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Eugénie Le Sommer et Gaëtane Thiney visent le dernier carré de cette Coupe du Monde | FRANCK FIFE / AFP

France-Allemagne : une finale avant l'heure

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Deux sacres mondiaux en 2003 et 2007, 18 matches consécutifs sans défaite, septième quart de finale de Coupe du Monde d’affilée, un large succès face à la Suède (4-1) en huitièmes… L’Allemagne présente un bilan plutôt impressionnant avant son quart de finale face à l’équipe de France (à 22h). Mais si les Bleues ne peuvent pas se targuer du même palmarès, elles abordent ce choc avec l’esprit conquérant, sans aucun complexe d’infériorité.

Les doutes qui avaient pu s’installer après la défaite face à la Colombie se sont vite évaporés. Avec huit buts marqués pour zéro encaissé sur les deux derniers matches, et en prime une qualification pour les quarts de finale de la Coupe du Monde, les Bleues ont repris leur marche en avant. Mieux, elles ont retrouvé un jeu rapide, en mouvement, et le culot qui leur manquait lors des premiers matches de poule face à l’Angleterre et la Colombie. Même si le Mexique et la Corée du Sud ne sont pas des mastodontes du football mondial, les deux dernières prestations des Bleues indiquent une réelle montée en puissance avant leur quart de finale face aux Championnes d’Europe allemandes. C’est maintenant que les choses sérieuses commencent pour l’Equipe de France.

Le football est un sport qui se joue à 11 con​tre 11 et à la fin, c’est l’Allemagne qui gagne…

Première nation au classement FIFA, l’Allemagne sera le premier poids lourd sur la route des françaises. Un poids lourd qui les a souvent dominées lors de leurs premières confrontations.  Pendant longtemps, les Bleues ont buté sur cette formation allemande qui paraissait invincible, dans un pays où le football féminin a été démocratisé beaucoup plus tôt qu’en France. Mais l’écart entre les deux nations est désormais moindre sur le pré. Car sur la courbe de confiance, ce sont bien les Bleues qui ont repris le dessus dernièrement. Sur leurs trois dernières confrontations, la France est invaincue face aux allemandes (une victoire et deux nuls). De belles performances à mettre au crédit des Bleues, mais lors de matches amicaux bons pour le moral mais avec peu d’intérêt compétitif.

Lorsque l’on regarde les résultats en matches officiels, c’est là que le bât blesse pour l’Equipe de France. Trois défaites, dont les deux dernières assez cinglantes (5-1 en 2009 lors de la phase de poules de l’Euro, 4-2 en 2011 lors de la dernière Coupe du Monde). Une différence de niveau nette dans les grandes compétitions entre une sélection française au palmarès rempli de seulement deux tournois de Chypre, et une nation allemande vainqueur de huit des neuf dernières éditions de l’Euro féminin et qui a réussi également pendant ce temps là à ajouter deux Coupes du Monde à sa vitrine à trophées. Mais vendredi soir, aucun complexe ne sera fait côté français. 

 Eugénie Le Sommer à la lutte avec Babett Peter lors de la défaite 4-2 de la France face à l'Allemagne lors de la dernière Coupe du Monde
Eugénie Le Sommer à la lutte avec Babett Peter lors de la défaite 4-2 de la France face à l'Allemagne lors de la dernière Coupe du Monde

"Ça ne serait pas un exploit"

"On est pour la première fois outsider". Pour le sélectionneur Philippe Bergeroo, l’Allemagne est la favorite désignée de ce match qui ressemble à une finale avant l’heure. Mais la France est un outsider avec des ambitions. "Ça ne serait pas un exploit de battre l’Allemagne" confie le sélectionneur lors d’un entretien à l’AFP. Logique, pour une équipe mise dans le seau des favoris avant le début de la compétition. Un sentiment partagé par ses joueuses, comme l’arrière centrale Laura Georges qui "ne croit pas qu’on puisse dire qu’il y a un écart" entre les deux équipes. La gardienne Sarah Bouhaddi, elle, va même encore plus loin "Il n’y a pas de sentiment d’infériorité. Très sincèrement, je pense même qu’on est meilleures."

La victoire en octobre dernier (2-0) face à ces allemandes a montré que l’Allemagne n’est pas invincible. La France devra cette fois répéter la même prestation dans un match avec un véritable enjeu. "On n'est pas les meilleures mais on s'est rapproché des meilleures." déclarait Philippe Bergeroo cette semaine. Un succès face à l’Allemagne permettrait aux Bleues de s’offrir le premier exploit de leur histoire, et de les faire entrer encore un peu plus dans la cour des grands.

Mathieu Aellen

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