Didier Deschamps
Didier Deschamps tout sourire en conférence de presse à Clairefontaine | BERTRAND GUAY / AFP

Deschamps: "Une relation de confiance à créer"

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Entre la gestion d'une équipe de France en quête de rédemption, celle d'un Karim Benzema muet à l'Euro et une charnière centrale hétérogène, Didier Deschamps a bien des chantiers devant lui avant d'affronter la Finlande, vendredi. "Il y a une relation de confiance à créer. Mais je ne suis pas là non plus pour leur dire: 'Tu ne peux pas faire ça, tu dois faire ça'. Ce ne sont pas des enfants non plus, je ne suis pas un instit à la maternelle ou au collège", dit-il.

Comment avez-vous analysé l'Euro sans but de Benzema ?
Didier Deschamps:
 Il est arrivé à l'Euro après une très bonne saison mais il a des partenaires différents autour de lui. Il s'est mis en tête aussi d'être décisif, peut-être qu'il a poussé loin ce raisonnement. Il a sa part de responsabilité certainement, mais ça dépend de l'animation qu'il y a derrière lui. Mais c'est plus dur aussi, c'était un Championnat d'Europe, une compétition internationale. Cela lui sert d'expérience. Il doit se nourrir de cela et faire en sorte qu'on ne lui repose plus cette question. Les attaquants ont beau faire un bon match, s'ils ne marquent pas, ils auront toujours une certaine frustration. Mais il a ma confiance. C'est un attaquant de haut niveau.

Où en est votre réflexion quant à la charnière centrale ?
D.D.:
Elle mûrit. La difficulté à laquelle on est confronté, c'est que les quatre joueurs ne sont pas au même niveau en terme de rythme. Laurent (Koscielny), son dernier match de 90 minutes, c'est celui contre l'Espagne. Depuis il a très peu joué. Il s'est entraîné, il a été freiné... Adil (Rami) a eu une préparation courte. C'est ça le souci. On a deux autres joueurs (Yanga-Mbiwa et Sakho, ndlr) qui ont moins d'expérience internationale mais qui jouent des matches complets en club et qui ont joué contre l'Uruguay. Ils sont jeunes, je sais bien. Mais ça c'est un constat qui ne changera pas.

Ce stage est marqué par le retour de Jérémy Ménez. Comment faites-vous pour gérer ce genre de joueurs ?
D.D.:
 Je ne vais pas faire un cas de Jérémy Ménez. Il y a une relation de confiance à créer. Mais je ne suis pas là non plus pour leur dire: "Tu ne peux pas faire ça, tu dois faire ça". Ce ne sont pas des enfants non plus, je ne suis pas un instit à la maternelle ou au collège. Je suis là pour les accompagner et tout ce qui leur permettra d'être à l'aise les aidera dans leur expression sur le terrain. Certains joueurs sont plus souriants que d'autres, plus ouverts que d'autres, plus expressifs, certains aiment rigoler, d'autres sont plus introvertis. Je ne suis pas là pour changer la personnalité et le caractère, je n'ai pas cette capacité. Ménez est comme il est. Il a fait des efforts pour qu'on ne puisse pas lui coller cette étiquette de joueur qui fait la tête. C'est important, ce n'est pas ça qui va le rendre meilleur sur le terrain mais pour un footballeur de haut niveau, très médiatisé, il y a l'image et l'attitude. Mais il vaut mieux avoir des joueurs qui sont bons sur le terrain.

AFP