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battiston platini france RFA 022012 | SVEN SIMON / picture-alliance / DPA/AFP

Battiston: "J'ai pardonné"

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Interrogé sur les ondes de RTL, Patrick Battiston s'est confié sur la demi-finales France-RFA de Séville, lors de la Coupe du monde 1982. S'il a depuis longtemps pardonné à Harald Schumacher, il garde des séquelles au quotidien d'un choc qui marque encore les esprits des supporters.

De la demi-finale mythique de la Coupe du monde 1982 entre la France et la RFA, trente ans après, on ne retient qu'une cruelle élimination et un choc violent entre Harald Schumacher et Patrick Battiston. Le portier allemand est revenu cette semaine dans la presse française sur l'évènement qui fait toujours couler beaucoup d'encre pour s'excuser de son attitude après le match et donner son avis. Le Français en a fait de même, mardi soir, sur les ondes de RTL dans l'émission "On refait le match". "Cela fait longtemps que j'ai pardonné, mais je ne veux pas entretenir quoi que ce soit sur les circonstances. Ce n'est pas un commerce", lâche le défenseur aux 56 sélections.

Interrogé sur ses souvenirs, le Bordelais n'a gardé que quelques images de jeu. "Sur le banc de touche d'abord car je regardais une rencontre difficile, mais intéressante. Les souvenirs reviennent doucement au bout de 30 ans", admet-il. Au total, l'ancien joueur de Saint-Etienne aura passé tout juste sept minutes sur le terrain ce jour-là avant de sortir inconscient sur une civière. Il n'a donc rien vu de l'attitude de son bourreau. "Quand je suis rentrée le lendemain, je n'ai pas osé regarder les images¸ explique Battiston. Autour de moi, on m'a raconté cet épisode et j'ai trouvé que ce n'était pas vraiment digne d'un joueur de football professionnel, même si c'était une demi-finale, même s'il y avait un enjeu énorme autour de cette rencontre. (Son) attitude avait été choquante pour tous les membres du staff de l'équipe de France."

"Ce n'est pas un commerce"

Alors que Schumacher disait s'être fait piéger par une conférence de presse organisée à Metz par un proche de Battiston, ce dernier donne sa version des "excuses de l'Allemand". "En fait, c'est son agent qui a téléphoné au Républicain Lorrain pour avoir mon numéro. Il aurait pu téléphoner à la Fédération plutôt. On m'avait passé un peu de pommade en me disant que ce serait bien de le rencontrer, que sa famille là-bas était insultée, qu'il y avait des problèmes avec les enfants, etc. Grand cœur, j'ai souhaité le faire et je me suis aperçu que c'était un truc organisé. Ca m'avait un peu chagriné", raconte l'ancien Bleu. Les deux hommes se sont, au fil des années, croisé à plusieurs reprises sans vraiment prendre le temps de se poser et de discuter. "Sans plus", conclut l'intéressé.

Désormais responsable de la formation aux Girondins de Bordeaux, Battiston reconnaît qu'il a gardé des séquelles physiques de son choc durant le match. "Ça me heurte toujours qu'on réduise cela à deux dents. Je déguste encore aujourd'hui, explique le Mosellan. J'ai des problèmes à cause de la gencive et des dents cassés. Je me suis fait opérer. C'est un problème récurrent. Mais je ne suis pas un martyr. J'ai juste des séquelles au nez qui me dérange au quotidien."

S'il comprend que les images restent gravées dans les esprits, Battiston aimerait bien passer à autre chose: "Ca fait partie de moi. Je suis connu aussi pour cela. On m'a proposé de venir en Ukraine pour l'Euro et éventuellement rencontrer Schumacher. Je n'y tiens pas. C'était un fait de jeu et c'est terminé. Qu'on en parle ça me paraît légitime, les gens ont été marqués par cela. On ne saura jamais si c'était délibéré ou pas. C'est comme ça." Et de conclure, comme pour ne garder de ce souvenir que la meilleure partie: "Quand je regarde le match, je me dis que c'était quand même un match incroyable."

Melinda Davan-Soulas @Melinda_DS