Didier Deschamps France triste 112013
Didier Deschamps, un brin triste | AFP

Deschamps devant ses responsabilités

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La défaite 2-0 en barrages aller du Mondial contre l’Ukraine est le premier gros camouflet du sélectionneur Didier Deschamps. Celui qui avait réussi partout où il est passé, est à 90 minutes d'un échec cinglant avec les Bleus. A Kiev, il a été incapable de transcender ses hommes. Mardi soir à Saint-Denis, Deschamps va devoir trouver les mots et la recette pour partager sa culture de la gagne à un groupe qui en a bien besoin.

La France n’est pas encore éliminée du Mondial et le bilan de Didier Deschamps n’est pas encore totalement assombri. Mais avec sept victoires, quatre nuls et six défaites, celui-ci n’est pas très flatteur à l’orée d’un rendez-vous capital pour l’équipe de France. Si les Bleus venaient à l’emporter mardi soir au Stade de France, on oublierait une tournée catastrophique en Amérique du Sud cet été et un match à Kiev qui a vu l’équipe de France passer à côté. La faute aux joueurs qui n’ont pas tout donné et qui n’ont pas répondu au défi physique imposé par les Ukrainiens. La faute aussi à Didier Deschamps. Celui qui a appris à gagner en tant que joueur avec la Juventus, le capitaine d’une équipe de France triomphante, championne de tout entre 1998 et 2000, cet homme-là qui a toujours haï la défaite, était abattu vendredi en conférence de presse. Dimanche, devant cette même presse, il a repris du poil de la bête. "On a pris une gifle (2-0 à Kiev, vendredi, ndlr), on a une possibilité de renverser la tendance, a-t-il déclaré. Elle est là, elle est réelle. Peu importe qu'elle soit petite, moyenne, grande. Ce n'est pas simple mais il faut débuter le match avec cet état d'esprit." Des paroles dirigées vers ses joueurs qui l’ont déçu.

Match total

"Match total", Deschamps a insisté sur ce concept durant sa conférence de presse. "Dans la détermination, la volonté, il faudra avoir une aptitude à enchaîner les efforts, à faire les efforts les uns pour les autres. Le match doit être total dans tous les compartiments du jeu". Il sait que ses troupes ont fait preuve de suffisance à Kiev. Lui, à l’instar de ses joueurs, a subi les événements. Ses changements de joueurs en cours de match, faits en réaction plus qu’en action, n’ont rien apporté. Il est facile de critiquer après coup, mais la titularisation de Nasri dans un rôle de meneur, là où il a rarement rayonné, était un pari osé, voire perdu d’avance. Mais là où le bas blesse encore plus, c’est dans son incapacité à remobiliser et bousculer des joueurs "mangés" dans l’engagement. Le voilà donc condamné à trouver en trois jours des solutions alors qu’il tâtonne depuis sa prise de fonction. A part quelques exceptions (Espagne-France 1-1, Italie-France 1-2), et les prestations contre l’Australie (6-0) et la Finlande (3-0), les Bleus ont rarement convaincu dans le jeu. Réaliser une prestation majeure et s’ouvrir le chemin du Mondial, les Bleus en ont l’occasion. "Le haut niveau c'est ça, a asséné l'ancien entraîneur de l'OM. Les joueurs l'ont et s'il y a un match où il faut le démontrer c'est mardi." Un moyen de les mettre face à leurs responsabilités et titiller cette "culture de la gagne" qu’il a apprise et inculquée à tous les groupes qu’il a eu sous la main.

Premier échec ?

Cet échec qui guette les Bleus serait en partie celui de Deschamps. L’intéressé en a conscience et ne veut même pas l’envisager. "Le premier qui doit y croire c'est moi, a-t-il aussi relevé. Pour réussir quelque chose qui sort de l'ordinaire, il faut se mettre dans l'idée que c'est possible. Ca demande beaucoup de choses mais c'est possible." L’impossible, il l’a déjà réalisé. En tant que joueur ou sur un banc. L’ancien capitaine des Bleus a soulevé la Coupe du monde et l’Euro. Les succès, il en a connu en tant qu’entraîneur. Sur le banc de Monaco, il a atteint la finale de la Ligue des Champions. Non sans avoir réalisé une "remontada" historique contre le Real Madrid en quarts de finale. "Ça fait partie de l'histoire. Ça ne fait qu'argumenter le fait que c'est possible. Oui, c'est possible", a-t-il répondu au moment d'évoquer ce souvenir. La Juventus était au purgatoire après le Calciopoli, il l’a faite remonter en Série A après un titre de champion. Enfin à Marseille, l'OM courrait après un titre depuis 18 ans, là encore le Basque a mené le club phocéen sur le chemin du succès. Cette culture de la gagne, qui ne l’a pas quitté depuis les 12 ans passés à entraîner, s’est envolée subitement et au plus mauvais moment vendredi. "DD" a encore une rencontre pour prouver qu’il a toujours la recette. Afin de ne pas vivre un échec qui ferait tâche.

Vidéo: Deschamps: "On doit le faire"

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