Raphaël Varane
Raphaël Varane exulte après l'ouverture du score contre l'Uruguay | Mladen ANTONOV / AFP

Coupe du monde 2018 : Varane, la tête à l'endroit

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Dominé dans les airs sur le but allemand qui avait éliminé les Bleus il y a quatre ans en quart de finale de la Coupe du monde, Raphaël Varane a pris une éclatante revanche en ouvrant le score, de la tête, face à l'Uruguay. Tranchant dans ses interventions et serein pour calmer les esprits de ses coéquipiers, le défenseur français a symbolisé toute la solidité française.

En dépit de toutes ses performances et de toutes ses victoires, Raphaël Varane continuait à traîner ce match comme un boulet. Personne n'a oublié. Le Maracana. La touffeur ambiante. L'Allemagne en face. Et cette terrible 13e minute où Mats Hummels, l'homologue de Varane côté Mannschaft, prend le dessus sur le Français à la réception d'un coup-franc de Tony Kroos et claque une tête victorieuse. La France ne s'en remettra pas et s'inclinera sur cet unique but. 

"Il a mieux joué ou a été plus malin ? Les deux. Bravo à lui. C’est le seul duel qu’il remporte dans ce match face à moi. Malheureusement, il coûte cher", regrettait Varane dans les colonnes de L'Equipe. "Mais on apprend chaque jour. J’ai progressé depuis. D’ailleurs, j’ai été sévèrement expulsé récemment face à l’Athletic Bilbao pour avoir un peu trop utilisé mes bras", explique le défenseur du Real Madrid. Le temps, et l'expérience, lui ont finalement donné raison.

De victime à bourreau

Quatre ans plus tard, au même stade des quarts de finale de Coupe du monde, Varane est passé de victime à bourreau. En coupant de la tête, au premier poteau, un coup-franc de Griezmann, le Français a débloqué la situation en même temps qu'il ouvrait une voie royale vers les demi-finales. Si Varane a toujours été bon dans le domaine aérien, bien aidé par sa taille (1,91m) et par son sens du timing, on lui a souvent reproché de ne pas être assez rugueux, voire vicieux, dans les duels en altitude. Le travail quotidien aux côtés de Sergio Ramos, un spécialiste de la matière, a sans doute aidé le tricolore à déployer encore plus ses ailes. 

Mais Varane ne s'est pas contenté de marquer et d'impulser. Il a aussi colmaté et calmé. Sa première intervention du match, une relance complètement ratée, fut sa seule fausse note. Par la suite, le défenseur du Real a rayonné face à Suarez et aux siens, ne cédant jamais à la panique. Lui dont tout le monde dit, au sein du groupe bleu, qu'il a su forcer sa nature pour prendre davantage la parole, a confirmé son influence grandissante en venant éteindre le feu quand Mbappé ou Pogba commençaient à monter dangereusement en température. Buteur et leader, Varane a décidément une tête bien faite. 

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