portrait Rein Taaramae (Cofidis) TDF 2010
Rein Taaramae | Florent Brard

Cofidis en demi-teinte

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Une échappée du trio Kern-Moinard-Pauriol, une belle présence de Damien Monier et l’abandon de Samuel Dumoulin, la formation française Cofidis termine la 12e étape entre Bourg-de-Péage et Mende entre satisfaction, soulagement, épuisement et déception.

"C’était un truc de dingue !", a soufflé Stéphane Augé sur la ligne d’arrivée de la 12e étape. Un sentiment partagé par l’ensemble de ses coéquipiers après 210,5km parcourus tambour battant. A commencer par Damien Monier, premier Cofidis à avoir franchi la ligne. Pour le Clermontois la journée a été rude et c’est la main en sang, et l’air dépité, qu’il a été réceptionné par le staff médical de Cofidis. Auteur de la 33e place, ce vendredi, Damien Monier poursuit néanmoins un joli début de Tour. "On espère que ça va durer pour lui jusqu'à paris", a confié son coéquipier Christophe Kern. Ce dernier a, lui aussi, connu une journée pénible et n’a réussi à accrocher que la 172e place. "Il y a eu une grosse bagarre au début, a-t-il expliqué. Ca a mis presque deux heures à sortir. Et avec Klöden, Vinokourov et Hesjedal, je me doutais que ça n’allais pas laisser beaucoup de marge pour s’imposer." Avant d’ajouter : "J’étais à bloc dans l’échappée avec Rémy (Pauriol) et Amaël (Moinard) mais je n'ai pas réussi à m'accrocher plus. J’ai dû lâcher à 20 km de l’arrivée."

Egalement lâché, Rémy Pauriol est apparu déçu : "On a été toute la journée devant pour pas grand-chose. On avait fait un bon début de course en étant trois coureurs dans les 18 de tête mais au moment où les 4 sont partis, je venais de passer mon relais, j’étais a l’arrière du peloton. Le temps que je remonte, c’était trop tard. C’est dommage car c’est une journée que j’avais coché. C’est une occasion perdue." De son côté, l’Estonien Rein Taaramae en a également bien bavé : "Je me suis bien senti pendant les 20 premières minutes de la course mais après ça a été très dur car le peloton roulait très vite".

Principale attraction de cette 12e étape, la montée Laurent Jalabert a laissé quelques séquelles au sein de l’équipe Cofidis. "On l’a connaît plutôt bien, on l’a souvent empruntée, a rappelé Rémy Pauriol. C’est une montée mythique, elle n’est pas très longue mais pendant 2-3 kilomètres, on a de forts pourcentages. Du coup, après avoir roulé pendant  200 kms, on est arrivé au pied bien entamé."  Même son de cloche du côté d’Amaël Moinard : "Cette montée, je l’ai déjà faite 4-5 fois, mais elle est toujours aussi horrible ! " Au-delà de cette difficulté, Christophe Kern estime que "l’équipe Cofidis paie aujourd’hui ses bons résultats du début d’année. On n’est vraiment pas au top sur ce tour de France".

Une addition d'autant plus salée que, plus tôt dans la journée, Samuel Dumoulin, foudroyé par la fatigue, a préféré abandonner et n’a donc pas pris le départ. Un coup dur pour l’équipe d’Eric Boyer. "Samuel est une pièce importante de l’équipe, a expliqué Rémy Pauriol. Il est arrivé sur le tour de France fatigué, il a chuté sur le Dauphiné et rechuté en début de Tour de France. Il traînait sa misère physiquement".  "Ce n’est jamais agréable d’avoir un coéquipier qui abandonne", a reconnu Amaël Moinard. Et Rein Taaramae de conclure : "Maintenant, il va pouvoir se reposer et revenir en forme pour la Vuelta".

Isabelle Trancoën