Coronavirus : en Italie, la Serie A face à l'hypothèse d'une fin de partie

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Auteur·e : AFP
Le stade San Siro, à Milan.
Le stade San Siro, à Milan. | Piero CRUCIATTI / AFP

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Les clubs de Serie A ont acté vendredi de manière collégiale en visioconférence leur volonté d'aller au bout du championnat. Ils risquent néanmoins de se heurter à la décision ultérieure du gouvernement italien, qui pourrait décider de clore cette saison sans champion, si les conditions sanitaires ne sont pas réunies pour une reprise.

Le football italien va-t-il renoncer à aller au terme de sa saison, vaincu par une pandémie qui a tué 28 000 personnes et mis l'économie à genoux? La décision devrait être prise dans les prochains jours.

Officiellement, le monde du football est vent debout contre une telle hypothèse. La Ligue est parvenue à afficher l'union sacrée de ses vingt clubs de Serie A, surmontant les réticences du Torino et de Brescia, lanterne rouge du championnat mais aussi ville-martyre du coronavirus.

Pas d'entraînement avant le 18 mai

Vendredi, la Ligue a organisé une vidéoconférence avec ses vingt clubs en amont d'une réunion le 8 mai de la fédération (FIGC) qui pourrait être décisive. Au cours de cette vidéoconférence, le président de la Ligue Paolo Dal Pino a réaffirmé "son ouverture à un dialogue avec le gouvernement dans une optique constructive de collaboration, obtenant sur cette position le plein accord de tous les clubs", selon un communiqué.

De son côté, le gouvernement italien a douché cette semaine les espoirs de reprise rapide, interdisant les entraînements avant au mieux le 18 mai. Avec douze journées restant à disputer et l'UEFA qui recommande la date-limite de début août, "le sentier est de plus en plus étroit", a averti le ministre des Sports Vincenzo Spadafora.

"La mort du football italien"

Le président de la FIGC Gabriele Gravina a affirmé qu'il ne "signerait jamais pour la fin des championnats", qui serait selon lui "la mort du football italien". La fédération estime que le football italien pourrait perdre 900 millions d'euros en droits TV, sponsors, billetterie, marketing.

Cette semaine, le président de la Ligue, qui représente le football professionnel, a répété la volonté des clubs de repartir mais uniquement si cela est "possible", "en respectant les normes et les protocoles sanitaires". "Sinon, nous nous en tiendrons rigoureusement, comme nous l'avons toujours fait, aux décisions du gouvernement", a-t-il dit.

Le pouvoir politique pourrait saisir la balle au bond. Le ministre des Sports a expliqué jeudi que si les conditions sanitaires d'une reprise n'étaient pas trouvées, "le gouvernement décrétera (...) la fin du championnat" en faisant en sorte que le football "subisse le moins de dommages possible". Dans ce cas, "nous assumerions la responsabilité de la décision", a-t-il dit.

Le gouvernement disposerait du soutien majoritaire d'une opinion traumatisée par la pandémie, notamment dans le nord, place forte de poids lourds, Juventus Turin, Inter et AC Milan, Atalanta Bergame. Selon un récent sondage, deux Italiens sur trois seraient favorables à un arrêt.

Finale ou saison sans vainqueur ?

Si cette décision était prise, comment solder la saison? Une "finale" entre les deux leaders, la Juventus et la Lazio Rome, a été évoquée. Mais selon le Corriere Dello Sport, l'hypothèse privilégiée serait une saison sans titre.

Le classement établi le 9 mars, après le dernier match disputé, offrirait la qualification en Ligue des Champions à la Juve, la Lazio, l'Inter et l'Atalanta Bergame. Brescia et la SPAL, l'équipe de Ferrare, seraient reléguées.

Parmi les grands championnats européens, seuls les Pays-Bas et la France ont définitivement arrêté leur saison. La Bundesliga pourrait reprendre à huis-clos "mi-mai ou fin mai". Les entraînements ont repris en Espagne mais aucune date de reprise de la Liga n'a été évoquée. La Premier League travaille sur un projet de reprise le 8 juin dans des stades vides.

AFP