Bleus Abidal Valbuena Benzema
Ce soir, Abidal, Valbuena et Benzema tenteront de renouer avec la victoire. | AFP - FRANCK FIFE

Des Bleus en quête de victoires

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Après trois défaites consécutives, Didier Deschamps peine toujours à dégager une équipe type. Pourtant, à quelques semaines des barrages pour le Mondial 2014, les Bleus doivent à tout prix retrouver le goût de la victoire. Première étape avec la Belgique ce soir, dans un match qui n'a plus rien d'amical.

Quand l'avenir s'annonce périlleux, il est une propension très humaine qui consiste à se tourner vers le passé. Une tendance, dont l'issue n'est plus forcément la nostalgie, mais le salut. 

Souvenez-vous. En 2005, des matches nuls vierges à domicile contre Israël, l'Eire ou la Suisse allaient sérieusement compliquer la qualification des Bleus pour la Coupe du Monde en Allemagne. Le sélectionneur Raymond Domenech n'avait pas le choix : il fallait rappeler les "tauliers" de 98. Zinédine Zidane, Lilian Thuram et Claude Makelele acceptent la requête de l'ancien entraineur lyonnais et assurent la présence de la France en Allemagne (grâce à un succès au forceps à Dublin, 1-0 but de Thierry Henry). Quelques audacieux affirmeront que, comme Domenech à l'époque, Didier Deschamps se trouve aujourd'hui dos au mur. Et qu'il voit en le retour d'Eric Abidal, finaliste de la Coupe du Monde 2006, et Samir Nasri - éternel grand espoir du foot français - une opportunité de hisser le groupe tricolore sur le  toit du monde, ou en tout cas pas très loin. Car après trois défaites contre l'Espagne, l'Uruguay, et le Brésil, Didier Deschamps a compris que le chemin vers le Brésil était encore semé d'embûches.  

Deschamps cherche (encore) un équilibre 

L'ancien entraineur marseillais a donc pris le risque de rappeler Samir Nasri et Eric Abidal. En ce qui concerne le milieu de Manchester City, Didier Deschamps se doutait bien qu'il allait s'attirer les foudres d'une partie de la presse. Pourtant, son choix de rappeler le meneur de jeu corrèle totalement avec la ligne de conduite présentée il y a un an, à savoir que tous les joueurs français étaient susceptibles d'être appelés en équipe de France. Lundi après-midi, à l'occasion d'une conférence de presse à Clairefontaine, l'ancien capitaine des bleus a d'ailleurs précisé au sujet de Nasri qu'il "ne fallait pas avoir de position radicale", et que "tout le monde avait le droit à une seconde chance". Et justifie son choix en brandissant l'argument sportif :"je considère qu'il a des qualités intéressantes, qu'il est plus offensif qu'un milieu de terrain classique". C'est d'ailleurs le même argument qui l'a conduit à faire de nouveau appel à Eric Abidal. Demain, il devrait composer avec Laurent Koscielny la charnière de l'équipe de France, Varane étant tout juste en phase de reprise, et Sakho pâtissant toujours de son manque de temps de jeu au PSG. A deux ou trois mois des barrages, Didier Deschamps cherche toujours un équilibre. Le temps presse.

Avec Kondogbia et Guilavogui

Au regard des dernières oppositions à Clairefontaine, des tendances claires se dégagent. Gael Clichy, sélectionné pour la tournée sud-américaine en juin dernier, avait dû abandonné ses coéquipiers en raison d'un réveil de pubalgie. Contre la Belgique, il devrait être titularisé, comme Bacary Sagna, son pendant à droite.  Au milieu, le milieu du Séville FC Geoffrey Kondogbia semble tenir la corde. Certes, le jeune joueur de 20 ans profite des suspensions de Matuidi, Pogba, Cabaye. Mais il veut montrer que sa présence dans le groupe France n'est pas qu'une histoire de circonstances. Pour Jean-Louis Garcia, son ancien entraineur à Lens, les Bleus vont découvrir un joueur "capable de se projeter vers l'avant, d'éliminer, de faire des différences avec une très belle patte gauche". Au milieu, il sera épaulé par le Stéphanois Joshua Guilavogui, très apprécié de Didier Deschamps. Les deux molosses auront la lourde tâche de ratisser et de lancer sur orbite les offensifs. Devant justement, Mathieu Valbuena, devenu incontournable au regard de ses dernières sorties avec les Bleus, devrait mener le jeu. Dimitri Payet et Franck Ribéry,  déjà en pleine bourre avec l'OM et le Bayern Munich, devraient occuper les ailes et tourner autour de Karim Benzema. 

Face à la Belgique, l'équipe de France sera attendue. Elle doit trouver des automatismes, et vite. En face, Witstel, Hazard et consorts ne les attendront pas. 

Jean Charbon