Bilan Mondiaux Kazan
Ils ont marqué cette édition 2015 des Mondiaux | DR

Ce qu’il faut retenir des Mondiaux de Kazan 2015

Publié le , modifié le

Dernière grande répétition internationale avant les Jeux Olympiques de Rio, les Mondiaux de Kazan ont livré de nombreuses indications. Des triomphes de Florent Manaudou ou Katie Ledecky, aux échecs de Vladimir Morozov ou Missy Franklin, on fait le tour des enseignements à retenir de ce cru 2015.

Les stars

Florent Manaudou. Pas évident de sortir un nageur du lot. Sun Yang ou Adam Peaty méritaient certainement eux aussi de figurer ici. Un brin de chauvinisme nous pousse à mettre Florent Manaudou au sommet de la hiérarchie. Trois médailles d’or (4x100m, 50m pap et 50m nage libre) et un record du monde officieux sur 50m NL (meilleur chrono d’un nageur en textile), voilà de quoi vous poser un bonhomme. La longueur simple n’a plus de secret pour lui. Reste à savoir si le golgoth des bassins osera se risquer à doubler sa distance fétiche à Rio. L'odeur du "cent" doit certainement réveiller son instinct de prédateur.

Katie Ledecky. Sa mainmise sur ces Mondiaux a eu l’avantage de faciliter ce classement. Comment ne pas être estomaqué du règne de Katie Ledecky sur la natation féminine ? L’Américaine a de nouveau marqué de son sceau cette édition russe. Cinq médailles, toutes frappées d’or. 200, 400, 800, 1500 et 4x200m avec ses copines. A 18 ans, elle a surtout ajouté la forme au fond, en améliorant deux de ses records du monde sur 800 et 1500m. Et ses chronos sont tels que certains nageurs doivent se réjouir de ne pas voir des épreuves individuelles mixtes apparaître à Rio.

Ils ont déçu

Vladimir Morozov. A domicile, on attendait l’explosion du nageur de Novossibirsk. Engagé sur la majorité des épreuves de sprint, il ne repart pourtant qu’avec la médaille d’argent du 4x100m. La pression populaire était-elle trop forte ? Son nombre de courses trop important ? Nageur de talent (sa carte de visite le flashe à 21"47 sur 50m et 47"62 sur 100m), Morozov aurait tout intérêt à mieux cibler ses courses à l’avenir. Et ne pas disperser son énergie aux quatre coins du bassin.

Melissa Franklin. Quatre médailles dont un titre sur le 4x200m, et pourtant des Mondiaux en demi-teinte. Dire que les attentes étaient hautes autour de Missy Franklin relèverait de l’euphémisme. Reine des bassins il y a deux ans à Barcelone, avec six titres mondiaux, l’Américaine n’a décroché aucun titre individuel. Détentrice de quatre médailles d’or depuis les JO de Londres, elle aura certainement à cœur de les défendre avec plus de panache à Rio.

L'album des Mondiaux

Bilan tricolore - Ils quittent Kazan le sourire aux lèvres

Camille Lacourt. Il est l’autre french star de cette édition. Après une saison 2014 marquée par la maladie et son absence des bassins, le dossiste du CN Marseille a frappé un grand coup. L’argent d’abord (ah, ces fameux 8 centièmes...) sur 100m, puis l’or sur 50m. Sa technique est intacte et son envie de gagner plus forte que jamais. A 30 ans, il fera des JO de Rio l’un des derniers grands rendez-vous de sa carrière. Pour peut-être faire oublier son trou d’air des Jeux de Londres.

Mehdy Metella. Cinquième de sa finale. Pas de médaille individuelle. Mais un tel potentiel à faire exploser encore. En améliorant deux fois en 24h le record du monde du 100m papillon, Medhy Metella a montré pourquoi l’on avait raison de croire en lui pour l’avenir. Associé aux relayeurs du 4x100 NL, il s’envole de Kazan avec une médaille d’or autour du cou. De quoi lui ouvrir l’appétit pour la suite.

Ils ne quittent pas Kazan rassurés

Jérémy Stravius a lancé ses Mondiaux avec un dernier relais sur le 4x100m très impressionnant. Une performance en trompe l'oeil. La suite ? Désillusion sur désillusion. L’Amiénois s’est montré incapable de se qualifier pour les finales des 50 et 100m dos – ses spécialités - tout comme le 100m nage libre. Loin de son niveau, le voilà avec douze mois devant lui pour revenir au premier plan.

La délégation féminine. Oui, Lara Grangeon est entrée en finale du 400m 4nages. Oui, Charlotte Bonnet s’est démenée sur tous les bassins pour faire briller nos Bleues. Mais toute la volonté du monde ne résiste pas au bilan implacable des chiffres. A un an des Jeux, être méritant ne suffit plus. La natation française se cherche une nouvelle locomotive et ses résultats souffrent encore plus de la comparaison avec ses homologues masculins. 

Le grand absent

Michael Phelps. Absent, et pourtant présent sur toutes les lèvres. Interdit de compétition par la Fédération américaine pour conduite en état d’ivresse en septembre dernier, Michael Phelps a tout de même fait parler de lui cette semaine grâce aux Championnats des Etats-Unis. En cause, ses deux titres sur 100 et 200m papillon, meilleures perf mondiale de l’année à la clé, qui lui auraient offert deux titres à Kazan. La légende de Baltimore a donné rendez-vous pour Rio.

L’image

Elle n’a que 10 ans mais elle a marqué ces Mondiaux de Kazan, à sa manière. Alzain Tareq a fait une infidélité à ses cahiers de vacances pour participer au 50m papillon des Mondiaux. Elle n’a bien sûr pas rivalisé avec les meilleures, en signant le dernier temps des séries, mais il y a peu de risque à annoncer qu’on entendra bientôt parler d’elle. Et peut-être pas simplement pour son âge.