Jordan Pickford Harry Kane joie

Coupe du monde 2018 : Cette Angleterre peut-elle aller au bout ?

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Posons d’emblée une évidence : l’Angleterre n’est pas un régal à voir jouer dans cette Coupe du monde. Néanmoins les Trois Lions avancent pas à pas sans trop faire de bruit. Cinquante-deux ans après leur dernière finale, remportée qui plus est, les Anglais peuvent-il ajouter un deuxième trophée mondial à son palmarès ?

La défaite lors du dernier match de poules face à la Belgique a envoyé l’Angleterre dans la partie de tableau la plus “facile” de cette phase finale. Loin de la France, du Brésil et de l’Uruguay. De quoi voir venir pour une équipe qui, de l’avis de plusieurs observateurs, sera meilleure dans quatre ans au Qatar. Mais après son succès acquis au mental face à la Colombie, l’Angleterre a des raisons d’y croire. "Nos esprits, notre mentalité, notre travail", résume le gardien Jordan Pickford après le succès contre la Colombie.

Une sélection rajeunie et deux patrons

La première c’est que Gareth Southgate, le sélectionneur, a remis de l’ordre dans la maison de la sélection aux Trois Lions. Des choix forts, notamment les absences de Joe Hart et Jack Wilshere, les clés de l’équipe offertes à Harry Kane - nous y reviendrons - et un schéma tactique qui marche, le sélectionneur est bien le patron. En emmenant une équipe jeune, 19 sélections en moyenne avant le Mondial, - l’équipe anglaise la plus inexpérimentée depuis la Coupe du monde 1962 au Chili - Southgate sait qu’il prépare l’avenir mais qu’il a surtout un groupe prêt à le suivre et à faire de grandes choses. Ajoutez à cela un 3-5-2 qui fonctionne et une équipe au vice utile dans ces matches à enjeu, comme l'a prouvée la rencontre à l'ambiance délétère contre la Colombie, et vous obtenez une équipe d’Angleterre qui pourrait bien faire figure de favori dans sa partie de tableau. "On savait ce qu'on avait à faire, on est resté calme, on a respecté le plan, on n'a jamais paniqué jusqu'au bout, a expliqué Eric Dier auteur du tir au but décisif en 8es. On savait que si cela devait aller aux tirs au but, il fallait aller aux tirs au but. On était prêt."

Kane, l'arme fatale

On le sait, pour espérer aller loin en Coupe du monde, il est souvent nécessaire d’avoir un buteur efficace. Cette définition colle parfaitement à Harry Kane, six buts depuis le début du Mondial dont certains décisifs (le doublé contre la Tunisie, celui contre la Colombie). Ses détracteurs diront qu’il y a trois penalties dans ce compte mais Kane pèse sur les défenses et saura faire mouche quand son équipe en aura besoin. Ce n’est pas un hasard s’il n’a pas tremblé sur les quatre situations de penalty ou tirs au but qu’il a eues à affronter dans ce Mondial. Kane est le leader de sa sélection comme peuvent l’être Modric pour la Croatie, ou Neymar pour le Brésil.

Le hic c’est que cette équipe manque encore d’un fond de jeu à tout épreuve. Dele Ali n’est malheureusement que l’ombre du joueur qu’il a été et Henderson et Lindgard, ses partenaires au milieu de terrain, ne peuvent combler ce manque. De plus, cette équipe anglaise manque encore d’un vrai match référence. Privée de James Rodriguez, la Colombie a perdu une grosse partie de son arsenal offensif. Pour autant, la sélection britannique a longtemps buté sur la défense solide des Cafeteros symbolisée par Mina.

Si les Trois Lions viennent à se sortir du piège suédois, une équipe qui n’a pas son pareil pour emmener son adversaire sur son terrain, l’Angleterre retrouvera le dernier carré pour la première fois depuis 1990. La pression peut-elle rattraper les Lionceaux ? C’est une option à ne pas négliger tant la presse, pas tendre outre-manche, attend un exploit en compétition internationale de ses joueurs depuis tant et tant d’années. Après l’écueil colombien, l’obstacle suédois paraît presque moins difficile à passer mais gare à l’excès d’arrogance. "C'est un moment spécial mais je dois déjà me projeter sur la Suède, a calmé le sélectionneur Gareth Southgate. Je veux qu'on continue. La Suède est une autre équipe contre qui on a un mauvais bilan. On les a sous-estimés pendant des années. Je n'ai pas encore envie de rentrer à la maison."

Les Anglais se rassureront tout de même en se rappelant qu’ils ont vaincu le signe indien : depuis 1996, ils n’avaient plus remporté de séances de tirs au but en compétition internationale.

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