Ça s'est passé un 18 juin 1998 : Zinédine Zidane exclu contre l'Arabie Saoudite lors du Mondial

Publié le , modifié le

Auteur·e : Paul Giffard
Zidane
Zinédine Zidane est exclu à la 70ème minute après un geste d'humeur sur un joueur saoudien. | GABRIEL BOUYS / AFP

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La fête gâchée en ce 18 juin 1998. L'équipe de France, pour sa première au Stade de France dans une compétition officielle, sort victorieuse face à l'Arabie Saoudite et valide son ticket pour les huitièmes de finale de la Coupe du monde. Cependant, la 70e minute est un tournant pour les Bleus. Pour avoir essuyé ses crampons sur le capitaine adverse, Zinédine Zidane est exclu et écopera d'une suspension de deux matches, qui aurait pu coûter cher aux hommes d'Aimé Jacquet.

"Ce geste, quand j’écrase le joueur, je ne suis pas fier", témoigne Zinédine Zidane dans le documentaire 98, secrets d’une victoire. Bien avant le titre suprême et ce fameux 12 juillet 1998, le meneur de l'équipe de France avait été exclu pour un geste d'humeur sur le capitaine de l'Arabie Saoudite, Fuad Amin.

Après une entame plus que réussie contre l'Afrique du Sud en ouverture du Mondial à domicile, les hommes d'Aimé Jacquet avaient rendez-vous dans leur nouvel antre : le Stade de France. Pour la toute première fois, cette enceinte de 80 000 places allait accueillir une rencontre des Bleus dans une compétition majeure. Tout était réuni pour que la fête soit belle mais le ciel, bleu au coup d'envoi, s'est assombri à la 70e minute.

Un Zidane omniprésent sur le terrain

Face à l'Arabie Saoudite, la bande de Didier Deschamps a la faveur des pronostics. Une victoire serait même synonyme de qualification pour les huitièmes de finale. La tâche est alors rendue facile par l'expulsion du regretté défenseur Mohammed al-Khilaiwi (décédé d'une insuffisance cardiaque en 2013) après un tacle dangereux sur Bixente Lizarazu. À l'image du premier match, les joueurs français dominent mais manquent cruellement de réalisme. 

Il faudra attendre un éclair de génie, à 10 minutes de la pause, de Zidane pour décanter la situation. Sur un sublime extérieur, dont lui seul à le secret, le meneur de la Juventus de Turin lance l'ancien joueur des Girondins de Bordeaux dans le couloir gauche. Son centre, à ras de terre est repris par Thierry Henry qui n'a plus qu'à conclure dans le but vide. Omniprésent lors du premier acte, le numéro 10 tricolore distille, anime et dirige le front de l'attaque tel un chef d'orchestre. 

Des crampons essuyés sur le capitaine adverse

La seconde période est un copier-coller de la première. Quelques minutes après l'heure de jeu, David Trézéguet, qui a remplacé Christophe Dugarry à la 30e minute, est à la retombée d'un centre de Lilian Thuram, mal capté par le portier saoudien Mohammed Abdullaziz al-Deayea, pourtant impérial jusque-là. La France fait le break et entrevoit le deuxième tour sereinement. Mais le relâchement ne durera que trois minutes.

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Sur une action plutôt anodine, le maître à jouer des Bleus essuie ses crampons sur le capitaine de la sélection adverse à la suite d'un tacle. Il n'en faut pas plus à l'arbitre du match, le Mexicain Brizio Carter, pour qu'il dégaine le carton rouge. "J'étais très en colère", a expliqué Aimé Jacquet. Le sélectionneur n'a même pas regardé "Zizou" lorsque ce dernier est sorti pour rejoindre directement les vestiaires.

Ce n'est pas le fait de finir à 10 contre l'Arabie Saoudite qui a le plus frustré l'homme de 46 ans mais la suspension à laquelle toute l'équipe devra faire face pour la suite de la compétition. Et elle est lourde. Déjà averti contre l'Afrique du Sud, le joueur formé à l'AS Cannes écope de deux matches de suspension. Autrement dit, aucune apparition du maestro tricolore avant les quarts de finale...

Aimé Jacquet ne regarde pas Zinédine Zidane lorsque le joueur quitte la pelouse du Stade de France après le carton rouge.
Aimé Jacquet ne regarde pas Zinédine Zidane lorsque le joueur quitte la pelouse du Stade de France après le carton rouge. © THOMAS COEX / AFP

"Impardonnable"

Le doublé de Thierry Henry et la réalisation de Bixente Lizarazu, portant le score à 4-0 ne suffiront pas à calmer les esprits et notamment ceux du capitaine français. Après la rencontre, il qualifiera ce geste "d'impardonnable". "Sachant l’importance qu’a Zidane dans notre jeu, c’est un atout important que l’on perd" ajoute même Deschamps qui finira par s'excuser d'avoir tenu ces propos.

Une sanction qui a, cependant, bien failli coûter très cher aux Bleus. Si le résultat face au Danemark n'importait peu (victoire 2-1), l'équipe de France attendra le célèbre but en or contre le Paraguay pour se qualifier en quart de finale. Laurent Blanc libère les siens sur une reprise de volée à la 114e minute. Une délivrance pour Zidane, qui fut libéré d'un poids. Une élimination des Bleus en huitième de finale, et Zidane aurait vraisemblablement connu une carrière différente... Mais l'histoire fut tout autre et le futur Ballon d'Or offrira la Coupe du monde à la France quelques semaines plus tard.

Paul Giffard paul_gfrd

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