Andy Schleck saut de chaîne
Andy Schleck, victime d'un saut de chaîne | AFP - Joël Saget

Contador-Schleck, ça se déchaîne !

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Le saut de chaîne d'Andy Schleck, et le contre d'Alberto Contador alors que le maillot jaune ne pouvait pas riposter, provoque la polémique. L'attitude de l'Espagnol était-elle fair-play ? Et quelle sera la réaction du Luxembourgeois dans les jours à venir ? Réactions… en chaîne :

Ils ont fini par se séparer. Roue dans roue depuis plusieurs jours, Andy Schleck et Alberto Contador se sont enfin livrés un duel. Mais pas celui que tout le monde attendait. Rappel des faits : après une nouvelle journée passée à s'épier du coin de l'œil, et à quatre kilomètres du sommet du col du Port de Balès, Andy Schleck prend son destin à bras le corps et porte une attaque fulgurante. Un Astana tente de répliquer mais c'est Vinokorouv qui se lance à la poursuite du maillot jaune ! Mais où est Alberto Contador ? Il s'est lui aussi mis en chasse et si l'écart avec le Luxembourgeois n'est pas insurmontable, il est incontestable. Et c'est là que tout bascule. Andy Schleck, si aérien, est fauché dans son envol par un vulgaire saut de chaîne et se retrouve contraint de mettre pied à terre pour essayer de remettre son vélo d'aplomb. Il perd un temps fou. Dans sa panique, Andy voit-il Alberto le dépasser sans lui jeter un regard ? Et l'Espagnol sait-il que son rival est victime d'un incident mécanique à ce moment-là ? Toujours est-il que le leader d'Astana ne se pose pas de question, il se dresse sur ses pédales et attaque !

C'est bien cette offensive sur un homme à terre ou presque qui faisait jaser à l'arrivée à Bagnères-de-Luchon ce lundi. Andy Schleck peut en effet l'avoir mauvaise, lui qui avait décidé d'attaquer le premier avant d'être rattrapé non pas par ses concurrents mais par la malchance. Reste que l'attitude de Contador est empreinte d'un certain flou durant ces quelques kilomètres de folie. Car si le nouveau maillot jaune du Tour, pour huit secondes, ne peut nier qu'il a contré Schleck alors que celui ne semblait pas en mesure de pouvoir répliquer, il a aussi donné l'impression de parfois hésiter quant à la marche à suivre. Pour preuve, il n'a pas largué ses compagnons de contre-attaque ni dans la fin de la montée, ni dans la descente. Et il a pris soin de ne pas participer aux relais dans les derniers kilomètres, alors que le maillot jaune se jouait et que Schleck était à sa poursuite… Révélateur ?

Schleck : "je prendrai ma revanche"

Il n'en demeure pas moins que si le Tour ne s'est pas joué sur ce simple incident mécanique, il a pris une autre dimension. A ce titre, le regard de "killer" d'Andy Schleck à l'arrivée en disait long. Finies les amabilités. "Je ne vais pas pleurer parce que j'ai perdu le maillot", déclarait le Luxembourgeois à Luchon. "Le Tour n'est pas encore fini, j'ai des fourmis dans les jambes. Une scène pareille, ça me motive pour jeudi et l'arrivée au Tourmalet". Et d'ajouter : "Je n'aurais pas tiré avantage de cette situation. C'est sûr que ces mecs-là n'auraient pas gagné le prix du fair-play aujourd'hui. Je suis fâché et je prendrai ma revanche dans les jours qui viennent". Voilà qui est clair. D'autres sont beaucoup plus nuancés dans leurs propos, c'est le cas de Laurent Jalabert. "C'est honteux de siffler Contador", a estimé l'ancien champion français à propos des quelques huées qui ont accueilli à Luchon le nouveau leader du Tour de France. "Il n'y a pas lieu à polémiquer, encore moins de remonter le public contre des coureurs", a ajouté Jalabert en rappelant le fair-play de Contador dans l'étape de Spa, quand le peloton avait attendu les frères Schleck, distancés de près de 4 minutes après leur chute.

L'équipe d'Andy Schleck prend également soin d'éteindre le début d'incendie. "Ce sont des choses que je ne peux pas commenter, ce sont des circonstances de course. On est dans le final, c'est comme ça", a déclaré de son côté Riis, fataliste. "Ce n'est pas super de perdre le maillot comme ça, c'est triste", a ajouté le directeur sportif de la Saxo Bank avant de rappeler: "Ce n'est absolument pas terminé. Il ne faut pas s'arrêter là-dessus." Ce n'est visiblement pas l'intention d'Andy Schleck.

Par Julien Lamotte