Mondial Nigéria Grèce
Les Grecs prennent le Nigéria en tenaille | AFP - Hoang Dinh Nam

Bras de fer amorcé entre le Nigéria et la Fifa

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Les mauvais résultats de l'équipe nationale a provoqué une réaction disproportionnée de la part du président Goodluck Jonathan. Plus de match pendant deux ans ! Mécontent de la piètre performance réalisée par les "Super Eagles", le chef d'État a estimé bon le retrait de la sélection, le temps de "remettre de l'ordre". Sauf que cette décision n'est pas du goût de la Fifa, qui a accordé deux jours au Nigéria pour revenir sur sa décision...

 Il est vrai que le Nigeria n'a pas spécialement brillé dans le groupe B du Mondial-2010. Les Africains ont terminé à la dernière place, concédant deux défaites face à l'Argentine (0-1) et la Grèce (1-2) avant d'arracher un nul contre la Corée du Sud (2-2). Comme en France, une enquête gouvernementale menée par le gouverneur de l'Etat de Rivers, Rotimi Amaechia, a été lancée pour connaître les raisons de cet échec. "Nous sommes allés à la Coupe du monde et y avons été confrontés à toutes sortes de problèmes. Nous pensons que nous devrions nous asseoir et commencer un travail d'introspection", a-t-il ajouté. M. Jonathan a aussi réclamé un audit pour déterminer la façon dont les fonds alloués à la sélection nationale durant le Mondial avaient été utilisés.

La Fédération internationale de football a déclaré dans un premier temps n'avoir pas d'information officielle sur cette  décision. Toutefois, a indiqué la Fifa dans un communiqué, "la position de la  Fifa concernant les ingérences politiques est bien connue". En général, la Fifa ne tolère aucune intervention du pouvoir politique dans  les affaires des fédérations de football. Interrogé sur les ingérences politiques en France après la déroute des Bleus à la Coupe du monde, Joseph  Blatter, président de la Fifa, avait répondu: "En cas d'ingérence politique, la Fifa interviendra, quelle que soit la taille du pays", brandissant la menace  d'une suspension de la fédération du pays concerné.

Après les paroles, les actes. Le conseil de la Fifa pourrait très prochainement appliquer sa règle relative à l'ingérence politique à l'égard du Nigéria, qui tombe sous le coup d'une sanction. Car M.Jonathan n'a pas fait dans la demi-mesure. Il a tout simplement ordonné le retrait de la sélection nationale de toute compétition internationale pendant deux ans, histoire de rétablir un certain code de conduite. De quoi couper les ailes aux "Super Eagles"...

La Fifa a donc décidé de voler aux secours de la sélection nigériane. Car force est de constater que la situation a des allures de prise d'otage. Face à la sanction (démesurée ?) qu'envisage de prendre le président du Nigéria, la Fédération internationale a posé une sorte d'ultimatum. Quarante-huit heures et pas une de plus. La Fifa a donné jusqu'à lundi 18h00 aux autorités politiques du pays pour oublier l'idée de retirer la sélection de toute compétition internationale. En cas de refus du gouvernement, la Fifa se verra dans l'obligation de suspendre le Nigéria. "Nous avons été sévères avec la France, pourquoi ne le serions-nous pas  envers le Nigeria ?", a justifié M. Valcke, secrétaire général de la Fifa. Et d'ajouter: "Clairement, ils sont allés trop loin".

 On se souvient du gouvernement ivoirien qui avait obligé les joueurs de la sélection à effectuer le service militaire à la suite d'une CAN très décevante. C'est aujourd'hui le Nigéria qui prend une décision tout aussi extrême. Tout de même, on préfère l'Afrique qui se lève pour le football que celle qui se soulève contre le ballon rond.

Rayan Ouamara