Samir Nasri, Eric Abidal, Equipe de France
Samir Nasri et Eric Abidal sous le maillot de l'équipe de France | FRANCK FIFE / AFP

Abidal/Nasri, destins contrariés

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Non retenus par Didier Deschamps pour le Mondial 2014, Eric Abidal et Samir Nasri sont les deux grandes victimes du sélectionneur national. Une question de respect pour le Monégasque, dont le niveau sportif n’est plus raccord avec le palmarès, de caractère pour le Citizen, incapable d’accepter un statut de remplaçant selon l’ancien entraîneur de l’OM.

D’un côté, Eric Abidal, 34 ans et 67 sélections en équipe de France dont une finale de Coupe du monde en 2006. De l’autre, Samir Nasri, 26 ans et 41 sélections. S’ils sont deux des joueurs français en activité les plus expérimentés au niveau international, ces deux hommes ne seront pas au Brésil en juin. A croire que leur destin en Bleu est lié. Le 14 août 2013, ils retrouvaient le maillot frappé du coq lors d’un match amical contre la Belgique. Pour le quitter suite à la débâcle du barrage aller en Ukraine (2-0). Avant ce camouflet, Abi s’était imposé comme le patron d’une défense rajeunie, quand le Marseillais avait gagné ses galons de titulaire. Las, ils ont perdu tout crédit sur la pelouse du stade olympique de Kiev.

Deschamps: "Nasri n'accepte pas d'être remplaçant"

Dans la foulée, le Monégasque a connu une sévère baisse de régime, au point de quitter les feuilles de match de Claudio Ranieri à plusieurs reprises. A l’inverse, le Citizen a brillé de mille feux avec Manchester City, persuadé que des performances de haut niveau pourraient convaincre Deschamps de le rappeler. "C’est un joueur de grande qualité, reconnaissait d’ailleurs DD sur le plateau de TF1. Mais ses performances en équipe de France ne sont pas à la hauteur de celles qu’il réalise en club. Là-bas, il est important, ce qui n’est pas le cas en sélection." Une sévère mise au piquet pour un joueur déterminant dans la conquête du titre de champion d’Angleterre des Skyblues. Avant d’expliquer la mise à l’écart du "Petit Prince", Didier Deschamps a confié vouloir construire un collectif plutôt qu’empiler les 23 meilleurs joueurs français. "Quand il est remplaçant, Samir n’est pas content et ça se ressent dans le groupe", assure le sélectionneur national.

Un caractère trempé qui lui a déjà coûté trois matches de suspension pour des insultes à des journalistes durant l’Euro 2012, la Coupe du monde 2010 et l’inimitié de certains anciens comme Henry et Gallas lors de l’Euro 2008. Matuid, Pogba, Cabaye, Valbuena, Ribéry et Benzema indiscutables aux avant-postes, l’ancien joueur de l’OM aurait dû se contenter d’un statut de second couteau visiblement difficile à accepter pour lui. Le Basque a donc eu peu de mal à s’en passer. Ce n’est pas le cas concernant Abidal. "Toutes les décisions sont difficiles sur un plan humain et affectif. C'est encore plus difficile avec Abi, a confié l’ancien de la Juve. Je l'ai repris en  grande forme il y a un an pour être titulaire et avoir un rôle important. Sa forme n'est plus à la hauteur de celle qui était la sienne en  début de saison, des joueurs ont pris de l'avance sur lui. Je préfère avoir un  joueur plus jeune pour le préparer à l’Euro 2016."

Abidal au nom du passé

Une mise à l’écart qui sonne comme la fin de la carrière internationale d’un joueur ayant disputé les Coupes du monde 2006 et 2010 ainsi que l’Euro 2008 sous la liquette tricolore. "Je ne me voyais pas le convoquer pour ne pas le faire jouer. C'est un joueur qui a un statut et quand vous vous retrouvez dans un  groupe sans jouer, ce n'est pas une bonne chose." Triple champion de France, quadruple champion d’Espagne et vainqueur de la Ligue des champions en 2011 avec le Barça, le joueur passé par Lille et Lyon ne pouvait pas aller au Brésil pour rester sur le banc. "Cette décision a été un déchirement pour Didier", a révélé un des proches du sélectionneur à RMCSport. DD a pris le soin d'avertir le défenseur central avant de rendre sa liste publique. Une attention à laquelle Samir Nasri n'a pas eu droit. 

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Jerome Carrere