Pinot, Wiggins, Kessiakoff, peloton
Kessiakoff (haut, à g.), Wiggins (bas, à g.), Pinot (bas, à d.) seront les animateurs de ces derniers jours | Saget/Pavani/Bonaventure/AFP

Cinq étapes et des enjeux

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Le peloton a repris sa route après une journée de relâche, et Paris se rapproche à grands pas. Si les Pyrénées concernent l'avenir immédiat des coureurs, il restera trois étapes derrière le massif montagneux pour rallier la capitale. L'occasion de faire un point sur les derniers enjeux de ce Tour de France, 99e édition du nom.

Maillot Jaune

Bradley Wiggins a le maillot de leader bien accroché sur les épaules. Au sein d'une impressionnante armada Sky, le Britannique paraît intouchable. S'il peut évidemment connaître des difficultés dans les Pyrénées, le vainqueur du contre-la-montre à Besançon sait qu'il reste un exercice chronométré dans lequel il excelle, la veille de l'arrivée à Paris. L'avance de 2'23" qu'il possède sur son premier poursuivant Vincenzo Nibali lui permet de voir venir avec sérénité. A moins que son coéquipier Chritopher Froome ne fasse preuve de désinvolture…

Maillot à Pois

Fredrik Kessiakoff porteur de la tunique chère à Richard Virenque n'est sûr de rien. Le Suédois doit se porter à l'avant pour éviter de se faire doubler dans deux étapes pyrénéennes aux "gros points". Si Pierre Rolland, son dauphin, n'a pas fait de ce maillot distinctif un objectif, Chris Anker Sörensen peut encore espérer jouer les trouble-fêtes, tout comme Thomas Voeckler, qui n'a plus rien à espérer au général.

Maillot Vert

S'il rallie Paris, Peter Sagan sera à coup sûr vainqueur du classement par points. Avec 102 unités d'avance sur son second Andre Greipel, le Slovaque peut dormir sur ses deux oreilles. Ces deux hommes ont gagné trois étapes chacun. Pour asseoir sa domination sur le sprint, le coureur de la Liquigas peut avoir pour objectif de conquérir une victoire de plus que son adversaire. Sans compter que vaincre sur les Champs-Elysées compte triple, la lutte entre gros bras n'est pas terminée.

Maillot Blanc

Ce n'est qu'un duel mais un duel de feu! Entre Tejay Van Garderen, porteur du maillot et Thibaut Pinot, son poursuivant seulement 1'53" d'écart. L'Américain, 7e au général devance le Français 10e mais au vue de la forme des deux coureurs, ce match pourrait s'avérer alléchant. Sachant que le coureur BMC devra peut-être soutenir son leader Cadel Evans, celui de la FDJ peut espérer accrocher le Maillot Blanc sur ses jeunes épaules.

Lutte pour un Top 10

Si la victoire devrait échoir à Bradley Wiggins, de nombreuses places d'honneur restent à pourvoir. Pour l'instant sur le podium, son objectif minimal à Paris, Vincenzo Nibali ferait bien de s'assurer une marge de manœuvre plus importante sur sa première menace Cadel Evans, 4e. Rien n'empêche non plus l'Italien d'attaquer de nouveau les deux costauds britanniques Froome et Wiggins pour grimper dans la hiérarchie. Pour l'Australien, son premier poursuivant, le podium est à coup sûr un objectif pour sauver ce qui peut l'être.

Moins présent dans les médias après sa défaillance dans la montée vers La Toussuire, Evans prépare peut-être sa "résurrection". Pour les autres membres du Top 10, le podium est inaccessible mais chacun d'entre eux se battra pour défendre leur bout de notoriété. Dernières roues de ces dix premiers au général, Pierre Rolland, 9e et Thibaut Pinot, 10e seraient notamment bien inspirés de dynamiter la course pour monter en grade avant le chrono de Chartres. Leurs principaux concurrents pour accéder à ces strapontins distinctifs à Paris sont Andreas Klöden, Nicolas Roche voire Jérôme Coppel qui suivent au 11e, 12e et 13e.

Des équipes mortes de faim

Le Tour de France n'a pas récompensé beaucoup d'équipes cette année. Seules huit des vingt-deux formations engagées ont pu lever les bras et s'offrir un petit plaisir dans cet océan de privations et de souffrances nécessaires à la performance. Quatorze d'entre elles guettent donc les cinq dernières étapes restantes pour trouver une opportunité de faire mouche. L'occasion de faire bouger les lignes d'une course maîtrisée de main de maître par l'équipe Sky. Et de donner la voix aux petits…

Jerome Carrere