Mesut Özil et Mats Hummels
Mesut Özil et Mats Hummels après la défaite face à la Corée du Sud. | BENJAMIN CREMEL / AFP

Coupe du monde 2018 : l'Allemagne, une sortie et un séisme

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Humiliée par la Corée du Sud mercredi (2-0), l'Allemagne est sortie abîmée de ce Mondial 2018. Dernière de son groupe, la Mannschaft quitte la compétition dès la phase de groupes pour la première fois de son histoire. Le choc encaissé, l'heure est aux premières interrogations, et donc aux premières conclusions.

Des attaques désorganisées, un concours de maladresse, un Manuel Neuer valeureux mais malchanceux. Et un coup de sifflet final. Le glas d'un scénario déjà esquissé depuis la défaite inaugurale face au Mexique (1-0). Une défaite et une élimination logiques tant les Allemands n'ont pas su concrétiser une domination stérile. Et un séisme pour la Nationalmannschaft, championne du monde en titre. 

L'Allemagne rejoint donc la France (2002), l'Italie (2010) et l'Espagne (2014), champions du monde en titre déchus dès les poules à l'édition suivante. Pour une sélection à 4 victoires et 12 demi-finales, ça fait plus que désordre. Les médias allemands en ligne soulignaient "une honte historique". "Notre cauchemar de la Coupe du Monde est devenu réalité", s'exclame de son côté le journal populaire Bild. Et en plus "nous sommes derniers du groupe"

Le quotidien titrait d'ailleurs jeudi la même une qu'après l'incroyable victoire face au Brésil en 2014 (7-1) : "Sans mots". Comme pour marquer brutalement le coup d'arrêt, la fin d'une ère à son apogée il y a quatre ans et désormais sur le déclin.

Thomas Müller, Mesut Özil, Sami Khedira : les fers de lance annoncés sont passés totalement au travers de leur Coupe du monde. Mais personne n'a vraiment pris le relais. Toni Kroos a sauvé les siens à la dernière seconde face à la Suède (2-1), mais c'était un écran de fumée. Timo Werner et Julian Brandt sont encore trop bruts pour une telle compétition. 

Gary Lineker, alors international anglais, avait lancé dans les années 1990 une formule passée à la postérité : "Le football est un jeu où 22 types courent après un ballon, et à la fin c'est l'Allemagne qui gagne". Devenu consultant vedette, il a twitté mercredi : "22 types courent après le ballon et à la fin les Allemands ne gagnent plus".
    

Löw va-t-il rester ?

Joachim Löw, sélectionneur allemand, dont le contrat a été prolongé juste avant le Mondial jusqu'en 2022, peut-il rester en poste après un tel tremblement de terre ? Interrogé par la ZDF, l'intéressé a déclaré qu'il était "trop tôt" pour répondre. "Il faut quelques heures pour y voir clair, la déception est très profonde en moi (...) on va devoir mener des discussions demain (jeudi), on verra comment ça continue", a-t-il-dit.

"L'équipe a perdu plus qu'un match, beaucoup de ce que nous avions construit depuis des années", a-t-il continué. Manuel Neuer, capitaine malheureux, lui a emboîté le pas : "C'est une heure sombre pour le football allemand." Habituée aux sommets, la Mannschaft est retombé sur terre de manière foudroyante : elle n'avait jamais quitté le Mondial avant les quarts depuis son retour en Coupe du monde en 1954.

Changement de cycle

Alors, quelles conclusions l'Allemagne doit-elle tirer ? Poussive dans le jeu, elle a surtout manqué de ce qui avait sa force en 2014 : le réalisme. Froid et implacable. A vouloir contrôler le jeu, la Mannschaft s'est sans doute perdue. Mais ça ne date pas d'hier. Les signes précurseurs étaient-ils pris au sérieux ? L'Allemagne avait globalement raté sa préparation. Mats Hummels, dont la tête mal placée en fin de match aurait pu sauver les siens, le résumait laconiquement : "Notre dernier bon match ? Octobre 2017..."

Il faudra sans doute changer des hommes. Mais tout n'est pas à jeter. L'Allemagne reste l'Allemagne : une équipe très homogène, dont la prochaine génération incarne déjà le présent, avec Kimmich (23 ans), Draxler (24 ans) et Werner (22 ans). Mais pour l'heure, des heures compliquées s'annoncent pour la Mannschaft. L'heure des comptes a sonné avec le retour au pays jeudi. Atterrissage prévu en début d'après-midi à Francfort.

Avec AFP.

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