Cesar Cielo visage
Le Brésilien Cesar Cielo | AFP - Alexander Klein

Cielo, dans la ligne de mire du 100m

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Avec les séries du 100m, le sprint va accaparer les lumières dès mercredi. Cela le sera d'autant plus que la présence de Cesar Cielo, autorisé par le Tribunal arbitral du sport à participer aux Mondiaux de Shanghaï malgré son contrôle positif, ne fait pas l'unanimité chez les nageurs comme le public. Le champion du monde de la spécialité n'a rien arrangé en pleurant après son sacre sur 50m papillon. Magnussen, Adrian, Hayden et Gilot seront encore plus motivés.

C'est l'homme à battre. C'est normal, il est double champion du monde en titre (50m, 100m), champion olympique du 50m. Mais Cesar Cielo se trouve en plus dans la ligne de mire de ses rivaux et du public pour d'autres raisons. Contrôlé positif à un diurétique, il a pu être présent à Shanghaï après que le Tribunal arbitral du sport ait validé le simple avertissement infligé par sa fédération. Cela n'a pas été du goût de tout le monde, et notamment les autres nageurs. Goutte d'eau qui pourrait bien avoir fait déborder le vase: son comportement après sa victoire sur 50m papillon lundi. Rageur puis pleurnicheur, le Brésilien s'est attiré des sifflets de la tribune des nageurs, les pousses baissés du Kényan Dunford, et une atmosphère très bizarre autour de lui. Et comme souvent dans pareil cas, l'effet de mode et de masse pourrait bien s'amplifier lors de son entrée en lice dans ses séries du 100m.

L'explosion d'un jeune Australien, James Magnussen, lors du relais 4x100m en or des Wallabies pourrait faire pencher totalement la côte d'amour habituelle du Brésilien en faveur de ce jeune pousse. En 47"49 au départ du relais, cet homme de 20 ans a effacé des tablettes les 47"87 de Pieter van den Hoogenband, triple champion olympique sur 100 et 200m et légende du sprint, dernier homme à avoir nagé aussi vite en maillot de bain. Dans le monde fermé des sprinteurs, cela a été vécu comme un coup de tonnerre, d'autant plus que ce milieu aime les "grandes gueules" et les ambitieux. Cet ancien joueur de rugby à XIII a fait parler de lui sans souffler un mot, juste avec sa technique et sa puissance qui l'avaient déjà amené à 48"29 en avril dernier lors des championnats nationaux.

En l'absence du champion olympique en titre, également vice-champion du monde, Alain Bernard, les appétits sont aiguisés. L'Américain Nathan Adrian, le Canadien Brent Hayden sont de très sérieux concurrents, de même que Fabien Gilot, champion de France en titre. Comme à son habitude, le Marseillais a été impressionnant en relais 4x100m, et après avoir raté les Championnats d'Europe l'an dernier pour ne pas avoir réalisé les minimas en séries des Championnats de France, il veut farpper fort. "L'année dernière, je suis persuadé que j'aurais pu être champion d'Europe si j'avais pris part à la finale", disait-il avant le début des épreuves. "Je suis ravi de pouvoir montrer au monde ce que je suis capable de faire. Il me tarde vraiment la bataille. Je pense que ça va probablement être le plus beau 100m de tous les temps en termes de densité. C'est un 100m qui va rentrer dans l'histoire." Avec un temps de 47"39 en position de troisième relayeur, William Meynard, deuxième représentant tricolore, peut aussi nourrir quelques ambitions: "Je vise un podium. Je ne suis pas là pour faire le plaisantin, l'outsider ou regarder les autres (...) Je suis là pour un podium, même la plus haute marche du podium. Je ne vais pas me cacher. Je le dis, je vais le faire."