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Nicolas Anelka ne pourra pas revenir en équipe de France avant juin 2012 | AFP - Franck Fife

18 matches de suspension pour Anelka

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La commission de discipline de la FFF a donc suspendu Nicolas Anelka de 18 matches fermes en équipe de France, 5 matches pour Patrice Evra, 3 matches à l'encontre de Franck Ribéry, 1 match pour Jérémy Toulalan et n'a pas sanctionné Eric Abidal pour la mutinerie de Knysna en Afrique du Sud.

Ultime chapitre d’un feuilleton qui a tenu en haleine le monde du football français depuis le retour des joueurs du Mondial, la commission de discipline a dévoilé les sanctions dont les cinq mutins de Knysna étaient sous le joug. Comme on pouvait s'y attendre, c'est Nicolas Anelka qui a été le plus sévèrement châtié. Dix-huit matches de suspension en équipe de France lui a été infligé. Par ses insultes proférées à l’encontre du sélectionneur à la mi-tempsde France-Mexique, il fut à l’origine des évènements de Knysna etrisquait donc la plus grosse sanction. Si Laurent Blanc comptait sur les services de l'attaquant de Chelsea (rien n'est moins sûr), le nouveau sélectionneur des Bleus devra composer sans Anelka, qui, à 31 ans, ne sera pas appelé en équipe de France pendant plus d'un an. Un moyen certain d'enterrer définitivement la carrière du joueur chez les Bleus. "Il y avait un caractère d'exemplarité pour la sanction d'Anelka", a expliqué Jean Mazzella, président de la commission de discipline de la FFF. "Les joueurs aujourd'hui se sont rendu compte qu'ils n'auraient jamais dû se lancer dans ce type d'action", a ajouté Jean-Louis Valentin, l'ex-directeur de la délégation française en Afrique du Sud en quittant le siège de la FFF. Fidèle à lui-même, Anelka a qualifié de "mascarade" les sanctions prises par la commission à son encontre et de "clowns" les responsables du football français. Il confie ses impressions au quotidien France Soir. " "Pour moi, toute cette histoire de commission de je ne sais quoi est une  aberration, une mascarade pour ne pas perdre la face" a déclaré l'international tricolore. Avant d'ajouter: "Ils ont sanctionné dans le vide car Anelka Nicolas n'a jamais existé dans  cette histoire pitoyable et grotesque. Je le répète: la page des Bleus a été tournée le 19 juin lors de mon éviction de Knysna. Qui leur a dit que je voulais rejouer en bleu ? Les membres de la commission n'ont pas lu France Soir ? Parce que s'ils l'avaient bien lu, et je sais qu'il l'ont lu, ils devraient savoir que j'ai tourné la page." Il termine ses critiques un brin sarcastique. "Ce sont de vrais clowns ces gens... Je suis mort de rire!".

Derrière Nicolas Anelka, Patrice Evra est le plus lourdement sanctionné en raison de son capitanat lors du triste Mondial sud-africain. Le défenseur de Manchester United a écopé de cinq matches de suspension avec les Bleus. Il lui était reproché, notamment, de ne pas  avoir transmis toutes les informations sur le dossier Anelka à ses partenaires dans cette affaire de grève. Evra peut néanmoins espérer retrouver l'équipe de France en cours de route pour disputer les matches restants dans le cadre des éliminatoires de l'Euro. A condition que Laurent Blanc le sélectionne à nouveau...

Petite sanction pour "petit" Franck

En tant que vice-capitaine et au vu de sa responsabilité dans le fiasco des Tricolores, Franck Ribéry, que le Bayern Munich n'a pas voulu libérer pour se présenter à l'audition, devra purger trois matches de suspension. Pas de quoi forcément perdre le sourire pour le facétieux Ribéry. L'ancien Marseillais devrait probablement retrouver les Bleus en octobre pour affronter le Luxembourg dans le cadre des éliminatoires de l'Euro. D'autant plus que Blanc l'avait jugé comme "incontournable en équipe de France" lors de sa première conférence de presse.

Jérémy Toulalan, incriminé pour avoir autorisé son avocat à rédiger le communiqué des grévistes, n'a quant à lui hérité que d'un seul match de suspension, la commission jugeant son implication dans l'échec des Bleus comme moins importante que ses compères. En revanche, Eric Abidal se présente comme le gracié du jour. La FFF a décidé à l'issue de la réunion de ne pas sanctionner le Catalan, à qui l'on a reproché son refus de disputer le dernier match des Bleus face à l'Afrique du Sud (défaite 2-1). Mais à l'époque, Domenech avait expliqué qu'il avait fait le tour de ses  joueurs avant ce match et leur avait demandé en leur âme et conscience s'ils étaient prêts à jouer ou non après les remous provoqués par la grève de Knysna.  Abidal s'était alors déclaré - selon le coach national - inapte à jouer cette  rencontre. "La commission prend note des explications d'Eric Abidal, qui n'a pas été sanctionné", écrit la FFF dans un communiqué égrenant de manière laconique et sans justification les décisions prises mardi. Sur les cinq joueurs convoqués devant la commission de discipline,  seuls trois se sont présentés : Abidal, Evra et Toulalan. A présent, il est temps de refermer la page du Mondial. Et de se tourner, vers l'avenir.

Laurent Davenas : "Assez sévère"

Laurent Davenas, membre de la mission  d'information qui avait fourni un rapport au Conseil fédéral sur la grève de  l'équipe de France trouve quant à lui, sévère la sanction envers l'attaquant de Chelsea. "Dix-huit matches, c'est assez sévère. Ou alors, autant le radier à vie. Les choses auraient été plus claires. Pour les autres, ça me paraît être une décision juste qui marque le coup tout en ménageant l'avenir de l'équipe de France. Mais il y a une énorme disproportion", a-t-il commenté. "Anelka a affiché un peu de mépris (en ne se présentant pas devant la commission mardi et en n'étant pas représenté, ndlr) et c'est peut-être ça qui a été sanctionné", a encore imaginé l'avocat général près la Cour de Cassation qui, avec Jacques Riolacci, ancien président de la commission de discipline de la LFP et Patrick Braouezec, président de la Fondation du Football, formait la mission d'information.

Par Rayan Ouamara

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