Rio Mavuba et Eden Hazard lors de leur passage à Lille
Rio Mavuba et Eden Hazard lors de leur passage à Lille. | DENIS CHARLET / AFP

Coupe du monde 2018 : Hazard, "un phénomène dès 16-17 ans", se souvient Mavuba

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"Tout de suite, on a vu qu'il avait quelque chose en plus, c'était un phénomène dès 16-17 ans": l'ancien international français Rio Mavuba raconte à l'AFP les débuts du Belge Eden Hazard à Lille et donne sa vision du choc France-Belgique mardi en demi-finale du Mondial 2018.

Quand avez-vous vu Eden Hazard pour la première fois ?
Rio Mavuba : "Je venais de signer à Lille et j'étais en train de déjeuner avec Claude Puel (l'entraîneur). Il m'a dit 'on a deux phénomènes de 16-17 ans'. C'était Eden Hazard et Yannis Salibur, les deux étaient ultra doués par rapport à leur âge. Hazard, tout de suite on a vu qu'il avait quelque chose en plus, une facilité à éliminer, une frappe de balle des deux pieds... Je suis toujours son évolution. Je l'ai vu grandir à Lille. C'est avec lui qu'on a remporté le doublé (championnat et Coupe de France en 2011). Il a eu une progression constante, pas fulgurante. A Chelsea, c'était difficile d'aller chercher un titre européen, mais ils ont gagné le championnat (2015 et 2017) et ce qu'on le voit faire au Mondial, c'est impressionnant".

Pourquoi est-il plus performant en sélection aujourd'hui ?
RM : "C'est qu'il est beaucoup plus soutenu. L'équipe de Belgique est beaucoup plus cohérente. Il est toujours le chef de cette équipe mais il a des soutiens un peu partout avec Courtois (le gardien), Kompany (défenseur) ou De Bruyne (attaquant). Avant, on attendait qu'il fasse tout tout seul. Aujourd'hui, il n'est plus le seul danger et ça libère de l'espace". 

Comment la France peut-elle faire face à lui ?
RM : "Il va falloir le prendre collectivement, à deux ou à trois car en un contre un, il va forcément passer à un moment donné..."

Avec son armada offensive, la Belgique est-elle favorite ?
RM : "Non sincèrement le favori, ça reste quand même nous (la France). On est finaliste de l'Euro 2016. On n'est pas largement au-dessus, mais je pense qu'on part avec un petit avantage, même s'il faudra se méfier de leur potentiel offensif. C'est du 55-45 je pense".

Côté français, que retenez-vous de ce Mondial ?
RM : "Moi, je suis amoureux d'un joueur... C'est N'Golo Kanté. C'est aussi parce que c'est le même poste que le mien. J'adore tout ce qu'il fait. Il ne fait pas de bruit, mais il réalise un travail monstrueux. Et il a toujours le sens du collectif. Ce que j'ai aimé aussi, c'est que cette équipe de France a su montrer un autre visage après le premier tour, avec son 8e contre l'Argentine et le quart contre l'Uruguay".

Le duel entre Kanté et Hazard peut-il être une clé de cette demi-finale ?
RM :"Ça peut l'être, même si Hazard joue souvent excentré sur son côté gauche. Ils se connaissent bien, ils jouent ensemble en club (à Chelsea). Ca peut être un duel intéressant. Mais pour moi, la clé pour la France se joue aussi du côté de Kylian Mbappé. Il va très vite, et face à lui il y a un côté gauche belge un peu plus lent. S'il peut débloquer deux ou trois situations..."

Comment jugez-vous le Mondial d'Antoine Griezmann ?
RM : "Il a été décisif avec une passe et un but (contre l'Uruguay), mais je pense qu'on peut en attendre plus. C'est légitime, c'est le leader technique de l'attaque et il a eu encore un peu trop de déchets. Dans le contenu, il peut mieux faire, même s'il défend beaucoup pour l'équipe. Il ne faut pas attendre de lui qu'il dribble, ce n'est pas son profil, mais il peut être plus adroit encore dans son jeu en une touche".

Vous êtes d'origine congolaise, comme plusieurs internationaux belges. Quel regard portez-vous sur ce nouveau visage de la sélection belge depuis quelques années ?
RM : "J'ai l'impression que le parcours de la Belgique ressemble un peu à celui de la France black-blanc-beur de 98. Cette équipe belge ressemble tout simplement à la Belgique et elle rassemble les gens, c'est très bien d'un point de vue social. On a connu ça en France. C'est bien si la Belgique le connaît aussi et qu'on rassemble par le sport et le football".

Propos recueillis par Adrien de CALAN.

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