France Giroud Matuidi mains
Les Français Olivier Giroud et Blaise Matuidi | WILLIAM WEST / AFP

France-Nigeria: confirmer les attentes

Publié le , modifié le

L'équipe de France entre dans le vif du sujet face au Nigeria. Ce huitième de finale, le premier pour les Bleus depuis 2006 en Coupe du monde, est le rendez-vous que les hommes de Didier Deschamps ne doivent pas rater. Car les attentes sont nouvelles après ce premier tour convaincant et car le Nigeria est largement à leur portée.

Suivre en direct le 8e de finale France-Nigeria

La dernière fois que l’équipe de France a abordé un huitième de finale, Raymond Domenech était encore sur le banc tricolore et les Espagnols voulaient mettre Zinédine Zidane à la retraite. Huit ans plus tard, Zidane s’apprête à prendre la direction de la Castilla du Real Madrid et la nouvelle star tricolore évolue toujours au sein du club aux 10 Ligues des Champions. Karim Benzema est le nouveau fer de lance de l’équipe de France. Il n’était pas là en 2010 pour ce Mondial que l'on voudrait bannir, dont le bus et cette parenthèse s’éloignent au fur et à mesure que ces Bleus avancent. Car ils avancent. Depuis ce match charnière au Stade de France du 19 novembre 2013 contre l’Ukraine.

Portés par un nouveau souffle, une envie décuplée, un blason redoré, une attaque retrouvée (29 buts inscrits en 8 matches) et des prestations convaincantes, ces Bleus veulent désormais voir plus loin. Ils n’ont d’ailleurs pas hésité dans la semaine à afficher des ambitions beaucoup plus hautes qu’il y a trois semaines, avant de s’envoler pour le Brésil. La route passe par l’Afrique puisque le Nigeria se dresse désormais devant les Bleus. Ces Super Eagles, champions d’Afrique 2013, sortis deuxièmes derrière l’Argentine qu’il ne faudra pas prendre à la légère malgré leur classement Fifa (44e).

Les problèmes sont pour les autres

En 2010, en Afrique du Sud, les Bleus avaient été la risée du monde avec cette grève en mondovision. Quatre ans plus tard, les frasques et les polémiques sont loin et plutôt à aller chercher dans le camp d’en face. Officiellement le premier entraînement  post-qualification pour les 8e de finale des "Super Eagles" a été annulé car les joueurs du Nigeria voulaient du repos. Mais la presse du Nigeria et d'ailleurs s'interrogeait sur un éventuel problème de primes déjà connu au Mondial-2014 par le Cameroun et le Ghana, éliminés qui aurait pu perturber l'équipe. "Je n'étais pas à la réunion (...) Il se peut qu'il y ait eu quelque chose à voir avec ça (l'argent), mais il n'y a aucun problème (avec l'argent)", a affirmé, sans tout à fait convaincre, le porte-parole des "Super Eagles" Ben Alaiya. Quoiqu’il en soit, le Nigeria s’apprête à disputer le troisième 8e de finale de Coupe du monde de son histoire (après 1994 et 1998) et pourra compter sur Vincent Enyama, son dernier rempart pour stopper les attaques bleues. Il comptera aussi sur Ahmed Musa, auteur d’un doublé face à l’Argentine, pour gêner la défense tricolore.

Le retour de Valbuena

Pour ce match couperet, Deschamps sait où il va. La colonne vertébrale est connue depuis longtemps. De Lloris à Benzema, en passant par Varane, Cabaye, Matuidi et Valbuena, le onze ne sera pas loin de celui qui a débuté le Mondial contre le Honduras. "Petit Vélo" fait son retour après avoir été ménagé face à l’Equateur et avec lui, le liant – espère-t-on – qui a manqué contre el Tri (0-0). Trois doutes subsistent toutefois : Giroud sera-t-il associé à Benzema ? Sakho, incertain, laissera-t-il sa place à Koscielny ? Et Pogba, un peu en dessous, alors qu’on attend monts et merveilles de lui, s’assiéra-t-il sur le banc au profit de Moussa Sissoko ?

Seul Deschamps connaît la réponse à ces questions. Le sélectionneur sait toutefois qu’il peut compter sur tout le monde. Sur Olivier Giroud, remplaçant contrarié contre le Honduras et buteur omniprésent face à la Suisse. Sur Sissoko, milieu de devoir au profil travailleur et Griezmann, ailier au profil technique, parfait partenaire de Valbuena et Benzema. Pour tous ces Bleus, l’heure est désormais à la confirmation.  Le parcours quasiment sans faute a fait naître des espoirs. Démesurés peut-être – ils sont encore loin de la finale – mais bienvenus quand on sait d’où les Bleus reviennent. Une défaite gâcherait tout. Une victoire et les attentes grandiraient encore. L’ambition aussi. 

Benoit Jourdain @BenJourd1