Michael Phelps à Rio en 2016
Le plus grand nageur de l'histoire, Michael Phelps, avant son entrée pour sa dernière course aux Jeux Olympiques de Rio | SIPA - Paula - AGIF - Shutterst

Mondiaux de natation 2017 - La vie sans Michael Phelps

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Pour la deuxième fois (et sans doute la dernière), Michael Phelps a pris sa retraite des bassins. Après six nouvelles médailles olympiques (dont 5 en or) à Rio, le plus grand nageur de tous les temps ne sera pas dans le bassin de Budapest pour les championnats du monde 2017. Ce n'est pas la première fois. Après avoir conquis 33 médailles entre 2001 et 2011 (record), Phelps n'était déjà pas là à Barcelone en 2013 et Kazan en 2015.

Un an après sa 5e place sur 200m papillon pour ses premiers Jeux Olympiques de Sydney, à seulement 15 ans, Michael Phelps a fait ses débuts dans les championnats du monde à Fukuoka, en 2001. Avec à la clé le titre mondial sur 200m papillon, et un record du monde, le premier d'une longue série. La première pierre de son énorme domination sur la discipline du papillon. Jamais un nageur n'a gagné autant de médailles lors des championnats du monde. 33 médailles en 6 éditions en grand bassin (dont le fabuleux 7/7 à Melbourne en 2007 avec 5 records du monde en prime), le kid de Baltimore est au sommet, largement devant son "dauphin", Ryan Lochte (19 médailles), autre absent de ces Mondiaux de Budapest. Mais ce n'est pas la première fois que Phelps ne s'aligne pas. Après avoir enchaîné toutes les éditions de 2001 à 2011, il était forfait en 2013 à Barcelone, et 2015 à Kazan. Pour différentes raisons, et sans que l'événement ne perde de son intérêt.

Barcelone 2013: la première retraite

Après son extraordinaire moisson aux Jeux de Londres (5 titres, 2 médailles d'argent), Michael Phelps a raccroché. Il préfère désormais les greens de golf. A Barcelone, à Montjuic, la succession est ouverte pour obtenir les galons de "star" mondiale de la natation. Yannick Agnel, champion olympique en titre, a rejoint Bob Bowman, le mythique entraîneur de Phelps. Mais il est à court d'entraînement. Il devient néanmoins champion du monde du 200m. Le Brésilien Cesar Cielo résiste à la nouvelle vague sur 50m nage libre et sur 50m papillon. Le Sud-Africain Chad Le Clos prend les rênes du papillon (titré sur 100 et 200m). Camille Lacourt et Jérémy Stravius brillent sur 50m dos (respectivement 1er et 2e), alors que le relais tricolore 4x100m dame le pion des favoris américains, russes et australiens, avec une ligne de folie de Fabien Gilot et le 4x100 4 nages se pare d'or.

Mais c'est du côté des filles que les sensations sont les plus fortes. Et la vague vient des Etats-Unis, avec les jeunes Katie Ledecky et Missy Franklin. A 16 ans, la première bat deux records du monde (800m et 1500m nage libre) pour trois titres en individuel (400, 800, 1500m) plus un en relais (4x200mNL). La deuxième, à 18 ans, devient triple championne du monde en individuel (200mNL, 100 et 200m dos) avec trois autres médailles d'or en relais. Ce sont les deux nouvelles perles des bassins, avec des sourires immenses. A côté, en brasse, la Russe Yulia Efimova et la Lituanienne Ruta Meilutyte se livrent un duel incroyable. Sur 50m, la Russe s'impose devant sa rivale, qui prend sa revanche sur 100m. Et le 200m revient à la Russe. La Suédoise Sarah Sjostrôm, à 20 ans, devient championne du monde du 100m papillon, pendant que Katinka Hosszu fait le doublé sur le 4 nages. Bref, dans le bassin espagnol, Michael Phelps n'est pas là, mais six records du monde son battus, tous chez les filles.

Kazan 2015: la suspension

En avril 2014, Michael Phelps a annoncé qu'il sortait de sa retraite. Les Jeux de Rio ont attisé son féroce appétit. Sportif le plus médaillé des JO avec 22 médailles dont 18 titres, il veut plus. Mais début octobre de cette même année, il est arrêté en voiture pour excès de vitesse, et en état d'ivresse. La Fédération américaine le suspend six mois. Il doit faire une croix sur les Mondiaux de Kazan, alors qu'il avait remporté le 100m papillon des championnats Pan Pacific en août. En Russie, c'est déjà l'heure de prendre date à un an des JO de Rio. Florent Manaudou, champion olympique en titre, devient champion du monde pour la première fois, effaçant sa déception de Barcelone (5e). Il devient même l'une des stars de ces Mondiaux en doublant avec le 50m papillon. Doublé également pour le Chinois Sun Yang (400 et 800mNL), Mitch Larkin (100 et 200m dos), Adam Peaty (50 et 100m brasse), alors que Camille Lacourt conserve sa couronne sur 50m dos. Malgré l'énorme concurrence des Russes à domicile, le relais 4x100 masculin tricolore reste invaincu.

Chez les filles, Katie Ledecky intensifie sa suprématie sur le crawl (200m, 400m, 800m, 1500m), ajoutant l'or sur 4x200mNL. Elle fait encore tomber deux records du monde (800 et 1500m). L'Australienne Bronte Campbell, à 21 ans, devient la reine du sprint (doublé 50 et 100m NL, le relais 4x100mNL et le bronze sur le relais 4x100m 4 nages). Sarah Sjoström conserve son titre sur 100m papillon, et conquiert celui sur 50. A 21 ans, elle se fait un nom avec le record du monde du 100. La Hongroise Katinka Hosszu demeure la référence sur le 4 nages, en plaçant le nouveau record du monde du 200m 4 nages à 2'6"12. Comme à Barcelone deux ans avant, les records du monde son tombés (4) exclusivement chez les filles.