Roselyne Bachelot
Bachelot : " Les Bleus ont terni l'image de la France" | AFP - Franck Fife

Bachelot: "Le départ d'Escalettes est inéluctable"

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Alors que les Bleus doivent atterrir ce jeudi midi à Paris, les coupables du désastre sont d'ores et déjà désignés par les plus hautes instances. La ministre des Sports Roselyne Bachelot a ainsi affirmé sur RTL, que le retrait du président de la Fédération française de football Jean-Pierre Escalettes est inéluctable. D'autres représentants politiques désignent également les responsables de la FFF comme les principaux coupables de ce fiasco.

"Le retrait de Jean-Pierre Escalettes, je ne l'ai pas souhaité mais je le  trouve aujourd'hui inéluctable", a déclaré la ministre après avoir répété que la  responsabilité du "désastre" de l'équipe de France au Mondial revenait aux  joueurs, au sélectionneur et à la Fédération française de football. "Les joueurs ne doivent toucher aucune rémunération, le sélectionneur s'en va donc ça aussi c'est fait, le dernier acteur de ce désastre est la Fédération", a-t-elle dit. Madame Bachelot précise toutefois que le pouvoir exécutif ne peut légalement pas exiger la démission du responsable de la FFF puisque "la gouvernance de la  fédération dépend d'un processus démocratique".

Par ailleurs, la ministre de la Santé, de la jeunesse et des sports a abandonné l'idée de mener un audit sur les Bleus puisque "une commission parlementaire veut se saisir de cette affaire". "Je trouve assez logique que ce soient les représentants des  Français qui mènent cette enquête", a-t-elle indiqué.

Et Mme Bachelot n'est pas la seule responsable politique à réclamer la tête de Jean-Pierre Escalettes. L'ancien champion olympique de judo David Douillet, aujourd'hui député (UMP) des Yvelines, a donné un avis identique sur les ondes d'Europe 1. "Il doit clairement démissionner", a-t-il déclaré. "C'est un dirigeant qui n'est plus dans le coup. Ce n'est pas un patron de fédération comme on le conçoit aujourdhui. Il est dépassé par les événements. Mais c'est normal, il n'a pas été formé, ni éduqué pour cela. Nous avons besoin de gens qui sont en réalité avec leur quotidien (...)", a expliqué l'ancien athlète.

La veille déjà, la secrétaire d'Etat aux Sports Rama Yade avait plaidé "pour un big-bang du foot français" mercredi au journal de 20 heures de  France 2, appelant à "refonder le système, avec une nouvelle équipe". "Ce qui s'est passé (en Afrique du Sud) était prévisible: comment se fait-il  qu'autour de cette équipe de France il y ait tant de problèmes et que le système  fédéral ne soit pas en capacité d'y répondre ?", s'était interrogée Rama Yade, qui s'était bien gardée de nommer un responsable.

Le président de la République Nicolas Sarkozy a souhaité lui aussi donné son avis, et s'est à son tour emparé du dossier en provoquant notamment une réunion mercredi à l'Elysée avec le Premier ministre, François Fillon. Cette démarche qui peut laisser perplexes les responsables de toutes les fédérations sportives en France, a débouché sur l'annonce de la tenue d'états généraux du football français. Le chef de l'Etat -qui recevra par ailleurs Thierry Henry ce jeudi- a ordonné à sa ministre et à sa secrétaire d'Etat aux Sports de "faire en sorte que les responsables tirent rapidement les conséquences" de la calamiteuse campagne du Onze de France, qu'il a qualifiée de "désastre".

Jean-Pierre Escalettes de son côté n'avait pas l'intention de démissionner le soir de l'élimination de l'équipe de France. "Si j'étais mis en minorité par l'Assemblée fédérale, il n'y aurait pas à  réfléchir. Ce n'est pas dans ma nature d'abandonner le navire en perdition", avait-il répété aux journalistes dans un discours sûrement réfléchi à l'avance. Aura-t-il changé d'avis d'ici là ?

Romain Bonte