Equipe de France féminine joie drapeau Mondial
Le bonheur des Françaises | AFP - Patrick Stollarz

Au bonheur des dames

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En atteignant pour la première fois de l'histoire les demi-finales de la Coupe du monde, l'équipe de France féminine s'est ouvert les portes des Jeux Olympiques de Londres en 2012. Un exploit au bout du suspense et d'une séance des tirs au but fatale aux Anglaise, vice-championnes d'Europe en titre. Une performance qui vient redonner des couleurs au football français en général, et à la Fédération française en particulier.

Du courage, de l'abnégation, un peu de réussite, et les portes de l'Olympe se sont ouvertes. Au terme d'un match haletant, qu'elles ont souvent dominé sans pour autant parvenir à faire la différence, les Françaises ont dû se crisper jusqu'au bout. D'abord pour égaliser à la 88e minute grâce à Bussaglia, avec l'aide d'un poteau rentrant, puis lors d'une séance de tirs au but mal débutée par l'arrêt de la gardienne anglaise sur la première tentative de Camille Abilly, élue meilleure joueuse du match au demeurant. Et sur une dernière frappe de la capitaine White, percluse de crampes durant la prolongation, sur la barre transversale, l'équipe de France s'est qualifiée pour les demi-finales de la Coupe du monde. Deux ans après avoir atteint pour la première fois les quarts de finale de l'Euro, quelques jours après avoir atteint pour la première fois les quarts de finale d'une Coupe du monde, les voilà dans le dernier carré. Pour peut-être affronter la meilleure joueuse du monde, la Brésilienne Marta si les Etats-Unis ne battent pas les Sud-Américaines en quarts. Et cette place en demi-finale les qualifie en plus pour les Jeux Olympiques de Londres, en 2012, pour la première fois de l'histoire. Mais l'heure est d'abord à la joie, et surtout à la récupération.

"On a neuf jours et deux matches de plus de très haut niveau à faire. Mais sur les 10 dernières minutes et les neuf premiers tirs au but, j'ai pris 10 ans. Sur le dernier, j'ai rajeuni de 22 ans. Tout le monde va bien, tous les cartons reviennent à zéro. On est à nouveau 21, ce ne sera pas de trop. La vie est belle, très belle. On a tant travaillé", soufflait Bruno Bini, le sélectionneur heureux. "On a fait sauter la banque. Il y en d'autres à faire sauter. Maintenant, on va retrouver nos habitudes. Mais c'est plus facile de parler là qu'à trois minutes de la fin." A 37 ans, Sandrine Soubeyrand, la capitaine aux 165 sélections, vit la période la plus faste de sa carrière: "C'est génial, fantastique. Je n'ai pas vraiment de mots. Ca récompense tant d'années de travail." Quelques semaines après le premier sacre en Ligue des Champions de Lyon, le football féminin tricolore est à son zénith. Elle peut encore aller un peu plus haut, et pourquoi pas faire comme les hommes, finalistes de la Coupe du monde 2006 qui se déroulait également en Allemagne.

Dans des stades pleins, ce dont elles n'ont pas l'habitude en France, dans une vraie ambiance de fête et de Coupe du monde, les Françaises s'enhardissent. Bien loin de toutes les affaires du football professionnel masculin, elles offrent un bon bol d'air frais à un sport hexagonal en souffrance. Pour leur plus grand bonheur.