Coupe du monde 2018 : La Croatie, l'énergie de l'espoir

Publié le , modifié le

Auteur·e : Théo Gicquel
Les Croates lors de la victoire face à la Russie
Les Croates lors de la victoire face à la Russie | CHRISTIAN CHARISIUS / DPA

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La Croatie, qui reste sur deux qualifications acquises après 120 minutes et une séance de tirs aux buts, arrive face à l'Angleterre sur les rotules. Mais les Croates, qui vivent avec le souvenir de leur seule demi-finale en 1998, sont capables de trouver les ressources pour terrasser des Three Lions aussi inexpérimentés qu'eux à ce niveau.

Par deux fois, Ivan Rakitic a sauvé les siens. Auteur des deux penaltys de la victoire face au Danemark en huitième puis face à la Russie en quart, le milieu du FC Barcelone a envoyé les siens au tour suivant coup sur coup. Mais que ce fut dur.

Au terme de 180 minutes haletantes, où elle a concédé à chaque fois l'ouverture du score, la Croatie a trouvé les ressources pour s'imposer au bout du suspense.  "On n'a pas bien joué en première période, on n'a pas contrôlé le match comme on le souhaitait. Mais on a encore montré du caractère", a lâché le capitaine Luka Modric, après le quart de finale face à l'hôte russe.

Le stress des Croates lors de la séance de tirs aux buts face à la Russie.
Le stress des Croates lors de la séance de tirs aux buts face à la Russie. © Frank Hoermann / SVEN SIMON / Sven Simon / DPA

La Croatie est seulement la deuxième équipe a passer deux tours d'affilée en Coupe du monde aux tirs au but, après l'Argentine de Diego Maradona en 1990. C'est dire les pas dans lesquels marchent les hommes de Zlatko Dalic. Cette année-là, les Argentins avaient atteint la finale, perdue face à l'Allemagne de l'Ouest (1-0).

Des Croates éreintés ?

Désormais, place à l'Angleterre. Mais dans quel état de forme ? Avec 180 minutes disputées contre 90 pour les jeunes Anglais, la fraîcheur physique va forcément compter pour le 6e match de compétition. A ce compte-là, les Croates sont en grand danger. 

Face à la vivacité et la projection de Lingard, Kane ou Sterling, tenir les couloirs pendant 90 minutes minimum ne sera pas un mince exploit. Mais le sélectionneur est confiant : son groupe vit bien et surtout, avance dans le même sens. "Nous sommes ensemble depuis 40 jours, 35 hommes, et l'ambiance est fantastique, pas le moindre petit incident (hormis Kalinic, ndlr), assure Dalic. Et ils souffrent, se motivent les uns les autres."

D'autant que leurs individualités peuvent faire la différence : la rage de Mandzkukic, la technique de Rakitic et surtout l'intelligence de Modric peuvent faire trembler des Anglais qui ont encaissé 4 buts en 6 matchs.  "La Croatie a un milieu de terrain fantastique, avec en particulier Modric, un joueur fabuleux, le meilleur joueur croate de tous les temps", s'enflammait l'ex-international Alen Boksic avant le début du tournoi. 

Le souvenir de 1998 dans toutes les têtes

Il faudra néanmoins vaincre un héritage lourd : la seule demi-finale de l'histoire de la Croatie, en 1998. Un bon souvenir pour les Français et Lilian Thuram, qui avait envoyé les Bleus en finale grâce à son doublé.

Sélectionneur des "Flamboyants" lors du Mondial français il y a vingt ans, Miroslav "Ciro" Blazevic concède avoir été "un peu orgueilleux jusqu'à il y a quatre ou cinq ans", "en quelque sorte content que la barre ait été placée si haut en 1998 qu'il était déjà difficile de la regarder, sans même imaginer la franchir".

Sans cesse ramenée à ses aînés, la génération suivante a souffert la comparaison, elle qui n'a jamais passé le premier tour depuis 1998 (trois éliminations, non qualifiée en 2010).  "Nous revenions toujours aux médaillés de bronze de 1998, ce qui représentait un fardeau pour Modric et son équipe (...) depuis samedi (victoire en quarts contre la Russie), la douleur a disparu et nous revivons enfin 1998", poursuit le quotidien sportif Sportske Novosti.

Désormais au niveau de son illustre aîné, la "génération Modric" a l'occasion de la surpasser mercredi (20h) en domptant l'Angleterre. Et d'imposer à son tour un héritage lourd à porter. Mais avant, ils se donnent le droit de rêver d'une première étoile sur le maillot à damier.

Avec AFP.
  

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