Bas 0-0 (5-4 tab)

Cette première confrontation dans une grande compétition entre les deux pays promet entre deux des favoris de l’Euro anglais. Les Français d’Aimé Jacquet, qui restent sur 26 matches sans défaite, renouent avec le gratin après avoir raté le Mondial 1994, la faute à un certain Kostadinov. Les Bataves, eux, viennent de concéder une large défaite à l’Angleterre (4-1). Cette rencontre ne restera pas dans les annales pour la qualité du jeu déployé. Les deux formations se neutralisent et les Pays-Bas peuvent s’estimer lésés lorsque l’arbitre n’accorde qu’un coup-franc après une main de Marcel Desailly (84e). Puis Clarence Seedorf devient maudit. Le brillant milieu de terrain néerlandais, seul face à Bernard Lama, perd son duel en prolongation. Puis il voit son tir au but stoppé par le gardien parisien, héros du match. Tous les tireurs français avaient, eux, réussi leur péno (Zidane, Djorkaeff, Lizarazu, Guérin, Blanc). Cruellement, la France s’inclinera aux tirs au but contre la République tchèque en demi-finales.

Frank De Boer, capitaine des Pays-Bas lors de l'Euro 2000
Frank De Boer, capitaine des Pays-Bas lors de l'Euro 2000

2000 : Pays-Bas-France 3-2

Ce duel n’est qu’un troisième match de groupe. Victorieux chacun de leurs deux premières rencontres face au Danemark et à la République tchèque, Français et Néerlandais se retrouvent pour régler la suprématie. Le sélectionneur Roger Lemerre n’aligne pas sa meilleure équipe, préférant faire reposer les cadres dans l’optique du quart de finale à venir. Il met au repos dix titulaires du match précédent pour ne garder que Marcel Desailly. Malgré tout, les Bleus se défendent bien et se montrent même entreprenants pour prendre deux fois l’avantage au score, Dugarry (8e) et Trezeguet (31e) leur permettant de mener 2-1 à la pause (but de Patrick Kluivert 14e). Sur une petite erreur de concentration de Lama, Frank De Boer égalise sur coup-franc (51e) et Zenden offre la victoire aux siens quelques minutes plus tard (59e). Les Français s’inclinent mais ils évitent la partie basse du tableau où l’Italie fait peur. Ils finiront l’Euro en beauté en triomphant successivement de l’Espagne (2-1), du Portugal (2-1 ap) et de l’Italie, tombeuse des Pays-Bas aux tirs au but, au bout du suspense (2-1 ap).

Robin Van Persie serre la main du sélectionneur Marco Van Basten lors de l'Euro 2008
Robin Van Persie serre la main du sélectionneur Marco Van Basten lors de l'Euro 2008

2008 : Pays-Bas-France 4-1

Ce match est un cauchemar pour les supporters français. Il s’agit d’un deuxième match de groupe pour les Bleus de Raymond Domenech qui ont concédé un match nul soporifique et inquiétant contre la Roumanie, supposée être le maillon faible (0-0). Débordés par des Bataves qui ont déjà estourbi l’Italie (3-0) quelques jours plus tôt, les coéquipiers de Lilian Thuram n’existent quasiment pas. Kuyt ouvre le score d’entrée (9e) et les Bleus sont heureux de ne rentrer qu’avec un but de retard aux vestiaires. Après la pause, Van Persie double la mise (59e). Thierry Henry réduit l’écart à la 71e minute mais Robben tue le suspense dans la foulée en redonnant deux buts d’avance aux Bataves. Irrésistibles, les hommes de Marco Van Basten marqueront même un quatrième but signé Wesley Sneijder dans les arrêts de jeu. Etrangement, les Oranje sortiront dès les quarts, victimes d’une grande Russie (3-1). La France achèvera la compétition avec un seul point et un seul but marqué (défaite 2-0 contre l’Italie lors du troisième match). Malgré cela, Raymond Domenech conservera son poste, deux ans avant le fiasco de Knysna.

Grégory Jouin @GregoryJouin