Chavanel : "Un Tour plus que réussi"

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De nouveau vainqueur et porteur du maillot jaune, comme ce fut le cas lundi à Spa, Sylvain Chavanel (Quick Step) a sorti à lui seul le Tour de France de sa torpeur. Déçu d'avoir trop vite perdu le maillot jaune sur les pavés du nord, vexé d'avoir vu le peloton se relever et ne pas le combattre le jour de sa victoire en Belgique, il affirme avoir pris sa revanche.

- Cette deuxième victoire doit avoir une belle saveur...
- "Je profite de ces bons moments. Pour moi, c'est un Tour de France plus que réussi. Je ne pensais pas que la deuxième victoire (d'étape) viendrait aussi vite. On me disait ce matin que j'allais reprendre le maillot jaune mais je ne le pensais pas. Au briefing, on avait dit qu'il fallait que Jérôme (Pineau) soit dans l'échappée. Tout a fonctionné comme sur des roulettes. On est dans la bonne spirale, c'est de la folie."

- Pourquoi avez-vous embrassé à l'arrivée la médaille que vous portez autour du cou ?
- "C'est naturel d'être heureux quand on franchit la ligne. Je ne le fais pas pour les caméras. Je tiens à cette médaille que mes enfants et ma femme m'ont offert. Il y a le nom de mes enfants inscrits dessus. J'y suis très attaché. Je n'oublie pas mes valeurs, je suis quelqu'un de simple."

- Après plusieurs années en France, vous êtes parti dans l'équipe belge Quick Step. Y avez-vous trouvé ce qui vous manquait ?
- "Je suis bien entouré. Avec Jérôme (Pineau), on s'éclate, on a été bien intégré au groupe. Je marque dans l'équipe, j'ai un bon comportement, je fais plaisir à tout le monde. C'est le principal."

- Après deux victoires d'étapes et un maillot jaune, qu'allez-vous faire ? Vous battre pour le garder ? Essayer de conserver une bonne place au classement général ?
- "Ma fraîcheur a été importante au départ du Tour, je suis vraiment très fort. Je verrai au jour le jour si je suis capable de garder ma place au classement général, de marquer des points pour le maillot à pois, ou de faire une troisième victoire d'étape... Je n'ai pas de stress, mon Tour est réussi. J'en ai fait dix, c'est la première année où je ne pense à rien, je ne me pose pas de question. Je suis dans ma bulle."

- Parlez-nous de votre attaque...
- "Quand j'ai attaqué, j'ai bien attaqué. Il a fallu un moment pour trouver un deuxième souffle et reprendre le tempo. Quand je rentre sur Jérôme, il a essayé de m'emmener, il était cuit. Je ne pensais qu'à une chose: gagner. Le maillot jaune, ça a été une surprise supplémentaire. Ce sont des cols que j'aime. Avec des pentes à 3 ou 4%, il faut mettre du braquet, ce que j'adore."

- Les cols de dimanche vous plaisent-ils ?
- "Demain (dimanche), c'est différent. C'est de la vraie haute montagne. Quand je suis en condition, je peux bien passer. J'ai fait 5e en haut du Mont Ventoux au Dauphiné en 2005, et 7e en haut de l'Alpe d'Huez. Je donnerai tout demain, on verra ce que ça va donner. Demain on peut donner toutes les forces avant la journée de repos."

- Votre saison a été interrompue par une grave chute et vous arrivez en forme. Allez-vous y repenser pour votre préparation la saison prochaine ?
- "C'est quelque chose à laquelle je pourrais penser, faire un bon début de saison et après vraiment couper comme cette année à cause de ma chute. Je vais y réfléchir cet hiver, c'est clair."

- Avez-vous un pronostic sur votre successeur au maillot jaune ?
- "Je ne sais pas, je n'ai pas trop regardé la situation derrière. Pourquoi pas un Cadel Evans ? C'est lui qui est le mieux placé, il est deuxième. Ou un Andy Schleck mais il y a beaucoup d'écart. (rire)"

AFP