Belgique-Etats-Unis: Dempsey, le guide

Belgique-Etats-Unis: Dempsey, le guide

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Aussi dur au mal qu’à son aise balle au pied, Clint Dempsey est le leader d’une sélection américaine décidée à retrouver les quarts de finale de la Coupe du monde. Buteur à deux reprises en phase de groupes, le Texan est l’homme lige et le guide de la formation dirigée par Jürgen Klinsmann. La Belgique le sait et se méfie de lui.

Clint Dempsey, c’est du sang, du labeur, des larmes et de la sueur. Sans oublier une bonne dose de talent. Pour décrypter le phénomène texan, il suffit de se pencher sur les trente premières minutes du math inaugural des Etats-Unis face au Ghana. Le ballon a quitté le rond central depuis un peu moins de trente secondes quand Dempsey s’en empare. Un contrôle sublime dans la course, un crochet du droit sur le dernier défenseur ghanéen et le Texan peut conclure du gauche à terre. Un petit bijou.

Hazard: "Dempsey est la star"

Trente-deux minutes plus tard, l’heure n’est plus à la technique virevoltante mais au duel viril. A la tête, le capitaine américain secoue John Boye. En l’air, le Black Star bascule en arrière. Son tibia gauche se fracasse sur le nez du numéro 8 américain et le fracture. Malgré la douleur, l’ancien joueur de Fulham revient en jeu. Et disputera les deux autres rencontres de groupe contre le Portugal et l’Allemagne. "Clint Dempsey est la star, détaille le Belge Eden Hazard, futur adversaire du Yankee en 8e de finale. C'est lui qui doit faire la différence."

Donovan laissé de côté par Klinsmann, Altidore blessé, cela n’a jamais été aussi vrai. Milieu de terrain offensif de formation, l’homme aux 108 sélections s’est mué en attaquant de pointe pour pallier ces absences. Auteur de 17 réalisations en Premier League lors de la saison 2011/2012 et deuxième meilleur buteur de l’histoire de la sélection américaine sous le maillot de laquelle il a scoré 39 fois, il a d’ailleurs prouvé qu’il n’avait rien perdu de son savoir-faire malgré ses 31 printemps. En faisant trembler les filets contre le Ghana et le Portugal, "Captain America" est devenu le premier représentant de la bannière étoilée à marquer à l’occasion de trois Coupes du monde différentes. 

Klinsmann: "un leader par la voix"

Du haut de ses 108 sélections, Clint Dempsey est l’âme de sa nation. Et un doyen assagi. En 2011, son engagement excessif avait envoyé John Terry et Phill Jones à l’hôpital. Cinq ans auparavant, c’est un de ses coéquipiers de New England Revolution qui avait subi ses foudres. Désormais, ce bouillant père de trois enfants intériorise sa rage pour mieux la transmettre à ses coéquipiers. Capitaine depuis mars 2013, le double vainqueur de la Gold Cup (2005, 2007) est devenu un "leader par la voix", selon son sélectionneur Jürgen Klinsmann.

Un nouveau rôle qui n’a pas modifié la nature profonde du garçon. Enrôlé par Tottenham à l’été 2012, en pleine force de l’âge, il n’est resté qu’un an. Pas à cause de son statut, puisqu’il était titulaire chez les Spurs, mais pour rentrer aux Etats-Unis élever ses enfants, "pour qu'ils soient plus proche de leur famille."  Sur sa page Twitter, Clint Dempsey s’affiche en photo avec un énorme poisson et cette description :      "Passionné de pêche, père de trois enfants, représentant de Nac à vie (contraction de Nacogdoches, sa ville de naissance)." Un profil singulier dans le milieu du foot. Fan de rap, celui qui a posé ses bagages à Seattle a sorti un deuxième album. Dans un de ses morceaux, il se décrit comme un "capitaine américain" qui "claque des buts." Les Belges n'ont pas d'excuses, ils connaissent la chanson.

Jerome Carrere