Faut-il avoir peur de la Suisse ?

Faut-il avoir peur de la Suisse ?

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Elle sera le premier gros test de la bande à Didier Deschamps dans ce Mondial brésilien. Futur adversaire de l'équipe de France vendredi, la Suisse est une nation qui grandit. Une montagne trop haute pour les Bleus ? Voici quelques éléments de réponse.

6e au classement Fi​fa

Tête de série d'un Mondial pour la première fois de son histoire, la Suisse a bénéficié des nouvelles règles de la Fifa en la matière. Un statut usurpé ? Sa 6e place au classement de la Fifa interpelle jusqu'à l'intérieur de la Nati. "Ce classement, personne n'y comprend rien, nous les premiers, avoue Michel Pont, entraîneur-adjoint de la Suisse. Mais nous l'acceptons avec plaisir, et nous en sommes fiers". Si la Suisse n'est pas une place forte du football mondial, ses résultats parlent pour elle depuis quelques années. La formation Helvète a notamment terminé première de son groupe en restant invaincue (7 victoires et 3 nuls). Guy Stephan, adjoint de Didier Deschamps, connaît la valeur des Suisses et sait qu'elle veut mieux que sa victoire étriquée contre l'Equateur. "La Suisse, aujourd'hui, fait partie des meilleures nations mondiales. J'ai vu certains autres de ses matches où elle a été beaucoup plus performante que contre l'Equateur. Sa position actuellement n'est pas une surprise, après tous les efforts fournis dans les années 1990 pour la formation. La Suisse a dernièrement été championne du monde M17, vice-championne d'Europe M21, elle obtient des résultats parce qu'elle travaille beaucoup avec ses jeunes." Si les résultats se font encore attendre au plus haut niveau, la Suisse est une nation en devenir.

Aucune victoire contre les Bleus en matches​ officiels

L'histoire des France – Suisse est favorable aux Bleus. Les Suisses n'ont d'ailleurs jamais battu les Français en compétition officielle et leur dernier succès en amical remonte au 27 mai 1992. Ils surfent là-dessus et la puissance retrouvée des Bleus. Mieux classés oui mais question d'être favori de ce match. "Favoris ? Vous aimez bien ce mot-là en France, hein ?", a lancé Steve von Bergen. "C'est la France qui est favorite", assure le défenseur central des Young Boys Berne. Même son de cloche côté staff. "Très sincèrement, en tant que Suisse Roman, ayant grandi à Genève, bercé par le foot français, je vous assure qu'on ne peut  pas comparer le foot suisse et le foot français", ajoute pour sa part l'entraîneur-adjoint Michel Pont. Au-delà de la culture, le technicien suisse se méfie d'une équipe française retrouvée. "Franchement, l'équipe actuelle m'impressionne, enchaîne-t-il.  Elle a trouvé l'harmonie et un état d'esprit. La France a toujours eu une qualité technique et de formation au-dessus de la moyenne, elle retrouve simplement son niveau normal, qu'elle n'aurait jamais dû quitter". Admiration réelle ou intox d'avant-match ?

Une Nati qui croit en ses chances

Souvent considérée comme parent pauvre du foot européen, la Suisse ne veut plus jouer les seconds rôles. Depuis ses récentes victoires contre l'Espagne (2010), l'Allemagne (2012) et le Brésil (2013), elle se sent capable de renverser des montagnes. Il n'y a pas de raison que ça n'arrive pas un jour contre la France. "A un contre un face à la France, on perd. Les Français possèdent les meilleures individualités, reconnaît Valon Bherami dans les colonnes du Matin. Mais nous avons deux atouts: notre faculté de bien défendre et cette énergie positive que nous ressentons depuis dimanche." Ce but victorieux de Seferovic dans les dernières secondes face à l'Equateur a dynamisé un groupe. Les Suisses font tout pour que cette confiance ne retombe pas. "L'équipe vit sur l'émotion vécue contre l'Equateur, explique Behrami. Ces trente dernières secondes ont donné quelque chose d'incroyable à l'équipe. Si on avait perdu, on était mort, avant de jouer contre l'équipe la plus forte. Quand on travaille comme ça et qu'on gagne, on a encore plus de force pour faire mieux". La Suisse prend cette rencontre comme une finale. Celle du groupe E. "Sur un match, on ne va pas se gêner si on peut battre la France, nous n'avons rien à perdre", assure Michel Pont. A condition de mieux débuter qu'à Brasilia. "Si on joue  au même niveau que contre l'Equateur, ça n'ira pas", conclut-il, rappelant que ses joueurs ont eu les jambes flageolantes en première période. Mais ça, c'était avant le but libérateur de Seferovic.

Xavier Richard @littletwitman