Roselyne Bachelot
Bachelot : " Les Bleus ont terni l'image de la France" | AFP - Franck Fife

Bachelot : les joueurs ont "terni l'image de la France"

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La ministre des Sports Roselyne Bachelot a affirmé lundi que les joueurs de l'équipe de France au Mondial avaient "terni l'image de la France" et que le football français affrontait un "désastre", au lendemain de la grève de l'entraînement décidée par les Bleus en solidarité avec l'exclusion de Nicolas Anelka.

"Ils m'ont applaudie et ils ont pleuré"

"J'ai dit aux joueurs que ce sont nos gosses, nos enfants, pour qui vous ne serez peut-être plus des héros, a-t-elle ajouté. Ce sont les rêves de vos compagnes, de vos amis, de vos supporteurs que vous avez peut-être brisés. C'est l'image de la France que vous avez ternie".
"J'ai dit aux joueurs que le football français affrontait un désastre pas parce qu'elle avait perdu un match mais parce que ce désastre était un désastre moral, a-t-elle déclaré. Il faut affronter de face la situation. Ce n'est pas seulement un mauvais moment à passer. Plus rien ne sera plus comme avant. Je l'ai dit aux joueurs dans un entretien extrêmement émouvant." Mme Bachelot affirme avoir vu les "larmes" dans les yeux des Bleus quand elle leur a raconté ce que Raphaël Ibanez, avant un match contre les All Blacks, avait "simplement écrit": "Comment voulez-vous qu'on se souvienne de vous?"

"Je le leur ai répété en les regardant chacun dans les yeux", a-t-elle poursuivi. Et d'ajouter que le XV de France avait gagné ce match "ingagnable".
Mme Bachelot a indiqué aux Bleus que le match contre l'Afrique du Sud, mardi, "ce n'est pas dans vos jambes, mais dans votre coeur, dans votre âme" qu'il se jouerait. "Donnez tout, battez-vous", les a-t-elle encore exhorté. La ministre des Sports a "beaucoup consulté, discuté avec le président de la République, le Premier ministre et les responsables du sport français", et a livré quelques pistes et méthodes qu'elle compte suivre.
Elle recevra le "nouveau sélectionneur", qui devrait être Laurent Blanc, fera procéder "à un audit externe par un cabinet indépendant de tout ce qui s'est passé dans cette Coupe du monde", précisant que les joueurs "seront écoutés". Mme Bachelot a aussi décidé, avec Denis Massiglia, président du CNOSF, d'entamer "le chantier de la rénovation de la gouvernance des fédérations sportives". Et donc notamment de la FFF.

La ministre a promis de continuer "le combat de la moralisation financière du sport" et veut réhabiliter "une charte de la déontologie" instituée par la FFF après le fiasco de l'Euro-2008 et "foulée aux pieds". Mme Bachelot a précisé que le joueur qui ne se soumettrait pas à cette charte ne serait pas sélectionné "pour un Euro ou un Mondial". Les journalistes ont demandé quelle fut la réaction des joueurs. Mme Bachelot a conclu: "Ils m'ont applaudie et ils ont pleuré".

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AFP