Mondial France Mexique Anelka
Nicola Anelka ne veut pas du ballon | AFP - Omar Torres

Anelka hors du coup

Publié le , modifié le

Pas de but, une frappe cadrée en cinq rencontres, pas de course dans la profondeur, des pertes de balle à foison. Le bilan de l’attaquant de Chelsea est indéfendable. Titulaire en pointe alors que Thierry Henry, André-Pierre Gignac et Djibril Cissé végétaient sur le banc, Nicolas Anelka a encore déçu lors de la défaite face au Mexique (0-2). Plus que son niveau de jeu, à la limite de l’indigence, l’attitude globale du joueur laisse songeur.

Une action symbolise Anelka version 2010. Coup-franc à la 45ème minute face au Mexique dans une rencontre capitale pour la qualification, sans conviction, le joueur s’élance et frappe dans le mur. Amorphe alors que la contre-attaque passe devant ses yeux, Jérémy Toulalan, certainement le meilleur français, se sacrifie et hérite d’un carton jaune, synonyme de suspension pour le prochain match. Systématiquement titulaire à la pointe de l'attaque lors des matches de préparation comme face à l'Uruguay, Nicolas Anelka n'a jamais été décisif ni même failli l'être. Le joueur de Chelsea s'est montré contre-productif à tous les niveaux.

La nonchalance du joueur passé par Arsenal et le Real Madrid a éclaboussé la rencontre. Il n'a jamais paru franchement à l'aise seul à la pointe de l'attaque. Constamment décroché, Anelka a joué comme un meneur de jeu ou un milieu offensif droit. Au lieu d'harceler une défense centrale jugée lente lors de son premier match face à l’Afrique du Sud ou de proposer des solutions offensives, le natif de Trappes s’est enfermé dans un rôle qui n’est pas le sien. Pertes de balle (3), dribbles inutiles, frappes peu dangereuses (3 dont 1 seule cadrée), le compte n'y est pas.

Electron trop libre dans le système de jeu peu lisible concocté par Raymond Domenech, Anelka ne s’est pas fondu dans le rôle qui semblait lui aller comme un gant. Sur le papier du moins. Doté d’une vitesse phénoménale, il n’a pourtant effectué aucun appel dans la profondeur, aucun pressing offensif. Il ne faut pas parler du pressing défensif ou d’un replacement. Manifestement, le joueur ne s’est pas senti concerné par l'évènement. Du moins, il n'a pas montré de gnac, de moelle. Son attitude est d'ailleurs au cœur du problème. Être dans un jour "sans" se comprend. En revanche, le manque de motivation dans une phase finale de Coupe du monde est inacceptable. Encore moins le refus de jouer avec certains de ses partenaires comme Yoann Gourcuff lors de la première rencontre face l’Uruguay. La maturité ne va pas de paire avec l’âge (31) ou les sélections (68). Fallait-il s’entêter à le titulariser ? Son remplacement à la pause par André-Pierre Gignac est pire qu’un désaveu. Une humiliation. A la fois pour le joueur et le sélectionneur Raymond Domenech.

Mathieu Baratas