Didier Deschamps
Didier Deschamps | FRANCK FIFE / AFP

Brésil: Deschamps mise sur "le groupe"

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"La notion de groupe est fondamentale" pour une Coupe du monde, a déclaré mercredi le sélectionneur de l'équipe de France Didier Deschamps dans un entretien accordé à une dizaine de médias dont l'AFP, à moins d'un mois de la divulgation d'une liste de 30 joueurs, le 13 mai.

Qu'attendez-vous de cette Coupe du monde pour les Bleus?
DD: "Qu'elle soit la plus belle possible. On va partir là-bas avec beaucoup  d'ambition et le devoir vis-à-vis du public français de lui faire vivre des  émotions et de montrer de la détermination, de la conviction, de  l'enthousiasme. L'objectif numéro un est de gagner le premier match contre le Honduras, cela nous placerait idéalement dans la phase de poules. Pour rappel,  le dernier match que la France a gagné en phase de poules en Coupe du monde  remonte à 2006 et c'était le Togo, avec tout le respect que j'ai pour le Togo."
   
Où en êtes-vous au niveau de la constitution de votre liste?
"Je l'ai déjà dit, par rapport aux deux ans qui se sont écoulés, j'ai  une vingtaine de noms en tête. Je sais que je vais faire des malheureux, mais  j'ai des choix à faire. Il y a encore des interrogations et des incertitudes  aujourd'hui. Il y a la vérité du terrain, mais il y a aussi la notion de groupe  qui est fondamentale pour une Coupe du monde. Faire la prochaine liste, ce  n'est pas comme faire une liste pour un match amical ou une double  confrontation. Il y a des caractères, des personnalités, ce n'est pas évident.  Quand je dis que je ne prendrai pas les 23 meilleurs joueurs, ça veut dire que  je prendrai les 23 les plus aptes à aller le plus loin dans la compétition  ensemble."
   
Quels sont justement vos critères pour constituer cette liste?
"Le critère de forme a aujourd'hui peu d'importance, c'est plus le  potentiel du joueur qui m'intéresse, ce qu'il est capable de faire ou ce qu'il  a fait avec son club, ce qu'il a fait avec l'équipe de France s'il a déjà été  appelé. Après, sur une période de 10 mois de compétition, il y a toujours une  période d'un mois et demi, deux mois, où tous les joueurs sont moins bien. Il  vaut mieux bien finir la saison plutôt que de bien la commencer et mal la  finir, mais ça reste relatif pour moi."      
   
Avez-vous fait le choix entre une liste de 30 noms et une liste de 23  avec 7 réservistes?
"Je communiquerai cela le 13 mai. J'y réfléchis depuis un petit moment,  même avant que l'on soit qualifié. Il n'y a pas une bonne solution de tous  points de vue. Il y a une opposition entre une logique sportive et une logique  humaine. Donc, je vais prendre la solution la moins mauvaise."
   
Il y a une interrogation forte sur Samir Nasri et Eric Abidal, plus  alignés en Bleu depuis le barrage aller en Ukraine...
"Vous le saurez le 13 mai. Il n'y pas de condamnation."  
   
Y a-t-il un avant et un après-barrages pour les Bleus?
"Bien évidemment. Sur les 24 joueurs, mis à part trois qui étaient en  finale en 2006, aucun n'avait vraiment un lien positif avec le maillot de  l'équipe de France. Là, ils l'ont. Parce qu'il y a eu des émotions, une  communion. C'est un élément fondateur sur lequel je compte m'appuyer. Le haut  niveau, c'est être capable de rééditer ces performances dans le temps. Le  niveau de l'équipe de France, c'est le match aller en Ukraine ou le match  retour? On est capable de faire les deux. Aujourd'hui, on ne fait pas partie  des 6-8 meilleures nations mondiales ou européennes."
   
Avez-vous un rêve de sélectionneur?
"Je ne rêve pas mais j'ai beaucoup d'ambitions, j'ai envie d'emmener les  joueurs le plus haut possible. Je ne suis pas devenu entraîneur ou  sélectionneur pour m'amuser, mais pour avoir les meilleurs résultats. Après,  c'est l'histoire des joueurs, je ne dis pas que le sélectionneur ne compte pas,  mais sur le terrain, c'est eux qui prennent les décisions, je n'ai pas une  télécommande."
   
L'Euro-2016 est-il aussi dans un coin de votre tête?
"Oui. J'ai pas mal incorporé de jeunes. Sur la dernière liste, j'avais  neuf joueurs de moins de 25 ans. On va aller faire la meilleure Coupe du monde  possible, mais le fait d'être là après m'oblige à penser à ce qui peut arriver  en 2016. Des joueurs vont connaître leur première phase finale et plus il y en  aura, plus ça servira pour l'Euro-2016."

AFP