L'Allemand Tony Kroos face à l'Espagnol Isco en 2014
L'Allemand Tony Kroos face à l'Espagnol Isco en 2014 | AFP - JAVIER SORIANO

A côté de France - Colombie, les cinq matches amicaux à regarder de près

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La trêve internationale ne se limite pas au match de l'équipe de France. Au-delà du duel entre Bleus et Colombiens au Stade de France, cinq autres rencontres de prestige aujourd'hui peuvent se révéler très importantes en vue de la prochaine Coupe du monde 2018 (14 juin - 15 juillet). Au programme: Russie - Brésil, Allemagne - Espagne, Italie - Argentine, Pays-Bas - Angleterre et Portugal - Egypte. Cinq affiches qui pourraient donner quelques enseignements à deux mois et demi du Mondial.

• Russie - Brésil, la vie sans Neymar

Toujours sur une jambe depuis son opération du pied, Neymar sera bien loin de Moscou, où l'équipe du Brésil défie l'hôte russe. Pour le sélectionneur brésilien Tite, c'est donc l'occasion de tester des solutions de remplacement à sa star, pour ne pas se retrouver démuni comme lors du Mondial-2014, blessé en quarts de finale et forfait contre l'Allemagne pour l'humiliation (7-1). Heureusement, la Seleçao n'est pas démunie en talent offensif: Willian, Coutinho, Gabriel Jesus, Firmino, Douglas Costa.

Le tout est de savoir comment assembler ce collectif pour le rendre performant. "Notre première préoccupation, c'est la santé du joueur. C'est un joueur différent, il fait partie du top 3 mondial, mais une équipe forte ne doit pas dépendre de certains noms", a affirmé Tite en annonçant sa liste. "Neymar nous manque mais nous devons combler ce manque d'une manière ou d'une autre. L'équipe a grandi collectivement, c'est le point le plus important", a commenté Philippe Coutinho Autre axe important de ce match: la charnière défensive. Laissé de côté par Dunga, Thiago Silva est revenu peu à peu dans la sélection. Il pourrait être associé à son coéquipier au PSG, Marquinhos. Cela serait un signe fort, avant de retrouver l'Allemagne pour la première fois depuis le 7-1 de 2014.

 

• Allemagne - Espagne, le jeu de dupes ?

L'équipe championne du monde en titre et demi-finaliste de l'Euro-2016 reçoit les champions du monde 2010 et d'Europe 2012. Pour résumer, les Espagnols rendent visite à leurs successeurs. Mais à deux mois et demi de l'ouverture de la Coupe du monde, cette affiche de gala, à Dusseldorf, pourrait aboutir à un match de dupes. Car personne n'a envie de dévoiler ses plans de bataille à un rival pour la couronne mondiale. L'Espagne, au milieu de terrain si fourni en talent, se cherche toujours un attaquant. Morata n'est pas de la partie. Diego Costa est le plus expérimenté, avec les talentueux Asensio ou Lucas Vasquez, et l'arrivée d'un autre Brésilien naturalisé espagnol, Rodrigo Moreno, peut-il enfin redonner de la lumière ?

La Mannschaft, qui se passe de Reus et Götze, a néanmoins un inconvénient, qui peut être un avantage: Manuel Neuer, considéré comme le meilleur gardien du monde est toujours convalescent après sa fracture du pied en avril 2017.  S'il revenait pour la Coupe du monde, il serait sans nul doute un atout supplémentaire. Même après un an d'absence ?   "Je crois qu'avec des entraînements intensifs, le meilleur gardien du monde doit pouvoir retrouver assez rapidement le rythme de la compétition", a estimé Oliver Bierhoff, le manageur de l'équipe allemande.

Pays-Bas - Angleterre, la vie sans Kane et sans gardien

Blessé à la cheville avec Tottenham, Harry Kane, meilleur buteur anglais devenu l'arme offensive de l'équipe d'Angleterre, n'est pas là. Une absence pesante, tant le joueur de 24 ans pèse physiquement sur une défense, en plus de marquer des buts à la pelle (12 en 23 sélections). En son absence, Gareth Southgate devra donc faire avec Jamie Vardy, Marcus Rashford, Raheem Sterling ou encore Danny Welbeck, aidés par les milieux offensifs Dele Alli ou Adam Lallana.

A Amsterdam, le sélectionneur anglais rêve aussi d'avoir des certitudes dans ses buts. Joe Hart, titulaire, ne l'est pas dans son club de West Ham, où il n'a disputé qu'une seule des 16 dernières rencontres. Jordan Pickfod, devenu le gardien de but anglais le plus cher depuis son transfert à Everton l'été dernier. Mais sa défense est la 15e de Premier League (50 buts en 31 matches). Reste le nouveau venu, Nick Pope, devenu titulaire à Burnley en septembre et qui vient d'enchaîner 11 "clean sheets" en six mois. En outre, ce sera le premier match comme sélectionneur de Ronald Koeman, chargé de redonner de l'espoir aux Oranje, non qualifiés pour le Mondial.

• Portugal- Egypte, duel de buteurs

Mohamed Salah d'un côté: 28 buts inscrits en 30 matches avec Liverpool en Premier League cette saison. Elu meilleur joueur africain de l'année 2017. De l'autre, Cristiano Ronaldo, meilleur buteur de l'histoire de la Ligue des Champions (117 buts): 22 buts marqués en 23 matches de Liga cette saison avec le Real Madrid. Il est également le joueur le plus capé de sa sélection, et son meilleur buteur (79 réalisations). 

Le combat de titans entre ces deux "serial-buteurs" dans le stade du Letzigrund de Zurich promet de belles envolées. Cet affrontement entre deux des meilleurs artilleurs actuels de la planète sera également précieux d'enseignements puisque les deux équipes pourraient bien se retrouver en 8e de finale de la Coupe du monde. En effet, l'Egypte, présente dans le groupe A avec la Russie, l'Arabie Saoudite et l'Ukraine, rêve de franchir pour la première fois de son histoire la phase de groupes. Et les deux premiers du groupe A croiseront avec les deux premiers du groupe B, composé du Portugal, de l'Espagne, du Maroc et de l'Iran.

Cristiano Ronaldo: "Nous devons continuer de croire que nous sommes les meilleurs. Moi, je crois toujours qu'il n'y a pas meilleur que moi, en tout cas sur le terrain. Quoi qu'on dise, il faut toujours voir grand".
Cristiano Ronaldo: "Nous devons continuer de croire que nous sommes les meilleurs. Moi, je crois toujours qu'il n'y a pas meilleur que moi, en tout cas sur le terrain. Quoi qu'on dise, il faut toujours voir grand". © AFP - DPI - NurPhoto

• Italie - Argentine, un duel classique tourné vers le passé

L'Italie face à l'Argentine, c'est six titres de champion du monde, et la bagatelle de 11 finales sur les 20 éditions de la Coupe du monde. Entre les Argentins, vice-champions du monde en titre, et les Italiens, non-qualifiés pour la prochaine édition pour la première fois depuis 1958, un monde d'écart s'est creusé. Pourtant, cela demeure une affiche, dans le stade de Manchester City. Car les deux équipes ont construit une rivalité, au prix d'une victoire italienne en terre argentine (1-0) en poule lors du Mondial-1978 (ce qui n'avait pas empêché les Argentins d'être champions du monde), avant la vengeance des coéquipiers de Maradona, dans sa ville de Naples, en demi-finale du Mondial 1990, avant qu'El Pibe de Oro ne laisse couler les larmes après les sifflets de Rome et la défaite en finale contre la RFA. 

Sur le terrain, Gianluigi Buffon sera bien présent, malgré l'annonce de sa fin de carrière internationale à l'issue de l'élimination en barrages contre la Suède. L'emblématique portier transalpin a été appelé à la rescousse pour débuter la reconstruction d'une Squadra en piteux état, dont le sélectionneur Luigi Di Biagio n'a été nommé que pour ces deux matches amicaux. Face à lui, il retrouvera Lionel Messi, bientôt 31 ans, qui sait que cette Coupe du monde sera sa dernière chance d'offrir à son pays ce trophée. Hormis les JO en 2008, le prodige de Barcelone n'a jamais mené l'Albiceleste à la victoire finale. 

Thierry Tazé-Bernard @thierrytaze