Algérie
Les Algériens à l'entraînement | AFP PHOTO/ PHILIPPE DESMAZES

Fennecs plus ultra

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Opposée ce soir à la Russie en clôture de la phase de groupe du Mondial 2014, l’Algérie a l’occasion de marquer l’histoire en se qualifiant pour la première fois pour les huitièmes de finale. La victoire contre la Corée du Sud (4-2), qui a mis fin à une traversée du désert de 32 ans, a également mis en lumière toute une génération de joueurs prometteurs et talentueux. L’occasion rêvée de découvrir ces nouvelles pépites en passe de se faire une place dans les plus grands championnats européens.

Brahimi et Feghouli, les dynamiteurs espagnols

Sofiane Feghouli (21 sélections), formé du côté du Grenoble Foot 38, est parvenu à s’imposer au sein du onze titulaire du FC Valence. L’ancien international espoir français a énormément progressé sous la houlette d’Unai Emery, découvrant notamment la Ligue des Champions. Doté d’une grande qualité technique et d’une bonne vision du jeu, il a finalement choisi de porter le maillot des Fennecs fin 2011. Buteur sur penalty face à la Belgique, il est devenu le premier Algérien à inscrire un but en Coupe du Monde depuis Djamel Zidane en 1986. Aujourd’hui, il n’a qu’un seul objectif : faire mieux que la génération 1982. Un sacré défi.

Lui aussi originaire de la banlieue parisienne, Yacine Brahimi (6 sélections) s’est révélé au Clermont Foot Auvergne avant de tenter sa chance au Stade Rennais, son club formateur. Ecarté par Frédéric Antonetti, il est finalement prêté à Grenade, où il s’impose au poste de numéro 10. Ce milieu de poche (1m72, 65kg) n’est ni plus ni moins que le détenteur du meilleur ratio de dribble de la Liga devant les Messi, Neymar et autres Cristiano Ronaldo. Grand artisan du maintien de son club, il a tout naturellement choisi de porter les couleurs de son pays d’origine en février 2013. Après avoir ouvert son compteur but face à la Corée du Sud, nul doute que l’Algérie aura besoin de lui pour dynamiser l’attaque des Fennecs.

Ghoulam et Taïder, la Série A leur va si bien

L’Italie est également devenue depuis cette année une terre d’accueil pour la nouvelle vague algérienne, et notamment pour Faouzi Ghoulam (7 sélections). Après avoir fait toutes ses classes à l’AS St-Etienne, il est transféré en janvier dernier au Napoli où il a signé un contrat de quatre ans et demi. Sa rapiditié et sa bonne de qualité de centres font de lui le prototype de l’arrière latéral moderne. International algérien depuis mars 2013 et récent vainqueur de la Coupe d’Italie, il s’est fondu avec aisance dans le collectif napolitain.

Lui-aussi formé du côté de l’Isère, Saphir Taïder (12 sélections) s’est imposé comme une valeur sûre du championnat transalpin. Après la relégation du club en cinquième division, il débarque à Bologne en 2011 avant de signer l’été dernier à l’Inter Milan. Frère de l’ancien toulousain et international tunisien Nabil Taïder, il décide de rejoindre la sélection algérienne après l’échec des Fennecs à la CAN 2013. Buteur et passeur décisif dès sa première sélection, le jeune milieu de terrain poursuit son ascension fulgurante pour son premier Mondial.

Yacine Brahimi et Nabil Bentaleb célèbrent la victoire des Fennecs face à la Corée du Sud (4-2).
Yacine Brahimi et Nabil Bentaleb célèbrent la victoire des Fennecs face à la Corée du Sud (4-2).

Bentaleb et Mahrez, la nouvelle vague anglaise

Si les jeunes algériens ont la côte en Italie, ils commencent aussi à s’exporter en Angleterre. Symbole de cette évolution, le tout jeune Nabil Bentaleb (19 ans, 4 sélections), qui a explosé cette saison sous le maillot de Tottenham. Ecarté du centre de formation du LOSC en 2009, il s’exile en Belgique avant de s’imposer au sein du milieu de terrain des Spurs. Tim Sherwood le lance dans le grand bain de la Premier League fin décembre et lui accorde sa confiance jusqu’à la fin de la saison. Halilhodzic fait appel à lui en mars et trois mois plus tard, il s’affirme déjà comme un titulaire indiscutable de la formation du bosnien.

Il sera rejoint l’an prochain par Riyad Mahrez (3 sélections), vainqueur de la Championship avec Leicester City cette saison. Dernier arrivé dans la bande à Halilhodzic, cet enfant de Sarcelles effectue ses classes au Havre avant de franchir la Manche, comme beaucoup de jeunes talents avant lui. Depuis janvier, ce jeune ailier s’éclate parmi les coéquipiers de l’ancien guingampais Anthony Knockaert et impressionne le sélectionneur. Invité surprise de la liste de l’ancien joueur du PSG, à lui de pallier à son manque d’agressivité s’il veut s’imposer dans l’élite du football britannique.

Ghilas, héritier de Madjer

Vingt-huit ans après la venue de Rabah Madjer sur les bords du Douro, Islam Slimani et Nabil Ghilas (7 sélections) tentent de faire honneur au Ballon d’Or africain 1987. Marseillais d’origine, le second n’a pas réussi à accrocher le wagon du centre de formation. Repéré par le club portugais de Moreirense, il choisit de s’exiler à 20 ans et finit, trois ans plus tard, par attirer la curiosité du grand FC Porto, qui le recrute à l’été 2013. Pour sa première saison, le cadet des Ghilas peine encore à faire parler la poudre (4 buts cette saison). Il est néanmoins venu renforcer l’effectif de Coach Vahid en juin dernier, dans un rôle de joker qui lui convient bien. Gros travailleur, il aura sans doute à cœur de démontrer les progrès réalisés depuis quatre ans. Comme tout le football algérien en somme.