Contador jaune Paris-Nice 032010
Alberto Contador (Astana) défend sa tunique jaune | AFP - PASCAL PAVANI

Contador veut imprimer sa marque jaune

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Qu'ils s'appellent Blake, Mortimer, Armstrong, Schleck ou Evans, ils n'ont qu'une envie, mettre leur patte sur le précieuse tunique jaune, propriété d'un certain Alberto Contador. Invaincu depuis trois ans (il était absent en 2008) sur la Grande Boucle, l'Espagnol est plus que jamais le grand favori de cette 97e édition et compte bien établir une nouvelle dynastie comme l'ont fait avant lui les Merckx, Hinault, Indurain et plus récemment Armstrong.

Avec deux Tour de France (2007, 2009), un Giro (2008) et une Vuelta (2008) dans sa besace à seulement 27 ans, Contador est déjà un grand. En avance sur les temps de passage de Miguel Indurain et Lance Armstrong, vainqueurs respectivement de leur premier Tour à 27 ans et 28 ans, il peut se forger un palmarès exceptionnel. En attendant un rival de sa trempe, il sera donc le favori du Tour 2010. Pur grimpeur, sa force principale, son atout maître reste son démarrage dans les cols les plus pentus. Irrésistible quand la pente approche des 10 %, le Castillan est le digne successeur de Bahamontes. Mais dans le cyclisme moderne, grimper ne suffit pas. Il faut aussi savoir rouler dans la plaine et les contre-la-montre. L'Espagnol a beaucoup travaillé et est maintenant "près des tout meilleurs dans les chronos", selon son ancien directeur sportif Johan Bruyneel. Devenu plus complet, Contador est-il vraiment imbattable ?

En interne, le départ d'Armstrong chez RadioShak a réglé bien des problèmes. Sans ennemi intérieur et surtout avec l'appui du revenant AlexandreVinokourov, Contador peut désormais courir avec une équipe Astana soudée autour de lui. Sur une épreuve de trois semaines, c'est capital. Très montagneux dans sa dernière semaine pour fêter le centenaire du premier col pyrénéen sur le Tour, la grande boucle 2010 lui convient assez bien. Le plus gros danger se situe plutôt dans les premiers jours avec des passages sur les pavés du nord. Armstrong y prédit d'ailleurs un vrai "carnage". Ces secteurs très piégeux en effet pourraient causer quelques soucis à certains leaders qu'on ne voit jamais sur Paris-Roubaix. Contador est de ceux-là d'autant qu'il a montré quelques lacunes dans son placement, son seul vrai défaut actuellement.

Question mental, l'Espagnol a de la ressources et a prouvé par le passé, notamment en 2009, qu'il pouvait prendre le poids de la course sur ses épaules et renvoyer son "ami" Lance dans les cordes. Rien ne sera donc perdu dès la première semaine. Finalement seule une coalition de ses adversaires semble être en mesure de le faire chuter de son piédestal. Mais les Armstrong, Schleck, Evans et autre Basso s'entendront-ils plutôt que d'assurer un podium à Paris ? Comme "Vino", Ivan Basso est un revenant qu'il faudra suivre. Vainqueur du Giro en mai dernier, l'Italien espère jouer les troubles-fête.

Enfin, il reste les coureurs français. Si on peut être certain qu'il n'y aura pas de successeur à Bernard Hinault, dernier vainqueur tricolore (1985), ils sont quelque uns à pouvoir accrocher une belle place ou une étape. Victime d'une fracture à la base du crâne en avril, Sylvain Chavanel (Quick Step) a presque retrouvé "la grande forme" et prendra ce qui se présente sous ses roues. 10e en 2009, Christophe Le Mevel (FDJ) vise lui une place dans le top 10. Pour les étapes, les Voeckler, Riblon, Vogondy, Rolland, Casar et consort auront leur mot à dire. "Il faut arrêter de dire que la France est une sous-nation du cyclisme. Il y  a toujours quelques surprises et de bons jeunes qui peuvent se révéler",  a expliqué le manager de BBox Jean-René Bernaudeau. On ne demande qu'à le croire !