Coupe du Monde 2018 : France-Croatie, les duels à distance

Publié le , modifié le

Auteur·e : Mathieu Aellen
Didier Deschamps et Olivier Giroud
Didier Deschamps et Olivier Giroud | Matteo Ciambelli / NurPhoto

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Lloris contre Subasic, Giroud face à Mandzukic, Deschamps VS Dalic... Opposition de styles sur le pré comme sur le banc pour cette finale entre la France et la Croatie. Revue des duels à distance attendus.

Lloris VS Subasic

Pas de victoire en Coupe du Monde sans grand gardien. Hugo Lloris côté Bleus ou Danijel Subasic pour les Croates auront été quoi qu’il arrive deux des grands portiers de ce Mondial.

Le Français de 31 ans revient de loin. Après une saison moyenne du côté de Tottenham et des prestations mitigées lors des matches de préparation, son statut de capitaine et de titulaire avait été remis en question à l’orée de cette Coupe du monde. A quelques heures de la finale, il est redevenu incontestable. Monté peu à peu en puissance au fur et à mesure de la compétition, il est devenu l’ange gardien des Bleus avec deux cleen sheets face à l’Uruguay et la Belgique et deux parades exceptionnelles face à Caceres en quart puis face à Aldelweireld en demie. Au sommet de son art, il lui reste désormais un match, "le plus important de notre carrière" selon ses mots, pour marquer l’histoire et devenir le second capitaine français à soulever une Coupe du Monde, 20 ans après Didier Deschamps.

Beaucoup l’auront vu comme monsieur tirs au but, après qu’il soit devenu le premier gardien à sortir vainqueur de deux séances de tirs au but dans un Mondial. Mais ce serait grossier de ne réduire la Coupe du Monde de Danijel Subasic qu’à ça. Il l’a encore prouvé en demi-finale, se montrant décisif par deux fois devant Harry Kane pour permettre à son équipe de rallier la première finale de son histoire. Subasic, c’est aussi en moyenne 7 arrêts sur 10 tirs tentés (71,4%), soit autant qu’Hugo Lloris. "Parmi les objectifs que je m’étais fixé dans la vie, il y avait celui de disputer la Coupe du Monde et d’y jouer un vrai rôle", avait confié Subasic. Objectif rempli, avec une dernière marche à gravir.

Giroud VS Mandzukic

Oubliez les Timo Werner, Gabriel Jesus, Sergio Aguero ou autre Harry Kane, la finale entre la France et la Croatie opposera deux grands gabarits, deux combattifs de l’extrême, deux avants-centres de l’ancienne école.

D’un côté, le mal aimé Olivier Giroud. Critiqué à tort ou à raison par bon nombre de français malgré ses 31 buts sous le maillot Bleu, l’attaquant de Chelsea avait débuté le Mondial sur le banc, avant de rapidement retrouver son statut de titulaire pour ne plus le lâcher. Son jeu dos au but, sa capacité à créer des espaces pour lancer des flèches comme Mbappé mais aussi son apport défensif (4 récupérations face à la Belgique) en font aujourd’hui un atout indispensable du onze de Deschamps. "Si vous regardez ses matchs, il fait beaucoup, énormément offensivement et défensivement aussi, il aide beaucoup, confiait Blaise Matuidi en conférence de presse vendredi. Les critiques ne sont pas justifiées car il fait un gros travail de sape". Seul bémol, 13 tentatives dans ce Mondial pour… zéro cadré et aucun but. Il ne lui manque que ça pour définitivement entrer dans le cœur des Français et conclure sur une note parfaite un Mondial loin d’être décevant malgré son inefficacité.

Mandzukic, lui, a trouvé les filets lors de cette Coupe du monde, à deux reprises: en huitièmes contre le Danemark, et surtout en demies face à l'Angleterre pour envoyer son pays en finale. S’il sera surveillé comme le lait sur le feu par la paire Varane-Umtiti, la charnière des Bleus devra se méfier de l’attaquant croate, clé de voute du pressing haut de la sélection slave. Le fighting spirit et le combat de tous les instants, l’une des principales qualités qui fait souvent l’unanimité auprès de ses partenaires. "C'est un exemple, un combattant. Un joueur que tu veux toujours avoir avec toi dans ton équipe, jamais contre toi", confiait à l’AFP son ancien coéquipier au Bayern Munich Arjen Robben. La défense française est prévenue.

Deschamps VS Dalic

Le taulier face à l’inconnu. Duel de styles sur les deux bancs entre l’expérimenté Didier Deschamps et la surprise du chef Zlatko Dalic

Rigueur et solidité défensive. Malgré les critiques, Didier Deschamps est resté fidèle à ses principes et bien lui en a pris. Pas toujours très belle à voir jouer, son équipe de France défensive et besogneuse est un modèle de rigueur tactique. Choix payant dans un système où le quatuor Lloris-Varane-Umtiti-Kanté règne en maître et où les joyaux techniques comme Pogba et Griezmann ont su sacrifier leur talent individuel au service du collectif.  

Une réussite qui fait de Deschamps le premier sélectionneur de l’équipe de France à disputer deux finales d’un tournoi majeur. Mieux, il pourrait devenir le 3e homme à être sacré comme joueur puis sélectionneur après Mario Zagallo et Franz Beckenbauer. A une marche du sommet du football mondial.

Il y a un an, il n’était pas encore sélectionneur de la Croatie, remplaçant au pied levé Ante Cacic en octobre 2017 à un match de la fin des éliminatoires. Aujourd’hui, Zlatko Dalic est devenu le premier entraîneur à emmener son petit pays de 4 millions d’habitants en finale de Coupe du Monde. Un énorme pari que Davor Suker, figure de l'équipe de 1998 et aujourd'hui président de la fédération, justifiait à l'époque comme une "thérapie de choc" au sein d’une sélection croate au bord du gouffre.

Un destin improbable pour celui qu’il y a encore cinq ans coachait l’équipe réserve d’Al-Hilal en Arabie Saoudite. "J'ai toujours choisi le chemin le plus difficile. Je suis allé à l'étranger dès que j'ai trouvé un travail - en Europe, nous ne sommes pas respectés même si des entraîneurs croates ont bien réussi." Un parcours escarpé, à l’image de celui de sa sélection qui aura eu besoin de trois prolongations et deux séances de tirs au but pour espérer s’offrir un premier titre mondial. "Maintenant, il n'y a plus de pression. (...) C'est simplement le plus grand moment dans la vie de chacun d'entre nous." Dalic et Suker sont à 90 minutes, voire 120, de réussir l’un des plus beaux paris de l’histoire.

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