Espagne bus impérial à Madrid dans la foule
Le bus transportant l'équipe d'Espagne cerné par la foule dans les rues de Madrid | AFP - Lluis Gene

Espagne: fièvre royale pour ses champions

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Tous les Espagnols vivent un grand moment qui a débuté dimanche soir après le but d'Iniesta. Les joueurs et le staff de la Seleccion se sont posés vers 15h à l'aéroport de Madrid où ils ont été ovationnés par des milliers de supporters. Le capitaine Iker Casillas a brandi la Coupe du monde en sortant de l'avion. Ils ont été reçus à 17h55 par le roi Juan Carlos au Palais Royal, puis par le Premier ministre Zapatero une heure après. Puis, ça a été la liesse populaire.

Les ors du Palais Royal. Voilà à quoi ont eu droit les joueurs espagnols en début de soirée. L'équipe est en ce moment même reçue au Palais royal par le roi Juan Carlos qui n'avait pu se rendre à Johannesburg à cause d'un état de santé toujours délicat après son opération au poumon en juin. La reine Sofia était elle présente en Afrique du Sud pour ce match, et elle était encore là, aux côtés du roi, pour féliciter les précurseurs en compagnie du prince Felipe et de la princesse Letizia, qui ont également fait le voyage retour pour être présents au Palais Royal. Juan Carlos a ainsi pu faire une très chaleureuse accolade à certains membres de l'équipe, comme Xavi, Iniesta ou encore Puyol sans oublier le capitaine Casillas, avant de se livrer à un petit et rapide discours: "Merci les champions, au nom de toute l'Espagne et de tous les Espagnols. C'est un triomphe bien mérité pour une sélection exceptionnelle qui a fait vibrer le coeur de tous les Espagnols", a-t-il dit, avant de parler de l'"orgueil de voir l'Espagne championne du monde" ce qui "rassemble les Espagnols et projette le nom de l'Espagne dans le monde entier". Puis, il prenait place au milieu de ses troupes, la Coupe du monde en mains . Puis, Iker Casillas lui a offert, sous l'ovation de ses coéquipiers, un maillot de la sélection alors que les deux filles du prince Felipe, vêtues d'un maillot rouge de l'équipe, en profitaient pour se joindre à cette photo "presque" familiale, effleurant même le trophée tendu par Casillas. Dans cette splendide enceinte, le protocole était réduit au minimum pour des joueurs certainement exténués par une nuit très courte et un voyage retour très long. Des rires, des sourires, et un prince Felipe particulièrement à l'aise au centre de l'équipe, lui, l'ancien handballeur de haut niveau, tout comme la reine Sofia.

Pendant ce temps, la foule s'amassait à Madrid, chauffée à blanc dans l'attente de voir leurs héros et le précieux trophée. Mais avant de rejoindre le "peuple", les champions du monde ont d'abord félicités par le chef de gouvernement José Luis Rodriguez Zapatero, grand fan de la "Seleccion" et supporteur de longue date du FC Barcelone, l'équipe catalane qui forme avec le Real Madrid, l'ossature de "la Roja". Une estrade était d'ailleurs installée pour accueillir l'équipe, avec une banderole "Felicadades Campeones", Vicente del Bosque et Iker Casillas se livrant à un petit discours, le gardien de but rappelant que "cela fait plusieurs années que cette équipe cherche à être au plus haut niveau". Et le Premier ministre a rendu hommage "à la victoire de 23 joueurs", précisant que tout un peuple était derrière eux, rendant un hommage particulier à Iniesta, qui lui a, à son tour, remis un maillot de la Roja avec cette étoile brodée et la signature de tous les joueurs. Le buteur de la finale a été, du coup, invité à s'exprimer: "Si j'avais su que je devais parler, je n'aurais pas marqué ce but", commença-t-il avec humour. "Cette Coupe est à vous tous".

Ce n'est qu'après les hommages officiels que les joueurs ont pris place dans un bus découvert pour parcourir les grandes artères de la capitale, noires de monde, avant une gigantesque fête d'apothéose près du palais royal, proche du rio Manzanares, où ils étaient beaucoup plus que les 150.000 personnes que pouvait contenir ce lieu en temps normal. Sur les flancs du bus, était inscrit en jaune "campeones". Le parcours de 8km dans les rues de la Capitale a été particulièrement longue et lente, pour le plus grand plaisir des supporteurs.